© TF1-LCILes opposants au nucléaire ont défilé samedi à Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse. A l'origine de ces manifestations, le collectif Stop-EPR, qui regroupe près d'un millier d'associations dont le Réseau Sortir du nucléaire, Greenpeace, Agir pour l'environnement, les Amis de la terre, le WWF et le Réseau Action climat. Objectif : demander aux candidats à l'élection présidentielle d'abandonner le projet d'EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération qui doit être construit à Flamanville, dans la Manche.
Les associations demandent aux prétendants à l'Elysée de "s'engager dès maintenant à abandonner le projet EPR qui marquerait la relance du nucléaire pour les cent prochaines années". Un réacteur qu'elles estiment trop coûteux (3,3 milliards d'euros), "inutile" car les besoins en électricité peuvent être remplis par les centrales existantes, et "dangereux". 600.000 cartes postales seront distribuées samedi, invitant les citoyens à les envoyer aux présidentiables pour leur demander de se "prononcer clairement contre le réacteur".
Certains candidats ont déjà indiqué leur opposition au nucléaire et leur participation aux manifestations : Olivier Besancenot (LCR), Dominique Voynet (Verts), Corinne Lepage (Cap 21) et José Bové (altermondialiste). Ce dernier a même menacé d'appeler les citoyens à démonter les pylônes à très haute tension et à empêcher leur construction.
"Débat" et "transparence"
Dans des réponses à un courrier du Réseau Sortir du nucléaire, Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (UDF) ont chacun dénoncé les conditions d'analyse et de débat public sur l'EPR, "contestables" pour l'une et "pas satisfaisantes" pour l'autre. La candidate socialiste a indiqué qu'elle "engagerait le débat" sur l'ensemble du dossier énergétique et sur l'EPR "devant l'Assemblée nationale".
"Il est temps que la filière nucléaire soit transparente", a précisé pour sa part le candidat centriste. "Le nucléaire ne doit être qu'une énergie parmi d'autre", a-t-il poursuivi, pointant la nécessité d'"accompagner les efforts de recherche en faveur d'un nucléaire sûr, et qui produise moins de déchets".
Poursuivre l'effort
Deux candidats souhaitent "poursuivre" ou "conforter" l'énergie nucléaire : Nicolas Sarkozy (UMP) et Jean-Marie Le Pen (FN). "L'énergie nucléaire nous donne un véritable avantage comparatif en la matière (...) Nous devons donc maintenir et renouveler notre parc nucléaire", explique l'UMP sur son site. Avec pour "contrepartie", "le droit [pour les citoyens] d'accéder à tous les documents d'information utiles relatifs aux risques nucléaires et aux méthodes utilisées en France pour les prévenir".
Le Front national annonce sur son site que "les filières de 3e et 4e générations seront programmées" et "la construction du surgénérateur sera relancée". "Le projet ITER sur la thermofusion nucléaire contrôlée sera bien sûr largement encouragé et soutenu", indique le parti.
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