Raymond Barre © LCILes propos de l'ancien Premier ministre Raymond Barre, qui avait évoqué dans une interview diffusée le 1er mars sur France Culture, un "lobby juif capable de monter des opérations indignes", provoquent l'émoi dans la classe politique et l'indignation des organisations juives et antiracistes. François Bayrou les jugent "purement et simplement inacceptables", tandis que le Parti socialiste les considèrent "indignes d'un ancien Premier ministre de la République, censé rester une référence". Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s'est dit "scandalisé" par de tels propos, estimant que Raymond Barre avait "rejoint l'extrême droite". La Ligue des Droits de l'Homme, le Mrap et la Licra ont également condamné ces propos.
Interrogé sur les déclarations qu'il avait tenues après l'attentat de la rue Copernic en 1980 ("un attentat odieux qui voulait frapper les Juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents", avait-il déclaré en 1980) Raymond Barre rappelle que "dans la même déclaration", il avait dit que "la Communauté juive ne peut pas être séparée de la Communauté française". Par ailleurs, il affirme avoir parlé de "Français innocents" parce que "les Français n'étaient pas du tout liés à cette affaire".
Victime d'une "clique" qui veut le "faire apparaître comme antisémite"
Dans cette interview sur France Culture, Raymond Barre avait par ailleurs dédouané Maurice Papon pour son rôle sous l'Occupation : Papon a eu raison, dit-il, de rester à son poste à la préfecture de Gironde parce qu'il fallait "faire fonctionner la France", affirmant que seul un sujet d'"un intérêt national majeur" eût justifié une démission. A propos de Bruno Gollnisch, condamné pour propos négationnistes, Raymond Barre a maintenu sa position : "J'ai dit que je blâmais ce qu'il avait dit mais que pour le reste, je l'avais connu et que c'était un homme bien".
Dans l'émission des grosses têtes, qui sera diffusée jeudi sur RTL, l'ancien Premier ministre s'est estimé être victime d'une "clique" qui veut le "faire apparaître comme antisémite". "Je dois dire" a-t-il ajouté, "que les procédés sont très singuliers mais que cela me laisse totalement indifférent et c'est mon indifférence qui les outrage". Raymond Barre rappelle qu'il a témoigné au procès de Maurice Papon, de même que l'ancien ministre Olivier Guichard. "On ne peut pas nous soupçonner d'être collaborationnistes, ni d'être antisémites", a-t-il insisté.
D'après agences
Retour MYTF1
Chargement en cours...




