Nicolas Sarkozy, en meeting à Nice le 30 mars 2007 © Election présidentielle-TF1/LCIAlors que la justice a condamné jeudi et vendredi trois hommes pour leur participation aux violences de la gare du Nord mardi soir à Paris et que son successeur à l'Intérieur, François Baroin, a dit refuser toute polémique (lire notre article), Nicolas Sarkozy s'en est violemment pris vendredi soir en meeting à Nice à "cette gauche qui voudrait nous faire croire que les voyous qui ont tout cassé à la gare du Nord étaient juste révoltés par l'injustice". Selon lui, "cette gauche-là a perdu tout sens moral".
Le jeune à l'origine des incidents de la gare du Nord est devenu "une sorte de héros pour Mme Royal et M. Bayrou et pour une partie de ce microcosme parisien qui ne prend jamais le métro", a dénoncé le candidat UMP, ironisant sur "l'ordre juste" de Ségolène Royal. "L'ordre juste, c'est quand ceux qui ne veulent ni étudier ni travailler ont le droit de piller un magasin pour se procurer des chaussures de sport sans avoir à les payer", a-t-il ainsi lancé. "Prendre la défense du fraudeur, toujours trouver des excuses à ceux qui ne respectent rien, voilà ce que j'appelle la faillite morale d'une certaine gauche", a-t-il insisté devant quelque 8.000 personnes.
"Moi, je veux défendre l'ordre républicain et ne pas laisser ce thème à l'extrême droite", a-t-il conclu sur ce sujet, avant d'évoquer le thème qui lui est cher de l'identité nationale. Selon Nicolas Sarkozy, le choix que les électeurs devront faire les 22 avril et 6 mai (1er et 2nd tour) se fera "entre ceux qui sont attachés à l'identité nationale et qui veulent la défendre, et ceux qui pensent que la France a si peu d'existence qu'elle n'a même pas d'identité". Un sondage CSA-Cisco pour France 3 et France Info publié vendredi révèle d'ailleurs que 62% des Français juge comme une "bonne chose" l'irruption du thème de l'identité nationale dans le débat électoral (contre 34%).
Thuram dénonce des "mensonges" pour "diviser" |
Le footballeur Lilian Thuram a estimé vendredi que certains propos tenus après les incidents de la Gare du Nord à Paris ne visaient qu'à "diviser la société française" et il a dénoncé les "mensonges" entendus, en marge du 84e congrès de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ouvert vendredi et jusqu'à dimanche, à Saint-Denis. "Ca arrangeait tout le monde de désigner un clandestin", a commenté le champion du monde de 1998. "Nous sommes des hommes avant tout. C'est un clandestin, où est le problème?", a ajouté Thuram. A propos des incidents qui suivirent, "si des gens se sont interposés, c'est peut-être qu'ils s'étaient trouvés devant une certaine injustice. C'est normal d'essayer de dire non", a-t-il estimé. |
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