La Une du Parisien sur l'annonce par Jacques Chirac qu'il ne briguera pas un troisième mandat (11 mars 2007) © Election présidentielle TF1/LCI![]() |
| L'allocution de Jacques Chirac |
La presse française dresse un bilan en demi-teinte du double mandat de Jacques Chirac à la tête de l'Etat et remarque qu'il n'a pas mentionné le nom de son favori à l'élection présidentielle. "Esprit essentiellement positif, peu porté à la spéculation, Jacques Chirac regrette de n'avoir pas bousculé davantage les conservatismes, mais il ne se demande pas si les réformes qu'il a entreprises ont jamais composé un dessein", affirme Alexis Brézet dans Le Figaro, reconnaissant "qu'au fond, la droite n'était pas son genre".
"Jacques Chirac n'aura pas réussi à réveiller la France et les Français sur le terrain pourtant fondamental de l'économie", estime François-Xavier Pietri dans La Tribune. "Jacques Chirac va laisser une France à la peine", ajoute-t-il. Pour François Ernenwein dans La Croix "Jacques Chirac aurait donc pu sortir d'Europe la tête haute, s'il n'avait pas gâché la ratification du traité constitutionnel en France par un trop-plein d'assurance, mâtiné d'une molle indifférence". "Jacques Chirac est pourtant fier du travail accompli, mais, comme toujours, il est meilleur dans l'analyse que dans les actes et plus adroit pour dessiner des perspectives que pour dresser des bilans", souligne Gilles Dauxerre dans La Provence.
"Ni grande décision sociétale (...) ni véritable grand chantier"
Selon Jorge d'Hulst (Libération Champagne), "des années Chirac, il ne reste ni grande décision sociétale, ni grande impulsion dans la construction européenne, ni véritable grand chantier malgré le musée des arts premiers. En revanche, il demeure cette position sur l'Irak".
La question de la désignation du candidat qui recevra le soutien de l'actuel chef de l'Etat à l'élection présidentielle retient également l'attention de plusieurs éditorialistes. "Pour garder la vedette, il n'a pas nommé son favori. Mais cela viendra car c'est bien l'identité de son successeur qui dira quel bilan les Français dressent de lui", constate Jean-Michel Thénard dans Libération. Le quotidien titre par ailleurs sur un ironique "Je vous aime, nous non plus".
Revenant sur les valeurs de la République défendue par Jacques Chirac, Françoise Fressoz (Les Echos), écrit que l'on "peut reprocher à Jacques Chirac d'avoir trop longtemps raisonné comme si la France était seule au monde. Mais on ne peut lui retirer d'avoir farouchement défendu les valeurs de la tolérance qui appartiennent au génie français". Enfin, dans Le Maine Libre, Jacques Guichard résume parfaitement la filiation politique du président de la République. "Il a parlé comme De Gaulle. Il ressemblait à Pompidou. Il a menti comme Mitterrand. Il a été Chirac !", affirme-t-il, avant de conclure sur une pointe d'humour : "Jacques Chirac sait, quoi qu'il devienne, qu'il aura toujours une entrée gratuite au Salon de l'agriculture".
D'après agence
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