Salariés d'Airbus après l'annonce du plan "Power 8" © TF1/LCIQuel rôle de l'Etat dans l'économie ? Jusqu'alors, cette question fleurait bon les campagnes des années 80 et 90 et brillait ces dernières semaines pas son absence. Mais la crise d'Airbus devenant le conflit social de la présidentielle, ce débat resurgit et les candidats s'affrontent dans une reconstitution d'un clivage droite-gauche. Sarkozy et Bayrou d'un côté, Royal de l'autre présentent des solutions divergentes pour venir en aide aux milliers de salariés de l'avionneur qui manifestent aujourd'hui un peu partout en France. .
Lundi à Toulouse, les candidats de l'UDF et de l'UMP ont affirmé que l'Etat n'avait pas vocation à monter seul dans le capital d'EADS, une position partagée par le Premier ministre qui suit personnellement ce dossier depuis quelques jours. Dominique de Villepin, a indiqué que l'Etat était "prêt à participer, avec les autres actionnaires, à toute augmentation de capital" d'EADS, "jugée nécessaire par l'entreprise". Le capital d'EADS est partagé entre actionnaires français et allemands, avec d'un côté l'Etat français (15%) et Lagardère et de l'autre DaimlerChrysler (15%) et un consortium d'investisseurs (7,5%) incluant des régions allemandes (Länder).
L'Etat en soutien transitoire ?
A droite et au centre donc, on ne veut pas d'une reprise en main par la puissance publique de l'entreprise mais l'Etat doit tenir sa place si une recapitalisation est décidée par les actionnaires. La parole est aux actionnaires, l'Etat n'est qu'un soutien transitoire. De son côté, Ségolène Royal définit une ligne fidèle à la tradition interventionniste de la gauche. La candidate a en effet proposé lundi une montée de l'Etat dans le capital d'EADS, mais également des 8 régions socialistes concernées par l'aéronautique, une collectivité locale à laquelle elle assigne un rôle prépondérant dans la gestion de l'économie.
Si ses rivaux ont jugé "ridicule" cette suggestion car trop coûteuse, ils ne se dissocient pas d'un réel volontarisme industriel. Ainsi, s'il est élu, Nicolas Sarkozy a promis de faire pour Airbus ce qu'il avait fait "pour sauver Alstom" lorsqu'il était à Bercy. En réalité, en France, l'Etat est toujours de retour en cas de crise industrielle, qui plus est en campagne électorale. Le clivage droite-gauche s'efface un peu derrière la nécessité de venir au chevet de milliers de salariés... et d'électeurs.
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