© TF1/LCIA moins d'un mois de la présidentielle, la commission des sondages tire la sonnette d'alarme. Face à la multiplication des enquêtes d'opinion, déjà 250 en 2007 contre 193 pour 2002, l'organisme a invité les médias et l'opinion publique à la plus grande prudence dans l'interprétation de ces études. "La commission estime nécessaire, eu égard à la place qu'occupent les sondages d'intentions de vote dans la campagne électorale, d'insister sur la prudence avec laquelle les résultats de ces sondages doivent être interprétés", déclare la commission.
Deux raisons à cette mise en garde. "La première tient aux modalités de constitution des échantillons des personnes interrogées, à la proportion élevée des personnes sondées n'exprimant aucun choix et à celle, parmi les intentions exprimées, des personnes qui déclarent n'être pas sûres de leur choix", explique la commission. A quatre semaines de la présidentielle, plus du tiers des sondés - entre 35% et 45% - se disent en effet indécis.
"Un 51-49 au 2e tour n'a pas de signification"
La seconde raison est liée aux faibles écarts enregistrés et à la taille parfois trop réduite des échantillons utilisés. "Les résultats obtenus par les candidats réalisant, dans les intentions de vote, un score qui n'excède pas après redressement un pourcentage de quelques points, ainsi que les écarts de cet ordre qui séparent deux candidats, ne sont pas véritablement significatifs", affirme la commission. "Un 51-49 au second tour n'a pas une signification très forte", note Jean-Michel Galabert, président de la commission. Par ailleurs, selon lui, une base "correcte" doit être constituée d'au moins 800 à 1 000 personnes.
Les instituts de sondages peuvent-ils tester plusieurs hypothèses de second tour ? Oui, mais seulement lorsque les scores établis pour le premier tour entre plusieurs candidats sont suffisamment proches, répond la commission. "Cette pluralité des hypothèses envisagées est en effet de nature à relativiser la portée des résultats 'second tour' publiés et à inciter à les interpréter avec toute la prudence nécessaire", souligne la commission.
Fondée en 1977, la commission des sondages est constituée de 11 membres, parmi lesquels on trouve des conseillers d'Etat, des conseillers auprès de la Cour de cassation et des responsables de la Cour des comptes et experts. Elle ne peut intervenir qu'a posteriori si elle estime que le contenu d'un sondage, ou son utilisation par un média, n'est pas conforme à la réglementation. Le cas échéant, la commission peut exiger la publication d'une mise au point dans le média incriminé. Une vingtaine de situations de ce type se sont produites lors de ces dix dernières années.
Pas de sondage au-delà du 20 avril minuit |
Du vendredi 20 avril à minuit au dimanche 22 avril à 20h, il sera interdit de publier des sondages politiques. Les mêmes règles prévaudront pour le second tour de la présidentielle : du vendredi 4 mai à minuit jusqu'au dimanche 6 mai à 20h, aucun sondage politique ne sera plus autorisé à paraître. La Commission nationale de contrôle de la campagne et la Commission des sondages ont en effet décidé d'appliquer la loi du 19 février 2002, et ce, en dépit de l'avancement du scrutin au samedi dans plusieurs départements et territoires d'outre-mer. Cette loi prévoit que "la veille de chaque tour de scrutin ainsi que le jour de celui-ci, sont interdits, par quelque moyen que ce soit, la publication, la diffusion et le commentaire de tout sondage", se rapportant à l'élection. Le non respect de cette réglementation est passible de 75 000 euros d'amende. |
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