Quand Royal va "au contact"

Par , le 29 mars 2007 à 20h04 , mis à jour le 30 mars 2007 à 11h46

La candidate a décidé de sillonner les régions dans une Renault Espace. La population est au rendez-vous, autant par curiosité que par adhésion.

TF1-LCI : Ségolene RoyalSégolene Royal © TF1-LCI

"Si elle ne tient pas une partie de ses promesses, le socialisme est mort". Dans le hall du Palais des Sports de Tours où Ségolène Royal tient meeting, une retraitée de 60 ans le dit tout net : pour beaucoup de militants PS, la présidente de la région Poitou-Charentes représente la dernière chance pour la gauche de renouer le lien avec la France populaire. Maryse soutenait Fabius aux primaires mais elle juge aujourd'hui la candidate "capable de gagner car elle fait une bonne campagne, plus à gauche qu'au début".

La dernière ligne droite, Ségolène Royal a choisi de la passer au milieu de la France populaire, pour établir "un lien direct avec les Français", une expression martelée à chacune de ses rencontres. Plus qu'un slogan pour elle, une conviction qu'il s'agit là de la clé de la victoire. Avec les mêmes mots que "le candidat de droite" qu'elle refuse de nommer, elle veut convaincre des millions d'électeurs qu' "avec elle, la politique ne sera plus jamais comme avant". Ceux qui parlent le Royal couramment ont compris qu'elle a, comme elle le dit,"repris sa liberté".

"Voir Ségolène" 

Jurys citoyens, évaluation des dépenses publiques, respect des règles, le discours de la candidate à la présidentielle reprend celui de la candidate à l'investiture. "Vous savez ce que me disent les gens ? On veut des règles" explique en écho le maire socialiste de St-Jean de la Ruelle, une commune de 17 000 habitants proche d'Orléans où la candidate est venue visiter un lycée professionnel. Ce quarantenaire qui pourrait faire partie de la "génération Royal", celle qui n'a pas connu 68, veut faire de la politique avec pragmatisme. Dans ce lycée spécialisé dans l'automobile, "on bosse dur" confient les élèves dont certains en âge de voter vont déposer dans l'urne le bulletin Royal, "parce que c'est la gauche". Par réflexe plus que par conviction. Pour eux, sa venue, c'est surtout celle d'une star qu'ils veulent prendre en photo avec leur portable, en se fracassant contre le mur de caméras.

A Blois, les socialistes locaux ont prévu "une rencontre populaire" à la Halle aux grains, un joli bâtiment construit sous l'ère Jack Lang. Ils arborent à leur boutonnière un ruban tricolore, l'identité nationale est revenue à la mode à gauche. Le millier de personnes présentes se bouscule pour "voir Ségolène". Elle parle une vingtaine de minutes, sans notes et micro à la main. L'écoute est religieuse, mais la ferveur difficilement palpable. A l'applaudimètre, le mandat unique fait un tabac, tout comme la dénonciation des tarifs bancaires. La salle ne réagit qu'aux mesures concrètes, ce qui n'empêche pas Ségolène Royal de dessiner avec son phrasé appliqué les contours de sa "République nouvelle, celle du respect mutuel dans un pays qui se reconstruit, celle d'un pays où les droits doivent s'accompagner de devoirs". 

"Inattaquable sur la sécurité"

Tout comme plus tard devant les salariés du groupe Pzifer menacés de licenciement, elle martèle : "il faut faire du sur-mesure", aussi bien dans la baisse des charges que dans les aides publiques, dans l'éducation ou dans la recherche. L'Europe est également présente dans son discours, faisant mentir ceux qui reprochent aux candidats de la passer à la trappe. "Mais les médias ne reprennent jamais ces passages, ils ne s'intéressent qu'aux petites phrases"; remarque un étudiant venu écouter la candidate socialiste. Ces "petites phrases", il y en aura pas au cours de cette journée. Ségolène Royal se livre peu à la presse et préfère faire "une campagne positive plutôt que de juger celle de ses adversaires". 

Pour commenter les violences de la gare du Nord la veille , elle lit une courte déclaration et refuse d'en dire plus. Pourtant, elle s'étendra plus longuement sur le sujet lors de son meeting à Tours. "Les gens sont dressés les uns contre les autres, ont peur les uns des autres", affirmera-t-elle. Entre temps, Nicolas Sarkozy avait laissé entendre que la gauche était "du côté des fraudeurs". Mais dans l'entourage de la candidate, on ne craint pas les accusations de laxisme : " Ségolène Royal est inattaquable sur les problèmes de sécurité car elle a posé des jalons très tôt. C'est certainement l'intuition la plus forte qu'elle ait eue pendant la primaire'".

Jeudi, la première femme à pouvoir conquérir l'Elysée devait continuer sa route dans la Vienne, et vendredi dans la Creuse et le Puy-de-Dôme. A bord de son Espace transformé en QG de campagne, "à la rencontre des Français". Commentant cette première journée, un correspondant de la presse étrangère glisse cette remarque : "elle fait une bonne campagne mais tout cela manque d'émotion non ? Quelque chose ne prend pas, étrange campagne".

