Les candidats face aux femmes et aux futures élites

Par , le 05 avril 2007 à 18h58 , mis à jour le 06 avril 2007 à 21h41

"Elle" organisait jeudi le colloque "Ce que veulent les femmes" à Sciences-Po Paris avec huit candidats. Sarkozy, Royal et Bayrou s'y succédaient dans la matinée.

TF1/LCI Le forum "Elle", "ce que veulent les femmes", à Sciences-Po Paris, le 5 avril 2007Le forum "Elle", "ce que veulent les femmes", à Sciences-Po Paris, le 5 avril 2007 © TF1/LCI

Pour huit des candidats à la présidentielle, le forum "Ce que veulent les femmes" était l'occasion de faire coup double. Organisé par le magazine Elle sur la base d'un questionnaire auquel ont répondu plus de 200 000 femmes, ils leur permettaient tout d'abord de s'adresser à l'électorat féminin. La conférence se déroulant dans le grand amphithéâtre de Sciences-Po, c'était aussi l'occasion de tester leur popularité auprès des étudiants de l'une des écoles les plus réputées de la République.

Quelques minutes avant 9h, la salle principale est déjà pleine, les retardataires doivent se replier sur le balcon ou sur l'écran géant installé dans le hall. Nicolas Sarkozy, le premier à passer ce "grand oral", arrive dans un calme relatif. Sur fond d'applaudissements nourris ou polis, les "Sarko président ! " dominent les quelques sifflets. Echangeant des blagues avec la présentatrice du forum et la rédactrice en chef du mensuel, Nicolas Sarkozy commence par expliquer ses trois propositions principales pour les femmes : la mise en place des études dirigées pour les enfants après 16h30, le droit opposable à la garde d'enfants et un droit à la formation continue.

Royal superstar

Pendant environ une heure, le candidat UMP est sous le feu des questions : celles des internautes d'Elle, celles de la société civile et finalement des étudiantes de Sciences-Po. A plusieurs reprises -sur l'immigration, sur son duel verbal à distance avec Royal-, il recueillera à la fois des applaudissements et de faibles huées. A sa sortie, sa dizaine de partisans relancent les "Sarko président !".

Suit alors sa rivale socialiste. Et c'est peu dire que son entrée dans la "péniche", à l'heure de pointe -il est alors environ 10h15-, est très attendue. Les hommes de la sécurité et les hôtesses doivent former une chaîne de protection pour lui permettre d'avancer alors que nombre de ses militants, certains habillés d'un t-shirt ne dissimulant rien de leurs opinions, scandent "Ségolène présidente !". La cohue est telle que la candidate PS est dissimulée derrière une haie de caméras et de gardes du corps. "Elle est où ? On ne la voit même pas", lancent, dépités, étudiants et personnels de l'établissement, entassés dans les escaliers. Après une prestation où, comme son prédécesseur elle essuiera applaudissements et sifflets, sa sortie sera une nouvelle fois digne du festival de Cannes. "Je trouve néanmoins qu'elle a manqué de courage en esquivant par exemple une question sur les 35 heures pour les profs", souligne Benjamin, en 1ère année.

Manif anti-Le Pen 

Dernier candidat de la matinée : François Bayrou. Son arrivée est également très guettée. Mais les "Bayrou président !" de ses sympathisants au t-shirt orange sont étouffés par les "Ségolène présidente" des troupes socialistes. Comme ses devanciers, le candidat UDF, qui recueillera des applaudissements plus limités mais qui évitera les sifflets, décline ensuite ses idées devant une salle bondée mais en partie pressée d'aller déjeuner. "J'avais peur que le forum soit trop centré sur les femmes et les féminismes. Mais les questions ont finalement été assez larges. Et je suis très satisfait de ce que j'ai entendu de Bayrou. Cela ne fait que conforter mon choix", affirme Nicolas, en 2e année.

