Jean-Marie Le Pen en meeting à Marseille (3 mars 2007) © TF1/LCIJean-Marie Le Pen renoue avec son thème de prédilection, l'immigration. Le candidat du FN a durci le ton de sa campagne samedi en promettant une "chasse aux faux touristes" et le "rétablissement de la préférence nationale" dans tous les domaines. A Marseille, sur une terre d'élection particulièrement fertile pour le Front national, il a fait la part belle de son discours à l'immigration, un "sujet tabou", selon lui, de la campagne.
Devant 2000 personnes, le président du FN est passé à l'offensive contre Nicolas Sarkozy qu'il soupçonne de venir chasser les voix sur le terrain de l'extrême droite. "Certains de nos compatriotes ont l'air de croire que le ministre de l'Intérieur a pris le taureau par les cornes. A la vérité, les seules cornes prises sont celles de l'UMP", a-t-il lancé. Il a multiplié les banderilles à l'encontre du "promoteur de la discrimination positive" et de "l'immigration positive", de celui qui a "institutionnalisé l'Islam de France" et aidé à la "construction des mosquées" en France.
En matière d'immigration, "comment oublier l'incompétence foncière de ceux qui nous ont dirigés pendant 30 ans, leur cécité absolue", a lancé le président du FN. "Aucun des hommes politiques qui se présente aujourd'hui au suffrage des Français n'a pris la mesure du phénomène migratoire dans le monde contemporain", a-t-il ajouté. Estimant que la France a accueilli "dix millions de personnes d'origine immigrée en 30 ans", Jean-Marie Le Pen, jugeant que le contrôle de l'immigration aux frontière externes de l'Europe est "un mythe", demande que l'immigration illégale soit "méthodiquement combattue et dissuadée".
"Ne vous laissez pas intoxiquer par les sondages"
A Marseille, ville dont le taux de chômage reste supérieur au taux national, le leader du FN a dépeint une France qui "s'appauvrit et se paupérise". "Bien sûr, le chiffre officiel parle de deux millions de chômeurs, mais le chiffre réel est de cinq millions", a-t-il affirmé. "Ce sont les fruits vénéneux de la folle politique d'ouverture généralisée des frontières humaines, commerciales, sanitaires et internationales". Jean-Marie Le Pen s'est donc engagé à imposer à l'Europe, s'il est élu, de "retrouver la souveraineté sur nos frontières et d'être maîtres chez nous".
Dans une dramaturgie soigneusement étudiée, il a exhorté ses troupes à ne pas se laisser abuser par les "trois piliers du système" que sont, à ses yeux, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou. "Ce ne sont pas des premiers communiants. Ils ont occupé des postes ministériels et viennent nous dire, au bout de trente ans, qu'ils ont tout compris", a-t-il ironisé. "Ne vous laissez pas intoxiquer par les sondages. Je suis au dessus des 20%. Je ne sais pas qui sera l'autre au second tour. Peu importe, ce sera le candidat du système", a-t-il ajouté.
Quant à Jacques Chirac, il a regretté son absence dans le combat engagé pour sa succession. "Quel dommage qu'il ne soit pas candidat. Ah, la belle revanche de 2002 que nous pourrions avoir", a conclu le président du FN.
D'après agence
200 manifestants contre la venue de Le Pen à Marseille |
"Ni Le Pen ni ses idées", proclamait une banderole jaune brandie par les manifestants qui ont scandé des slogans : "Le Pen, facho", "à bas le FN", "nous sommes tous des enfants d'immigrés". Quelque 200 manifestants selon la police - 250 selon les organisateurs - ont manifesté samedi à Marseille contre la venue de Jean-Marie Le Pen pour son meeting. Plusieurs partis de gauche (PCF, PS, Verts, LCR) ainsi que des syndicats (CGT, CFDT, FSU) et le Réseau éducation sans frontières (RESF) avaient appelé au rassemblement. Dans les Bouches-du-Rhône, un des départements où le FN réalise ses meilleurs scores, Jean-Marie Le Pen était arrivé en tête au premier tour des présidentielles de 1995 et de 2002. Au 2e tour, le 21 avril 2002, il avait recueilli 27,46% dans le département (26,89% à Marseille). |
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