Par Renaud Pila le 29 mars 2007 à 20:04
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20 Commentaires

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  • Pasteur, le 30/03/2007 à 10h56

    Si Ségo passait devant chez moi, je fermerais les persiennes !

  • Jeannine, le 30/03/2007 à 10h50

    Quelle honte de tout mettre sur le dos de monsieur Sarkosy,vous n'êtes pas franche madame Royal et vous ne seriez pas une bonne présidente, juste bonne à opposer les Français les uns contre les autres., d'ailleurs vous n'aimez pas les Français de souche.

  • Lila, le 30/03/2007 à 10h08

    Les événements de la gare du Nord ont déjà eu leur effet sur l?opinion. Ségolène re-plonge dans un sondage d'aujourd'hui (53,5% contre 46,5%) qui a été réalisé après les émeutes! Il faut voir la vérité en face! Certain veulent seulement que le PS aille au deuxième tour. Mais vous, voulez-vous une alliance centre-gauche pour faire remonter la France? Il faut arréter la politique et passer à l'action. Si Hollande cherche le programme de Bayrou je lui propose de faire http://www.bayrou.fr/propositions. Mais vu son niveau d'humour il ne doit pas savoir se servir d'une souris d'ordinateur!

  • Michel, le 30/03/2007 à 08h00

    Un homme a dit que si Madame ROYAL ne tenait pas ses promesses le socialisme était mort, EH BIEN TANT MIEUX QU'IL CREVE !!!!!!!!! Merci de me publier.

  • Eliane, le 30/03/2007 à 07h07

    N étant jamais publiée ce qui demontre le parti déja pris par LCI depuis longtemps pour Berlusconi, euh je veux dire Sarkozy,on ne fait que critiquer Ségolène. c'est pourtant la droite qui est au commande depuis 12 ans, et elle n'a jamais prouve sauf en paroles qu'elle était proche des petits et des moyens a croire que les français sont tous devenus aisés, sans problème ou alors tous des moutons a suivre celui que crie le plus fort

  • LUCO, le 30/03/2007 à 06h42

    Ce n'est pas un gendarme au fond à droite de la photo ! Il suffit de bien regarder... c'est un pompier ou un autre uniforme mais ce qui est certain c'est que ce n'est pas un gendarme. Non, les gendarmes meurrent sur les route du Var pour assurer les déplacements de Royal ! Une honte !!!

  • Nan_social, le 30/03/2007 à 03h49

    Le meilleur ami de la gauche c'est bayrou, c'est par bayrou que la gauche va se renouveler en travaillant avec lui pour restaurer la france, si ségolene etait elue .. enfin non ce serait sarkosi en cas de face a face ... bref votez utile

  • Jerome, le 30/03/2007 à 03h14

    Plus je lis les déclarations de cette femme plus j'ai envie de la voir dans un vrai face à face, en direct, contre Sarkozy. Une fois les fiches enlevées, quand ne restent que la compétence, le naturel et l'expérience, on verra bien qui inspirera le plus confiance aux Français. STOP AU TOC, PLACE AUX CONFRONTATIONS D'IDEES FACE A FACE, c'est vrai quoi; On ne vote pas pour un yaourt X ou une crème dessert Y mais pour un individu qui défend des idées. Qu'ils s'affrontent (idéologiquement s'entend) en direct comme l'ont fait avant eux les grands politiciens; On pourrait ainsi se faire une idée de la personne qui se retrouvera à table avec Poutine, Merkel, les successeurs de Bush et Blairs, etc... Car c'est surtout ça, notre futur(e) président(e) et moi j'ai vraiment envie d'avoir un "échantillon" avant d'acheter.

  • Marie-Helène Dumont, le 30/03/2007 à 03h07

    "Ségolène Royal est inattaquable sur les problèmes de sécurité " ET POUR CAUSE elle n'a JAMAIS eu à gérer des problèmes de la gravité de ceux rencontrés par Sarkozy. Elle semble croire que si elle gagne, sa seule présence à l'Elysée suffira à "rassurer la nation" (carrément!) et que tous les casseurs se diront "allez, on arrête maintenant les gars". MAIS QUI PEUT ETRE ASSEZ NAIF POUR CROIRE CA! Pour la Gare du Nord elle a critiqué la police et Sarko mais pas un mot pour condamner les casseurs et le fraudeur! Pendant les emeutes, elle a dit haut et fort "Sarkozy a tout déclenché avec ses mots". Elle n'a jamais attaqué les casseurs, JAMAIS ! Quelle mascarade. Mention spéciale aussi pour sa garde-robe variée (rouge, rouge, rouge, rouge). Heureusement que François est daltonien et aussi "neuneu" qu'elle, ils étaient vraiment faits pour s'entendre ces deux là...

  • Céline, le 30/03/2007 à 00h20

    Ne pas dire n importe quoi les pros Sarko. Il a stigmatisé et fait des amalgames sur les jeunes des quartiers populaires. Il a des discours xénophobes. Il a aucun programme, il ment tout le temps, tout le monde le sait cet homme est une imposture, il ne mérite pas de faire de la politique.

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