Les candidats plus timorés que les Français

Par M.C., le 08 mars 2007 à 16h59 , mis à jour le 09 mars 2007 à 09h08

Lors de ces dernières semaines, les prétendants à l'Elysée se sont exprimés de manière relativement floue sur l'assistance médicalisée pour mourir. Près d'un Français sur dix estime que la question de l'euthanasie doit être un thème important de cette campagne.

TF1-LCI © TF1-LCI

Les candidats à la présidentielle répondent-ils aux attentes de leurs concitoyens sur l'euthanasie ? Un sondage Sofres pour l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), réalisé les 21 et 22 février, indique que pour 89% des Français la question doit être un sujet de débat "important" de cette campagne. 24% des sondés affirment même que la prise de position d'un candidat en faveur de l'assistance médicalisée pour mourir les inciterait plutôt à voter pour lui. Mais si les Français sont majoritairement pour la légalisation de l'euthanasie, les politiques, eux sont beaucoup plus flous sur la question, ainsi que l'atteste ce verbatim.

Nicolas Sarkozy, à la Mutualité le 11 février 2007 : "Quand j'entends les débats sur l'euthanasie (...) je me dis quand même au fond de moi, il y a des limites à la souffrance qu'on impose à un être humain. (...) On ne peut pas rester les bras ballants devant la souffrance d'un de nos compatriotes qui appelle à ce que ça se termine, tout simplement parce qu'il n'en peut plus"

Ségolène Royal, lors de l'émission "J'ai une question à vous poser" sur TF1, le 19 février 2007 : "Je crois que dans le respect des personnes, il faut faire ce qu'ont fait d'autres pays Européens, ouvrir le débat et mettre en place une législation qui permette d'apaiser les souffrances les plus intolérables".

François Bayrou, lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2, le 15 février 2007 : "Je suis pour que l'on ne laisse pas souffrir les gens et que l'on ne prolonge pas inutilement leur vie. Lorsque l'on est au bout du bout, l'acharnement thérapeutique, c'est quelque chose de trop lourd. Je suis pour que cette décision soit prise par les médecins dans le cadre du rapport intime qu'ils ont avec le malade et sa famille".

Marine Le Pen, sur iTele le 8 mars 2007 : "Je crains les dérives d'une législation qui permettrait en quelque sorte aussi des excès, donc de supprimer des gens qui gêneraient". La directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen suggère de mener "une grande réflexion sur la fin de la vie et le fait de limiter au maximum la souffrance à la fin de la vie".

Que dit la loi ?

Votée en avril 2005, la loi Leonetti, relative aux droits des malades et à la fin de vie condamne l'acharnement thérapeutique et autorise le patient se trouvant en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable à limiter ou arrêter tout traitement. Le médecin se trouve alors dans l'obligation de respecter son souhait après l'avoir informé des conséquences de son choix. Enfin, le texte permet au patient de rédiger des  "directives anticipées" pour le cas où il serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté. Ces "directives anticipées" indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l'arrêt de traitement.

En revanche, la loi n'autorise pas l'euthanasie dite "active", réclamée par les associations pro-euthanasie. Celle-ci consiste à administrer une substance létale au patient en fin de vie désireux d'abréger ses souffrances.

Par M.C. le 08 mars 2007 à 16:59
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8 Commentaires

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  • PM, le 09/03/2007 à 07h45

    Je pense exactement de la même façon que Marine Le Pen: Il y a malheureusement tellement de gens sans scrupules qui n'hésiteraient pas un seul instant pour supprimer un(e) parent(e) qui les gêne pour avoir l'héritage en avance...Sans compter certains infirmier(e)s qui "expédieraient" plus rapidement leur travail quotidien...Il faut des médecins compétents et honnêtes qui puissent évaluer clairement chaque situation...

  • DAREAU Bernard, le 09/03/2007 à 03h58

    La lutte contre la peine de mort a été longue mais a abouti. Il faut aujourd'hui entrer en guerre contre la "peine de vie" et faire en sorte qu'un malade en fin de vie, et dans la souffrance, puisse voir celle-ci abrégée. Si ce doit être de façon "active", il faut et il suffit d'en définir le protocole, pour éviter les dérives que certains peuvent, à juste titre, redouter !

  • Mathilde, le 09/03/2007 à 00h29

    Il est vrai que les politiques devront CLAIREMENT se pronnoncer sur ce sujet TOUT le monde a le droit de vivre le plus longtemps possible mais dans la dignité et sans souffrances inutiles.Un membre de ma famille a été durant 3années allité sans aucunes réactions avec des escarts partout on ne pouvait plus la bouger sans la faire hurler de douleur Elle ne mangeait plus ne voyait plus Durant ces années la famille a été au supplice de ne pouvoir rien faire C'est inhumain surtout qu'elle avait 92 ans et sa vie derrière elle dont elle avait bien profité Pourqoui quand il n'y a plus d'espoir de guerrison s'acharne t on de la sorte je suis pour abréger les souffrances mais tout cela avec un encadrement médical pour éviter les abus

  • Genson, le 09/03/2007 à 00h26

    Oui a la reforme sur l euthanasie une loi pour que chacun d entre nous puisse decider des conditions de notre propre mort

  • Pepa, le 08/03/2007 à 23h16

    Je suis personnel soignant ayant exercé dans des unités de soins difficiles ou la mort était présente chaque jour ou presque ,mon constat et qu'un patient en fin de vie accompagné dans le respect de son integrité physique, psychologique et une famille bien encadrée et soutenue , ne réclament jamais l'euthanasie ,au nom de quoi on nous imposerait nous, soignant un tel acte notre rôle est l'accompagnement, le soulagement la compassion l'écoute et le soutien .Aujourd'hui la medecine dispose de medicaments suffisant pour pallier à la souffrance et dans les cas extremes l'anesthésie du patient est même prescrite.Par expèrience, les patients réclammant cet acte sont des personnes qui en général n'assument pas la maladie et appréhendent la déchéance physique ,etre à leur écoute, les rassurer mais aussi les informer suffit à les faire changer d'opinion sinon à les faire réfléchir

  • Martins, le 08/03/2007 à 19h52

    Il est évident qu'une loi pour l'euthanasie active doit être faite . La loi Léonetti n'est qu'une horreur pour le malade et sa famille alors même qu'il y a des possibilités pour abréger les souffrances et permettre de partir dans la dignité .

  • Coulet, le 08/03/2007 à 19h13

    La dame âgée psychopathe fait tomber beaucoup de choses...Elle me disait qu'elle avait des vertiges.Et qu'elle ne souhaiterait pas à son pire ennemi des vertiges.Elle a des insomnies.Elle s'est cassée des côtes.Des fois,elle tombe.Elle me disait que,souvent,elle dormait entre cinq et sept du matin...

  • Michel, le 08/03/2007 à 18h24

    Apaiser la souffrance oui. Tuer non.

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