Bernard-Henri Lévy lors d'un meeting organisé à Paris par le collectif français "Urgence Darfour" (20 mars 2007) © TF1/LCI"Je le dis solennellement : si les exactions se poursuivent, si la parole n'est pas respectée, le Conseil de sécurité n'aura pas d'autre choix que d'adopter des sanctions. Déjà, nous y travaillons". Ce message de Jacques Chirac a été lu mardi soir par Bernard-Henri Lévy lors du meeting du collectif Urgence Darfour à la Mutualité, à Paris. Le chef de l'Etat, bientôt arrivé au terme de son dernier mandat, a assuré qu'il n'y aura "pas d'impunité" pour les auteurs de "crimes contre l'humanité" et que "tout doit être fait pour que la force de l'Onu et de l'Union africaine puisse se déployer au Darfour".
Une résolution du Conseil de sécurité prévoit le déploiement progressif d'une force conjointe Onu-Union africaine de 20.000 hommes au Darfour, pour mettre fin aux violences entre les rebelles issus des populations noires locales et les milices arabes appuyés par l'armée soudanaise. Le conflit a fait au moins 200.000 morts, essentiellement des civils, et plus de 2 millions de déplacés depuis quatre ans, selon l'Onu. Face au refus du régime du président Omar el-Béchir d'accepter le déploiement d'une force internationale, le Royaume-Uni a déjà brandi la menace de sanctions et les Etats-Unis ont souhaité une nouvelle résolution, alors que, jusqu'à présent, la France s'était montrée très réservée sur ces mesures.
Les soutiens persistants du Soudan : Chine, Afrique du Sud, Indonésie
Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, très attaqué mardi soir sur "l'inaction" de la France, a répondu que "s'il n'y a pas d'accord politique entre les différents groupes rebelles et le gouvernement soudanais, n'importe qu'elle intervention militaire qui se substituerait à un accord politique serait vouée à un échec total". Il a également souligné qu'au sein du Conseil de sécurité de l'Onu il fallait "convaincre" les trois pays soutenant jusqu'ici le Soudan (Chine, Afrique du Sud, Indonésie) pour obtenir des décisions prises à l'unanimité et donc plus efficaces selon lui.
Deux des candidats à la présidentielle, François Bayrou et Ségolène Royal, présents mardi soir, ont proposé de faire pression sur la Chine en menaçant de boycotter les Jeux olympiques de Pékin (2008). De son côté, Nicolas Sarkozy a fait savoir par un courrier lu sous des huées que s'il est élu, il mettrait en place des sanctions unilatérales de la France contre le Soudan. Tous trois ont signé un engagement en huit points en faveur du Darfour, tout comme Dominique Voynet (Verts) et Marie-Georges Buffet (communiste).
Pour cette soirée, Urgence Darfour avait mobilisé des personnalités diverses : Bernard Kouchner, Fadela Amara, Fanny Ardan, Nicole Garcia, Claude Lanzmann, André Glucksman ou encore Romain Goupil. Une délégation de réfugiés darfouris a été applaudie très longuement par la salle, debout, ainsi que le chef de l'un des mouvements rebelles du Darfour, Abdul Wahid (Mouvement de libération du Soudan). Ce dernier a appelé la France et l'Union européenne à choisir : "soit vous envoyez une force internationale, soit vous nous donnez des armes pour nous défendre".
D'après agence
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