Les Unes de la presse quotidienne française au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 2007 © LCI-TF1Les photos de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal s'affichent à la Une des quotidiens en ce lundi matin. Des candidats tout sourire, seule La Tribune a choisi de les présenter graves et déterminés.
"Le duel annoncé aura bien lieu", annonce Le Parisien, qui semble oublier toutefois que jusqu'à dimanche encore les analystes s'interrogeaient sur la capacité de François Bayrou et Jean-Marie Le Pen à jouer les trublions. Reste que cette idée d'opposition belliqueuse se retrouve dans les titres des confrères : Le Figaro évoque un "duel au sommet" ; plus partisan, Libération n'hésite pas à y voir un "combat royal" tandis que Les Echos choisissent de souligner "l'affrontement entre deux camps très mobilisés". De ce mano à mano, résulte, selon La Tribune, "Le choc des projets".
"Beau dimanche"
Les journaux se félicitent en premier lieu de la participation "historique" (La Tribune) ou "record" (Le Figaro, Libération) des électeurs : 84,6%. Ce premier tour restera "un beau dimanche pour la démocratie" (La Voix du Nord). "La France a vécu hier une des plus grandes journées de son histoire politique. Il faut remonter à 1965 ou 1981 pour retrouver trace de pareil engouement à l'occasion d'une consultation électorale", écrit Sud-Ouest. "Il y a déjà un grand gagnant à cette élection présidentielle : c'est le peuple français", claironnent La Tribune mais aussi La République du Centre dans des termes similaires.
"Finalement,
"Finalement, la politique intéresse encore", pointe Le Républicain lorrain. "A tous ceux qui nous assénaient depuis dix ans que nous vivions la fin de la politique, le désenchantement absolu, ce dimanche 22 avril sonne comme un joyeux démenti (...) une belle manière d'effacer le 21 avril" 2002, analyse Le Figaro. Les Français ont "exorcisé ce traumatisme en reprenant massivement le chemin des urnes" (La Charente libre).
la politique
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Deuxième conséquence de cette mobilisation colossale : Le "vote utile a joué à plein" notent L'Alsace et L'Est républicain, soulignant que "les petits candidats" en ont fait les frais. Mais le "grand vaincu" (Le Parisien) est Jean-Marie Le Pen (10,51% des suffrages), "qui aura visiblement effectué le combat de trop" (Le Télégramme). Le Courrier picard remarque également "la quasi disparition du Parti communiste du paysage politique, une descente aux enfers que l'on aurait quasiment programmée".
Retour à la bipolarisation
"C'est un choix clair et net qu'ont fait les Français hier (...) Droite contre gauche", résume L'Indépendant du Midi. "Entre Nicolas Sarkozy d'un côté, Ségolène Royal de l'autre, l'alternative est claire, il s'agit d'une confrontation entre deux visions de la France, entre deux manières de faire de la politique", insiste Ouest-France.
Donné favori par les sondages, Nicolas Sarkozy, pourtant, "crée la surprise" (les Echos) avec son score élevé : 31,1% des votes. Un "score historique", note Le Figaro, "qui explique en partie le faible score du Front national" (L'Indépendant du Midi). "Il est le vainqueur incontestable du premier tour", affirme Le Progrès.
Avec 25,8% des suffrages, "Ségolène Royal peut également s'estimer victorieuse, pour la seule raison d'être présente au second tour", estime Le Progrès. Et de poursuivre : "Mais son exploit personnel est ailleurs: avoir imposé, dans la plus machiste des démocraties occidentales, la possibilité d'une femme présidente de la République". "Que de procès cette femme a dû affronter ! (...) Jamais encore un candidat à l'Elysée désigné par un grand parti n'avait été traité de la sorte", déplore Libération Champagne.
Bayrou, l'homme pivot
"Paradoxalement, souligne La République du Centre, l'affrontement droite-gauche qui se redessine intervient au moment où émerge une force nouvelle au centre." Malgré sa troisième place (18,55%), François Bayrou "devient l'homme pivot du 6 mai. Celui qui tient entre ses mains le sort de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal" (L'Est républicain). Paradoxe que souligne La Charente libre : "Aujourd'hui, ce sont les millions de Français qui ont voté pour lui qui détiennent les clés d'un choix qu'il entendait transcender".
Le Courrier picard
La Montagne écrit que "les deux candidats encore en piste" vont devoir se livrer à "une gymnastique compliquée : se concilier [l'électorat centriste] sans faire fuir, le Front national, pour Nicolas Sarkozy, l'extrême gauche, le PC et les Verts, pour Ségolène Royal". "Tout va se négocier, tout va aussi se marchander, les tractations vont aller bon train et les débauchages spectaculaires aussi", avertit Le Courrier picard. Si duel il y a, il reste "ouvert", reconnaît la presse."Les tractations
vont aller
bon train et
les débauchages
spectaculaires
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Evoquant "l'alchimie du 2e tour d'une présidentielle", Le Journal de la Haute-Marne rappelle que "tout peut se jouer dans un face à face". "L'ultime épreuve sera aussi de nature psychologique, selon Les Echos : gagnera celui ou celle qui aura montré suffisamment de nerfs et de compétences pour endosser l'habit présidentiel."
Conseil de L'Union : "La seule stratégie du second tour est celle du rassemblement autour d'un projet réformiste indispensable pour redonner du souffle au pays et le sortir de son pessimisme économique et social". Attention à ne pas décevoir les Français qui, comme le fait remarquer La Croix, "ont le sentiment que quelque chose doit changer, peut changer". "Le vote d'hier ne vaut pas quitus, renchérit L'Alsace : la politique doit changer, ce message-là n'est pas effacé par le scrutin d'hier." Et La Tribune de prophétiser : "Le prochain président n'aura pas droit à l'erreur".
Pour Dominique de Montvallon, | Pour Renaud Dély, de Libération, |
Nicolas Beytout, du Figaro revient, |
Anita Hausser, |
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