© TF1-LCILes candidats à la présidentielle répondent-ils aux attentes de leurs concitoyens sur l'euthanasie ? Un sondage Sofres pour l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), réalisé les 21 et 22 février, indique que pour 89% des Français la question doit être un sujet de débat "important" de cette campagne. 24% des sondés affirment même que la prise de position d'un candidat en faveur de l'assistance médicalisée pour mourir les inciterait plutôt à voter pour lui. Mais si les Français sont majoritairement pour la légalisation de l'euthanasie, les politiques, eux sont beaucoup plus flous sur la question, ainsi que l'atteste ce verbatim.
Nicolas Sarkozy, à la Mutualité le 11 février 2007 : "Quand j'entends les débats sur l'euthanasie (...) je me dis quand même au fond de moi, il y a des limites à la souffrance qu'on impose à un être humain. (...) On ne peut pas rester les bras ballants devant la souffrance d'un de nos compatriotes qui appelle à ce que ça se termine, tout simplement parce qu'il n'en peut plus"
Ségolène Royal, lors de l'émission "J'ai une question à vous poser" sur TF1, le 19 février 2007 : "Je crois que dans le respect des personnes, il faut faire ce qu'ont fait d'autres pays Européens, ouvrir le débat et mettre en place une législation qui permette d'apaiser les souffrances les plus intolérables".
François Bayrou, lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2, le 15 février 2007 : "Je suis pour que l'on ne laisse pas souffrir les gens et que l'on ne prolonge pas inutilement leur vie. Lorsque l'on est au bout du bout, l'acharnement thérapeutique, c'est quelque chose de trop lourd. Je suis pour que cette décision soit prise par les médecins dans le cadre du rapport intime qu'ils ont avec le malade et sa famille".
Marine Le Pen, sur iTele le 8 mars 2007 : "Je crains les dérives d'une législation qui permettrait en quelque sorte aussi des excès, donc de supprimer des gens qui gêneraient". La directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen suggère de mener "une grande réflexion sur la fin de la vie et le fait de limiter au maximum la souffrance à la fin de la vie".
Que dit la loi ? |
Votée en avril 2005, la loi Leonetti, relative aux droits des malades et à la fin de vie condamne l'acharnement thérapeutique et autorise le patient se trouvant en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable à limiter ou arrêter tout traitement. Le médecin se trouve alors dans l'obligation de respecter son souhait après l'avoir informé des conséquences de son choix. Enfin, le texte permet au patient de rédiger des "directives anticipées" pour le cas où il serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté. Ces "directives anticipées" indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l'arrêt de traitement. En revanche, la loi n'autorise pas l'euthanasie dite "active", réclamée par les associations pro-euthanasie. Celle-ci consiste à administrer une substance létale au patient en fin de vie désireux d'abréger ses souffrances. |
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