L'appel des "Gracques" dans Le Point du 23 mars 2007 © Le PointLa réponse de Ségolène Royal aux "Gracques" n'a pas tardé. Pour la candidate du PS, ces hauts fonctionnaires "sympathisants ou militants socialistes", qui ont appelé à une "alliance" du parti avec François Bayrou, "ne sont pas les mieux placés" pour prôner le changement. Selon Le Point, dans lequel le texte a été publié, ce collectif, baptisé en référence aux tribuns de la Rome antique qui ont tenté une réforme du système social, avant une fin tragique, est constitué d'anciens collaborateurs de François Mitterrand, Michel Rocard et Lionel Jospin. La candidate socialiste fait quant à elle remarquer qu'ils sont surtout "pour la plupart passés dans le monde des affaires", et sont donc "extrêmement libéraux".
Dans leur texte, les "Gracques" estiment que "pendant des années, le Parti socialiste français a justifié son conservatisme de gauche par les contingences électorales" et "prétendait" que pour l'emporter, "il fallait qu'il refuse le marché même régulé, la mondialisation même domestiquée, la modernisation de l'Etat même négociée". "Merci à François Bayrou d'être brillamment en train de démontrer le contraire !", lancent-ils. "Beaucoup de hiérarques n'ont de cesse d'empêcher Ségolène Royal d'être elle-même, alors qu'elle semblait en mesure de déplacer les lignes", accusent-ils. "Les sociaux-démocrates n'ont donc maintenant qu'une seule issue : appeler à l'alliance avec François Bayrou", pour une "coalition de la gauche, des écologistes et du centre" concluent les "Gracques". Pour Jean Peyrelevade, l'ancien président du Crédit lyonnais, qui se dit "amis" des signataires, ceux-ci "n'osent pas encore signer complètement mais fondamentalement ce sont des gens qui disent 'votez François Bayrou'".
De son côté, Ségolène Royal affirme que "la politique doit changer et personne n'est propriétaire de l'appareil de l'Etat. Ceux qui ont occupé ou tenu l'appareil de l'Etat pendant des années et des années ne sont pas forcément ceux qui sont les mieux placés pour, demain, savoir comment il faut changer en profondeur les choses". "On ne construit pas la France du futur avec les vieilles recettes et je ne vois pas dans ce qu'ils disent ce qu'il y a comme nouvelles règles du jeu", conclut-elle.
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