Alliance PS-UDF : Royal et Sarkozy contre, Bayrou se félicite

Par D.H. (avec agence), le 15 avril 2007 à 14h28 , mis à jour le 15 avril 2007 à 21h11

Après l'appel de Rocard et Kouchner à une "alliance" PS-UDF, la principale concernée se dit contre tout "petits arrangements" avec Bayrou.

ségolène royal françois bayrouSégolène Royal et François Bayrou © TF1/LCI

Retoquée, la suggestion de Michel Rocard, reprise dimanche par Bernard Kouchner (lire notre article). Ségolène Royal a répondu dimanche, lors du Forum Radio J (lire notre article), à l'appel à une "alliance" PS-UDF poiur l'élection. A une semaine du premier tour, elle s'est opposée à tout "petits arrangements avant le vote, dans le dos des électeurs". D'autant que la présidentielle est fondée sur "un lien direct entre une personne et le peuple français".

Et puis, François Bayrou "n'a pas de programme et pas d'équipe" et il "fait des appels d'offres", "il tente de débaucher un certain nombre de socialistes sans succès". "Comment se fait-il qu'un homme politique ait assez peu de convictions, soit assez faiblement structuré qu'il puisse avouer aux électeurs qu'il ne défendra pas les mêmes idées et le même programme selon qu'il sera face au candidat de droite ou face au candidat de gauche" au second tour, s'est-elle demandée. Du coup, la socialiste a au contraire appelé indirectement le centriste à la rallier : "entre les deux tours la majorité présidentielle se construira avec tous ceux qui viendront autour d'(elle) C'est la logique de l'élection présidentielle." Mais elle indique n'avoir "rien à négocier" ni "aucun compromis à passer" avec les 2 candidats de droite, dans une interview à paraître lundi dans plusieurs quotidiens de l'Ouest de la France (le Courrier de l'Ouest, Presse-Océan et le Maine Libre).

Sarkozy s'interroge, Royal plaisante

Pour une fois, ils sont d'accord. Nicolas Sarkozy, qui était dimanche à Aix-en-Provence, a lancé : "ce n'est pas ça les élections, ce n'est pas une combinaison d'appareils de partis". Selon lui, l'appel de Rocard et Kouchner illustre "une défiance envers le Parti socialiste". "Je pense aux électeurs de l'UDF qui n'ont jamais été à gauche et qui doivent trouver curieux que M. Bayrou commence à parler à M. Besancenot et se dit plus à gauche que Ségolène Royal", a-t-il ajouté. "Ca nous rappelle la IVè République : Rocard appelle Bayrou. Bayrou remercie Rocard (...) Hollande conteste, Mme Royal (dit) 'peut-être mais pas maintenant'...".

Et Ségolène Royal de revenir sur le sujet dimanche midi, après un discours à Achicourt, dans le Pas-de-Calais. En plaisantant cette fois : elle s'est demandé pourquoi la droite ne connaissait pas "ces fritures sur la ligne, ce genre de fantaisies" à la Rocard et Kouchner, regrettant que ça prenne sur "son temps de parole" dans les médias audiovisuels soumis à l'égalité entre candidats. "Donc, s'il y a en a trois ou quatre qui continuent la semaine prochaine, j'ai plus de temps de parole !", a-t-elle ajouté en riant. "Il y a toujours moins de discipline à gauche, c'est quand même un problème, il est temps de mettre de l'ordre juste".

Bayrou "très intéressé"

L'autre concerné par la proposition, François Bayrou, s'est pour sa part félicité dimanche, lors d'une visite au marché Talensac, dans le centre-ville de Nantes, que "les murs de Berlin qui existaient depuis des décennies sont en train de se fissurer". "Une nouvelle majorité est possible, avec des représentants d'un PS ouvert et constructif et de la droite républicaine", a-t-il estimé. Il note aussi des mouvements à droite vers le rassemblement. "Il y a beaucoup de gens à droite comme à gauche qui veulent une démocratie de réforme constructive et déterminée. J'ai été très intéressé par ce que Bernard Kouchner et Michel Rocard en ont dit." "C'est pour moi un très grand espoir de pouvoir rassembler au delà des clivages habituels", a-t-il commenté, appelant à "une majorité de rassemblement" que "des responsables y compris à l'intérieur du PS" réclament "malgré le verrouillage de l'appareil, malgré le fait que Ségolène Royal, François Hollande et quelques autres aient évidemment dit que c'était non".

C'est le cas de Laurent Fabius qui a déclaré dimanche qu'il n'était "pas question que le PS s'allie avec l'UDF". Le PS "est un parti de gauche. Il agit dans le cadre du rassemblement de la gauche et des Verts pour changer profondément la politique économique, sociale et européenne actuelle", a-t-il justifié.

Estimant "l'initiative de Michel Rocard infondée, inquiétante et dangereuse", même si "elle ne surprend pas", Robert Hue, ancien n°1 du PCF, lance pour sa part un appel à Marie-George Buffet et aux responsables du parti pour qu'ils disent "haut et fort" leur disponibilité à "participer pleinement" à une majorité de gauche, dans une tribune dans Libération (de lundi).

Par D.H. (avec agence) le 15 avril 2007 à 14:28
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