"Mission président, Géopolitical simulator" © TF1/LCIA un mois du premier tour de la présidentielle, la date de sortie n'est évidemment pas anodine. La dessin sur le boîtier non plus : deux ombres qui rappellent comme deux gouttes d'eau Ségolène Royal sur la gauche et Nicolas Sarkozy sur la droite. Mais pas de malentendu : Mission président : Geopolitical simulator n'est pas uniquement centré sur la France. Sa base documentaire économique et politique -plus de 150 pays passés au crible dans leur situation de 2007- n'a d'ailleurs rien à envier aux livres annuels décryptant l'état du monde.
L'objectif du jeu : chef d'Etat, vous devez gérer quotidiennement votre pays, en vous appuyant sur onze "super ministères", ou remplir des missions précises -être réélu, faire baisser le taux de chômage... Chaque décision -augmentation des impôts, baisse des crédits à un ministère, signature d'un traité commercial ou international...- influe sur votre cote de popularité et donc votre réussite. Vous devez prendre en compte la météo, les risques naturels, les réactions des lobbys, les actions de vos alliés à l'autre bout du monde...
Comme tout jeu de management, "Mission président" souffre de ses qualités. Sa prise en main -avec notamment un didacticiel assez limité- s'avère austère et longue pour gérer la multitude d'options offertes. A l'exception d'un planisphère en 3D, il ne brille pas non plus par son interface graphique, mais il est vrai que ce n'est pas ce qu'on lui demande. Surtout, plusieurs bugs gênants (comme sur l'augmentation ou la dimunation des budgets !) et une Intelligence artificielle défaillante (voir le test ci-dessous) ne permettent pas de profiter pleinement du jeu.
Notre test |
Notre mission : augmenter l'âge de la retraite à 63 ans. Nous commençons de manière très classique en convoquant les syndicats et les différents partis pour voir leurs réactions. Avec eux, le consensus est général : dans un premier temps, le passage de 60 à 61 ans passe comme une lettre à la poste. Mais pas dans l'opinion : notre cote de popularité (par défaut à 50% au début de chaque partie) tombe à 44%. Pour la remonter, nous envisageons une mesure sociale très populaire : l'augmentation du SMIC à 1 500 euros. Raté : notre majorité de droite bloque la loi à l'Assemblée. Assez bizarrement, des manifestations contre le texte sont également organisées par les salariés ! Résultat : après seulement dix jours de pouvoir, nous sommes déjà en dessous 40%. Pour y remédier, une mesure radicale et totalement disproportionnée : l'instauration de la loi martiale. Bingo : en deux jours, notre président passe à 65% d'opinions favorables. C'est à ce moment que nous lui faisons "péter les plombs". Pour tester le "wargame", nous donnons comme ordre à l'armée d'envahir la Belgique. Sur le terrain, l'effet est immédiat : les unités françaises franchissent facilement le Quiévrain et attaque les villes belges. Dans les coulisses diplomatiques, c'est une autre affaire : l'attitude française est immédiatement condamnée, les messages d'indignation se succèdent les uns après les autres... Sur le plan économique, c'est la catastrophe : les entreprises, privées de main d'œuvre masculine, sont au chômage technique et le PIB chute. Tout comme la cote du président, qui tombe à ...0% ! La France est alors en état de siège, les manifestations se multiplient. Notre président "fou" limoge alors son Premier ministre, remplacé par un acteur populaire (!) et ordonne l'assassinat d'un leader syndical. Evidemment, rien n'y fait : il reste à 0%. Mais semble garder de l'influence : en exprimant publiquement son soutien à son nouveau Premier ministre, celui-ci atteint la cote de 100% (!) tandis que d'autres membres du gouvernement repassent dans le vert. Vient alors une tentative de conciliation avec le Premier ministre belge. Mais au programme, nous mettons, non pas un traité de paix, mais un traité commercial. La France propose d'acheter 1 000 litres de bière par an pendant trois ans à son voisin, en échange de l'achat de bois. Et comme l'argent fait tourner le monde, malgré les armes chimiques que nous avons envoyées sur Bruxelles, le Premier ministre belge accepte -à moins que l'Intelligence artificielle ne prenne pas ce paramètre en compte ! Pas le temps pour autant de s'en réjouir. L'Italie et l'Allemagne sont en effet entrées en guerre contre nous pour soutenir la Belgique. Très rapidement, la situation est catastrophique : les régions françaises tombent les unes après les autres et le spectre de la capitulation apparaît. Il est alors temps de proposer un traité de paix à la Belgique. Celle-ci accepte. Mais cela ne sauvera pas notre président : à peine une semaine après son attaque, le palais présidentiel est pris d'assaut et il doit s'enfuir en pleine nuit. Non sans avoir contemplé le résultat de ses "errements" : l'Europe est à feu et à sang puisque l'Allemagne a aussi attaqué la Belgique après la capitulation française... Un nouveau bug de l'Intelligence artificielle ? |
Mission President : Geopolitical simulator. (Mindscape-Everstim, 39,99€)
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