Régions actionnaires : le "oui mais" de Bayrou

le 03 mars 2007 à 09h18 , mis à jour le 03 mars 2007 à 10h41

L'idée de huit régions d'entrer dans le capital d'EADS pour peser sur les décisions concernant Airbus lui semble "sympathique", pas forcément efficace.

François Bayrou est l'invité de "J'ai une question à vous poser" le 26 février.François Bayrou est l'invité de "J'ai une question à vous poser" le 26 février. © TF1-LCI

Pas mal, mais... copie à amender : en déplacement vendredi à Epinal, le président de l'UDF et candidat à l'élection présidentielle s'est exprimé à son tour sur le dossier Airbus... et sur la proposition faite par huit régions de devenir actionnaires d'EADS pour peser sur les décisions du groupe et limiter la "casse" du plan social Power 8 au sein de l'avionneur européen, sa filiale. Une proposition que François Bayrou juge avec sympathie... mais sans enthousiasme.

"Je trouve que ce n'est pas une mauvaise idée. Simplement, il ne faut pas se faire d'illusion : les régions françaises n'ont pas la possibilité d'intervenir financièrement avec l'argent du contribuable pour entrer dans Airbus comme les régions allemandes", a-t-il estimé. Et de se livrer au petit jeu des comparaisons : en Allemagne, "les régions sont 10 ou 15 fois plus puissantes que les régions françaises", a ajouté le candidat centriste. Il a estimé toutefois "positif ou sympathique que l'on fasse entrer les régions. Je n'y vois que des avantages mais ne nous faisons pas d'illusion dans leur niveau de participation".

Pour le candidat centriste, "Airbus est en train de payer l'addition de défaut de commandement à l'intérieur. C'est une entreprise où l'on a passé beaucoup de temps en guerre les uns contre les autres avec des connotations politiques plutôt que de s'intéresser à la bonne marche de l'entreprise. La question, c'était : ' qui va être chef ? ' Cela a épuisé une grande partie de l'énergie de l'entreprise et on paye les pots cassés aujourd'hui. Je trouve cela très triste".

D'après agence

"La loi du plus fort" contre "la loi du plus juste"

"Il y a un modèle de société qui est train de dominer le monde qui est la loi du plus fort (...) En France, on veut la loi du plus juste (...) C'est en ce sens que les Français imposeront leur choix". Cette dénonciation de la "loi du plus fort" et cette ode à la "loi du plus juste" ont pour auteur François Bayrou, qui s'exprimait vendredi à Epinal. "Les Français n'ont pas peur du changement mais ils veulent qu'il soit juste parce qu'ils veulent que ce changement reste dans leur modèle de société", a-t-il ajouté, estimant que les Français souhaitaient que "les idéaux républicains demeurent". Et de marteler : "Je leur donne raison. Je pense que la France n'a pas à accepter un modèle de société qui ne soit pas le sien".

le 03 mars 2007 à 09:18
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