Jean-Louis Borloo © TF1/LCIDominique de Villepin et François Baroin lundi : coup sur coup, deux des membres du gouvernement qui n'avaient pas encore exprimé officiellement leur choix se sont ralliés à Nicolas Sarkozy. Jean-Louis Borloo, lui, met des conditions. Le ministre de la Cohésion sociale veut d'abord soumettre au candidat de l'UMP son "programme de gouvernement", fondé sur un Etat rénové et plus efficace. "Ce programme, je l'adresse à Nicolas Sarkozy cet après-midi. Je ne fais pas monter les enchères, je ne suis pas dans la tactique. Je m'engagerai à fond derrière lui si j'ai l'absolue conviction qu'on va faire ça", a-t-il martelé mardi matin sur Europe 1.
"Une méthode et des mesures" qu'il détaille dans un livre qui paraît ce mardi, L'architecte et l'horloger (éditions du Moment). "J'en ai marre qu'on n'affiche pas les priorités", affirmait-il lundi, en allusion aux trois principaux candidats, Sarkozy, Bayrou et la socialiste Ségolène Royal. Il leur reproche par exemple de ne pas avoir de projet clair sur le logement ce qui, selon lui conditionne presque tout. Le logement est précisément l'un des "quatre piliers" sur lesquels repose "la méthode" par laquelle il entend remettre la France sur les rails, avec emploi, éducation-formation et équité entre territoires. Lui qui reconnaît avoir "réfléchi à une candidature à la présidentielle", va jusqu'à qualifier son travail de "programme pour un Premier ministre". "Quand je m'engagerai, je le ferai à fond. Si je suis convaincu, je peux convaincre", assure-t-il.
"Je ne suis pas en train de jouer avec Bayrou"
Alors que la quasi-totalité de la chiraquie a rallié Nicolas Sarkozy (tels Philippe Bas ou Hamlaoui Mekachera), tout comme les très villepinistes députés Georges Tron, Hervé Mariton et Jean-Pierre Grand, Jean-Louis Borloo laisse ainsi planer le suspense. Certains ont été prompts à lier cette réserve du ministre - aujourd'hui co-président du Parti radical, associé à l'UMP, mais issu de l'UDF - à la popularité grandissante de François Bayrou, président de son ancien parti.
"Cette réflexion n'est pas illégitime, mais je ne suis pas en train de jouer avec Bayrou", a rétorqué Jean-Louis Borloo lundi, lors d'un entretien avec quelques journalistes. Il n'a pas ménagé ses critiques envers le candidat centriste à la présidentielle. "Avec quelle majorité pourrait-il gouverner ?", s'est-il interrogé, dubitatif. Mais, a-t-il observé, "si je n'ai pas l'intime conviction que Nicolas Sarkozy me suive, je reste chez moi. Je ne m'engage pas dans la campagne", a-t-il ajouté.
La semaine dernière avait été marquée par deux couacs dans les relations entre le candidat-ministre et son collègue aux questions sociales: Rachida Dati, porte-parole de Nicolas Sarkozy, avait assuré que Jean-Louis Borloo le soutenait "sans faille" et qu'il serait présent à ses meetings de campagne "dans les dix jours à venir". Réplique immédiate de l'intéressé : "Rachida Dati n'est pas ma porte-parole. Je déments formellement. Aucun accord (avec Sarkozy) n'est intervenu à ce jour". Ce week-end, les deux hommes étaient convenus de se rencontrer. Nouveau couac. Ils se sont vus à peine dix minutes, Borloo assurant avoir eu un "problème d'avion en retard".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




