Ségolène Royal présentant ses orientations en matière de défense (3 mars 2007) © TF1/LCISégolène Royal a présenté samedi ses orientations en matière de défense, en indiquant qu'elle souhaitait "maintenir et adapter" l'effort budgétaire actuel, "appuyé sur une confiance renouvelée entre les citoyens et la défense". Devant un parterre composé surtout de spécialistes, dont Hubert Védrine, Jean-Pierre Chevènement ou Paul Quilès, réuni à Paris à la maison de la Chimie, la candidate socialiste à la présidentielle, jusqu'ici peu loquace sur la question, a développé son programme sur ce qu'elle considère "être l'affaire de tous".
Quelques jours avant son rival Nicolas Sarkozy, qui doit s'exprimer mercredi sur ce thème, la candidate a affirmé qu'elle "veillerait" à ce que la dissuasion nucléaire "indispensable à notre indépendance (...) garde en permanence sa crédibilité et dispose des moyens de sa modernisation". Mais "je n'ambitionne pas de rivaliser avec les 7000 têtes américaines ou russes" a-t-elle affirmé en indiquant qu'elle se limiterait au "principe de la stricte suffisance".
Les parlementaires mis au coeur du contrôle des opérations extérieures
Si elle a assuré qu'elle maintiendrait l'effort budgétaire pour la défense au niveau actuel, soit 2% du produit intérieur brut (PIB), elle a précisé "qu'à l'intérieur de cet effort" des "redéploiements nécessaires" seraient opérés. Car, a-t-elle ajouté, "l'effort sera hiérarchisé" et "toutes les coopérations européennes seront recherchées". A ce sujet, elle a rappelé sa position sur la construction d'un 2e porte-avion, à savoir que ce projet "peut se réaliser en coopération avec les Britanniques", mais que "les discussions engagées (...) ne permettent pas encore d'envisager aujourd'hui avec certitude" cette construction.
La candidate a soutenu une vision "globale" de la défense, où "tout se tient du renseignement à la protection de l'eau potable", tournée vers l'Europe, car elle n'entend "pas mettre (ses) pas dans ceux de l'administration américaine". "Devant le désordre du monde, nous devons faire émerger en Europe un acteur stratégique" et "veiller à ce que l'Otan ne dérive pas vers un rôle de gendarme du monde, se substituant à l'Onu", a-t-elle estimé.
En fille et soeur de militaires, elle a particulièrement insisté sur la nécessité de "renouveler la confiance entre les citoyens et la défense" et d'améliorer la condition militaire. Elle a renouvelé sa proposition d'un service civique qui "pourra avoir une dimension de formation de base aux missions de protection civile et de défense du territoire" et "déboucher sur des volontariats de services longs de 18 à 24 mois". Pour renforcer "l'attractivité de la condition militaire", elle a souhaité que les "restrictions en tous genres" qui pèsent sur eux "soient levées" pour qu'ils accèdent "à la pleine citoyenneté" avec une généralisation de leur représentation "dans les instances de concertation". Elle a aussi souhaité mettre les parlementaires au coeur du contrôle des opérations extérieures.
D'après agence
Chevènement et la "stature présidentielle" de Royal |
Ségolène Royal "acquiert progressivement une véritable stature présidentielle", a déclaré dimanche à France Inter le leader du Mouvement républicain et citoyen, évoquant les récentes interventions de la candidate socialiste sur la politique étrangère. |
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