© AFP/J.GuezLe thème de l'insécurité fait son grand retour dans la campagne. Au lendemain des violences de mardi à la gare du Nord, les candidats à la présidentielle se sont affrontés par médias interposés sur les causes de ces débordements. Ségolène Royal voit dans ces évènements "l'échec sur toute la ligne de la droite" en matière de sécurité depuis 2002. "Bien évidemment les voyageurs doivent payer leur billet. Mais qu'un simple contrôle puisse dégénérer dans un affrontement aussi violent prouve que quelque chose ne va plus", a-t-elle déclaré sur Canal+. Selon elle, "les gens sont dressés les uns contre les autres, ont peur les uns des autres. La police a parfois peur de se rendre dans certains quartiers ou de procéder à certains contrôles". Avant de conclure : "Ce n'est pas la République". Plus tard dans l'après-midi, la candidate socialiste, en déplacement à Blois, s'est néanmoins refusée à "exploiter dans un esprit de politique politicienne le grave incident de la gare du Nord". "Il faut sortir des logiques d'affrontement et passer à des logiques de rassemblement", a-t-elle souligné.
L'extrême-gauche n'est pas plus tendre avec Nicolas Sarkozy. Pour la communiste Marie-George Buffet, ces violences sont "une nouvelle illustration de son échec", qui a "semé depuis plusieurs années les graines d'une situation explosive". Même son de cloche du côté de l'altermondialiste José Bové, pour qui ces incidents sont "l'héritage de Sarkozy". "Le langage provocateur et insultant de Nicolas Sarkozy et l'obsession de la culture du résultat introduite dans la police transforme chaque interpellation en une épreuve de force", a-t-il déclaré.
Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de réagir à ces accusations. "Si Mme Royal veut régulariser tous les sans-papiers et si la gauche veut être du côté de ceux qui ne paient pas leur billet dans le train, c'est son choix. Ce n'est pas le mien", a-t-il déclaré à la gare du Nord, juste avant de prendre un train pour un déplacement de campagne à Lille prévu de longue date. "Je ne serai pas du côté des fraudeurs, des tricheurs, des malhonnêtes. Je suis du côté des victimes", a-t-il ajouté un peu plus tard. Le candidat UMP a encore estimé qu'il n'était "pas normal que des gens interviennent" pour s'opposer à une interpellation et que "les forces de l'ordre ont réagi avec beaucoup de maîtrise".
Bayrou veut sortir du "climat d'affrontement perpétuel"
De son côté, François Bayrou a jugé que les heurts qui ont éclaté entre jeunes et forces de l'ordre étaient l'illustration du "climat d'affrontement perpétuel" dont la société a besoin de sortir. "C'est une société qui a des tensions extrêmement fortes, dans laquelle il y a des rancœurs, (où) un certain de nombre de catégories de jeunes et de moins jeunes ont le sentiment d'être en affrontement avec d'autres catégories, comme les policiers", a-t-il analysé lors de l'émission "Questions d'Info" Le Monde-France Info-LCP-Assemblée nationale. Pour sortir de cette situation, le candidat centriste a proposé de rendre à la police "son rôle de prévention et d'accompagnement" et d'expliquer aux jeunes "que ces incidents se retournent contre eux".
Pour Philippe de Villiers, "la société a tourné du côté des malfrats". "Des bandes ethniques sont installées sur notre territoire et considèrent que même la gare du Nord, c'est leur territoire", a déclaré le candidat du MPF.
Baroin prône la fermeté |
Le nouveau ministre de l'Intérieur François Baroin, qui s'est rendu à la gare du Nord en fin d'après-midi, a dénoncé "toute exploitation politique déplacée" des affrontements survenus la veille entre policiers et bandes de jeunes. La "politique de fermeté impulsée depuis 2002 sera conduite dans toute cette période sensible (la campagne présidentielle, ndlr), où toute exploitation politique est évidement déplacée par rapport à la réalité de la sécurité au quotidien de nos compatriotes", a-t-il assuré. De son côté, Jean-Louis Borloo invite à l'apaisement. Le ministre de la Cohésion sociale appelle en effet à "ne pas mélanger" les "quelques incidents" survenus à la gare du Nord et "les banlieues françaises". |
Avec agence
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