François Bayrou lors d'un meeting © Election présidentielle - TF1/LCIFace à la percée de François Bayrou dans les sondages, ses adversaires UMP et PS affichent l'optimisme mais accélèrent la mobilisation de leurs soutiens, prenant désormais pour cible le candidat centriste. "Ce resserrement" entre les trois candidats en tête des sondages "ne m'inquiète pas", affirmait Ségolène Royal dès jeudi soir, alors qu'une enquête parue la veille mettait le candidat de l'UDF à 24% des intentions de vote. Le dernier sondage Ifop-Fiducial pour le Journal du Dimanche les place désormais au coude à coude au premier tour ? Jean-Louis Bianco, directeur de campagne de Ségolène Royal, contre-attaque dans les colonnes du JDD.
Il affirme que "la réalité du terrain est bien éloignée de l'agitation du microcosme autour des sondages". Selon lui, "si des électeurs s'intéressent à (Bayrou), c'est que les médias ont créé un effet de loupe sur lui et l'ont mis à la mode". Pour le député des Alpes de Haute-Provence, "le rassemblement très large que propose Ségolène Royal sur la base de son projet est autrement plus solide et sérieux que l'espèce de château de sable, proposé ailleurs, sur lequel viendraient se greffer, comme par miracle, des gens de tous bords".
Raffarin : "Ça fait dix ans qu'il n'a pas touché un dossier exécutif"
Et pour François Hollande, Ségolène Royal doit "garder son cap" face à la percée de François Bayrou : "Il ne s'agit pas de se laisser détourner par telle ou telle candidature. (...) La seule manière de gagner une élection c'est de croire d'abord en son projet et en sa candidate. Je pense que Ségolène Royal est la plus crédible aujourd'hui". Le Premier secrétaire du PS souligne par ailleurs "qu'une partie aujourd'hui des électeurs sont dans l'indécision". L'hypothèse Bayrou inquiète jusqu'au Parti communiste, où Marie-George Buffet met en garde le PS et Ségolène Royal contre la tentation d'une ouverture vers le leader centriste, prônée par Dominique Strauss-Kahn, qui mènerait la gauche "droit dans le mur".
Pour sa part, toujours dans le JDD, Nicolas Sarkozy affirme qu'une victoire de François Bayrou à l'élection présidentielle conduirait "à l'immobilisme dans un premier temps, à la crise politique dans un deuxième". Et de s'interroger : "Imaginons un gouvernement gauche-droite : que fait-on sur les 35 heures, sur la régularisation des immigrés, sur la réforme de l'Education nationale ?" Il souligne par ailleurs que "lorsque François Bayrou a été ministre de l'Education nationale, il a porté une seule réforme, celle de la loi Falloux. A la minute où les gens sont descendus dans la rue, il l'a retirée".
Même Jean-Pierre Raffarin y va de sa pique contre le leader centriste : invité de Franz-Olivier Giesbert sur France 5, il note avec une fausse commisération : "Ça fait dix ans qu'il n'a pas touché un dossier exécutif. Je le regrette un peu, François, pour moi, c'est un talent gâché. Entre 45 et 55 ans, c'est l'âge où un homme politique est à maturité. C'est là qu'il doit donner toute son intelligence, son expérience (...) Je crains qu'il ne soit décalé aujourd'hui par rapport aux grands dossiers".
Avec agence
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