Nicolas Sarkozy, le 11 février 2007, à la Mutualité © TF1-LCILe thème de l'immigration revient en force dans la campagne. Politiques et associations de défense des droits de l'homme se sont succédé toute la journée de vendredi pour exprimer leur opposition au projet de Nicolas Sarkozy d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale". Invité de l'émission "A vous de juger" jeudi sur France 2, Nicolas Sarkozy avait avancé cette idée, arguant du fait qu' "aujourd'hui ce dossier est éclaté en trois ministères différents". Vendredi soir lors d'un meeting à Caen, le ministre-candidat a défendu son idée : "l'identité de la France est au coeur de la campagne". "A ceux qui veulent vivre en France, nous voulons offrir la fierté d'être Français. Ceux qui méprisent la France, ceux qui la haïssent ne sont pas obligés d'y demeurer".
Quoi qu'il en soit, c'est François Bayrou qui a ouvert le feu au micro d'Europe 1 vendredi matin. Le leader centriste a dénoncé la radicalisation du président de l'UMP. "Enfermer dans la même phrase immigration et identité nationale, je ne sais pas si vous voyez ce que ça cherche à évoquer mais je dis qu'il y a là une frontière franchie", a-t-il ainsi déclaré. Il a réitéré vendredi soir à Perpignan son opposition à cette idée, affirmant : "l'identité nationale, elle a un nom et c'est la République". Il a même appelé la centriste Simone Veil, fraîchement ralliée à Nicolas Sarkozy, "à intervenir au nom de ce qu'elle est et des responsabilités qu'elle a exercées pour dire qu'il est impossible qu'on envisage de faire en France" un tel ministère.
Même son de cloche au PS. "Je crains vraiment que dans cette campagne - on avait déjà suffisamment de signes - Nicolas Sarkozy ne soit dans un flirt poussé avec les thèses du FN", a affirmé François Hollande sur France Info. Des mots identiques pour Dominique Strauss-Kahn, qui a dénoncé sur France 2 le "flirt de plus en plus manifeste de Nicolas Sarkozy avec l'extrême-droite". Avant de conclure : "Il n'y a pour moi qu'un changement possible dans le pays, c'est celui qu'aujourd'hui représente Ségolène Royal". Enfin, Marie-George Buffet a accusé le président de l'UMP d'être "dangereux pour la démocratie" et de "donner des gages aux thèses xénophobes et racistes du Front national".
Dati au secours de Sarkozy
De leur côté, les associations anti-racisme désapprouvent la proposition du candidat UMP avec la même fermeté. Pour SOS racisme, ce projet "renvoie à une curieuse association d'idée : l'immigré se voit immédiatement suspecté dans une telle vision de mettre en danger une identité nationale à laquelle il a pourtant le droit de participer". Le Mrap n'est pas plus tendre avec Nicolas Sarkozy. Pour le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, le président de l'UMP "n'a évidemment pas utilisé ces termes par hasard mais en associant ces termes, il libère la parole et l'idéologie raciste, il menace gravement la cohésion nationale, il fait ainsi un choix de société, celui du rejet de l'autre, dans une logique de division incendiaire".
A l'UMP, on contre-attaque. La porte-parole de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, elle-même issue de l'immigration, s'est efforcée de réfuter les condamnations morales dont Nicolas Sarkozy fait l'objet. "L'immigration et l'identité nationale, personne n'est propriétaire de ces mots. Il n'y a rien de choquant, ni aucune connotation à immigration et identité nationale. Ce serait faire injure aux Français qui sont d'origine étrangère" a-t-elle déclaré lors de son point presse.
Avec agence
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