Ken loach soutient Olivier Besancenot"Je suis très content qu'Olivier Besancenot se présente car en France vous avez la possibilité de voter pour quelqu'un qui se bat pour les travailleurs". La formule de soutien est plutôt classique, son auteur et son mode de diffusion le sont beaucoup moins. C'est Ken Loach, dernier réalisateur "palmé" à Cannes qui mobilise ainsi pour le candidat de la LCR dans une vidéo diffusée sur internet. En 4 jours, elle a été vue 18 000 fois.
Malgré ce soutien très haut de gamme, le responsable de la communication de la campagne d'Olivier Besancenot, se défend de toute "course au people" : "Ken Loach a certes eu la palme d'or mais il a toujours affiché ses convictions politiques, proches de notre courant. C'est un cinéaste militant". Frédéric Borras, explique d'abord l'émergence de ces vidéos sur le site de la LCR par une technique plus accessible "C'est devenu simple, on en profite pour combiner l'outil vidéo avec des moyens de communication plus classiques".
30 000 connections pour Plenel
Comme souvent avec Internet, le mouvement a été amorcé outre-atlantique. Pendant la dernière campagne présidentielle, le mouvement anti-Bush MoveOn.org permet aux internautes de "poster" des clips sur son site. Stars d'Hollywood et universitaires y brocardent le Président américain dans des messages vidéo.
En France, le collectif Anti-Sarko a repris cette idée. "On voulait faire des podcasts qui permettent à des personnalités de développer leurs arguments contre Sarkozy en plus de temps que dans une émission de télévision" explique Maxime des Gayets, un de ses membres. Objectif : multiplier les angles d'attaques contre le candidat UMP en sollicitant avocats, responsables associatifs, universitaires... Le collectif fait même des "coups" en convainquant le réalisateur Patrice Chéreau ou l'économiste Thomas Piketty. Lorsque l'ancien directeur de la rédaction du Monde. Edwy Plenel accepte à son tour d'expliquer en quelques minutes pourquoi "l'élection de Nicolas Sarkozy (...) aggraverait toutes les crises dont souffre notre pays", un buzz se crée parmi les internautes qui diffusent le lien vers la vidéo. Sur le site français de vidéos "virales" Dailymotion, 30 000 personnes l'ont déjà vu.
PS et UMP s'y mettent
Pour la première fois dans une campagne, les partis politiques ont eux aussi recours à ces vidéos de soutien. Des podcasts "moins efficaces" pour Maxime des Gayets, car les discours sont moins construits et "ne permettent pas au gens de prendre leur temps". Sur NSTV, la télévision du site web de Nicolas Sarkozy, c'est Jose Maria Aznar, l'ancien Premier ministre Espagnol qui a ouvert le bal en janvier dernier. Il y affiche son soutien dans un Français plus qu'honorable: "Je connais Nicolas Sarkozy depuis longtemps, il a la volonté et la détermination de changer les choses". D'autres témoignages sont plus surprenants. Arno Klarsfeld dit du candidat de l'UMP qu'il a "le plus bon cœur" et que "de tous, c'est les plus gentil et le plus simple".
Sur le site Internet de Ségolène Royal, les vidéos de soutien d'artistes sont légion. Philippe Torreton, dans sa loge, évoque "la seule candidate qui peut nous emmener dans un ailleurs que j'aime". L'écrivain Erik Orsenna vante sa stature - " Je l'ai vue s'étoffer et je pense que le moment est venu ", l'acteur Pascal Gregory, son message : "elle a un regard très neuf et très sain sur la jeunesse".
Soutien involontaire
Même l'extrême droite s'essaye à ce nouveau mode de communication. Sur son site, le polémiste Alain Soral explique longuement, en vidéo, son ralliement à Jean-Marie Le Pen. Dans un autre podcast, il dénonce le comportement d'Olivier Besancenot à son égard et l'invite même à l'affronter sur un ring...
De toutes les vidéos de soutien, c'est la plus involontaire qui a connu le plus grand succès. Plus de 150 000 internautes ont déjà entendu Alain Duhamel dire de Francois Bayrou : "C'est quelqu'un que j'aime bien, je voterai pour lui, pour dire les choses". Une déclaration diffusée à son insu et qui a coûté au journaliste sa suspension d'antenne. Cet épisode n'empêche pas Corinne Lepage de se dire, sur Internet, "passionnée du net pour son honnêteté dans cette campagne" . Elle a elle-même longuement expliqué son ralliement au candidat UDF dans une vidéo postée sur le web. Internet, souvent critiqué, pour sa culture du zapping, de l'instantané, devient l'endroit où on prend le temps d'exprimer ses idées.
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