Après une courte pause, suivront Olivier Besancenot, José Bové, Dominique Voynet, Marie-George Buffet et surtout Jean-Marie Le Pen en fin de colloque. Le leader du Front national n'est pas le bienvenu. Il est accueilli par une manifestation et il découvre une banderole "F comme fascisme , N comme nazi, non au Front national" dans l'amphithéâtre -rien de bien surprenant diront les anciens de l'école de la rue St-Guillaume. Mais, habitué de ces réceptions houleuses, le chef du FN sera en fait galvanisé par cette adversité.

Par Fabrice Aubert le 05 avril 2007 à 18:58
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17 Commentaires

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  • Clarisse, le 06/04/2007 à 21h06

    Je suis moi même étudiante à Sciences-Po, mais je n'étais pas là hier (je suis en séjour d'étude à l'étranger pour un an). Je suis d'accord avec le fait que l'accueil pour Le Pen était disproportionné, même si je pense qu'il fallait que quelque chose soit fait pour dénoncer ses propos et idées anti-républicaines. En revanche, je suis aussi choquée par les commentaires haineux concernant cette école et ses élèves. J'avoue ne pas les comprendre. Les étudiants sont donc "une clique de profiteurs qui vivent sur le dos" de la France... Je trouve ça injuste, et infondé. Je ne comprends pas. Je crois pouvoir dire au nom de chaque étudiant que nous essayons de travailler dur, que nous ne venons pas tous de familles favorisées et que pour en arriver là, beaucoup d'entre nous ont du faire des sacrifices. Je ne considère en aucune manière être l'élite de la nation et je sais que je dois encore faire mes preuves dans ce monde. Tout ce que j'espère aujourd'hui, c'est obtenir un travail où je pourrais être utile et compétente.

  • Vanessa Lemazurier, le 06/04/2007 à 17h24

    Hier, j'ai assisté pour la 1ère fois à un meeting du leader du Front National... C'était à Sciences-Po et il devait y être question des femmes... Marine Le Pen était ravie: son père n'a pas changé et c'est cela qu'il était venu démontrer hier face à une assemblée d'étudiants forcément hostiles. Ne dit-on pas que nous sommes les plus manipulables? Tout y était : l'immigration zéro, le refus de reconnaître que les étrangers avaient contribué à la reconstuction de la France, le refus de l'aide aux malades étrangers, (surtout lorsqu'ils sont atteints par le sida) et évidemment la masturbation plutôt qu'une sexualité épanouie... ça fait froid dans l dos. D'ailleurs Laurence Ferrari en animatrice de ce rendez-vous n'en menait pas large, elle s'est finalement rangée derrière M. Le Pen, (par peur de prendre un coups????) Rien n'était maîtrisé et on se demande alors quel était l'objectif recherché. Ce temps fort a placé chacun dans son rôle, Sarkozy en dragueur généralisé faisant du rentre-dedans à la même Laurence Ferrari que ça semblait amuser... Personne n'a semblé étonné de le voir ressortir un énième droit opposable, celui-là pour la garde des enfants, ni par les contradictions dans ses propositions, ou encore par son mépris à l'égard des femmes qui gagnent leur vie "en s'allongeant". Consensus mou, quand tu nous tiens! François Bayrou en a été la meilleure illustration. Les journalistes interrogent Voynet sur les déchets ménagers, Bové sur les OGM, normal, quoi... Heureusement ce matin, en lisant les échos dans la presse, j'ai cru comprendre que "le temps des femmes était venu"...

  • Fy1988, le 06/04/2007 à 17h16

    François Bayrou a connu hier un très large succès. Des applaudissements, aucun sifflement... les autres candidats ne pourront pas en dire autant. Les bayrouistes à Sciences Po sont plus présents et touchent un plus large public que les jeunes socialistes. Et pourquoi laisser entendre que le public écoutait plus son estomac se contracter que F. Bayrou présenter son projet, et ses propositions ?

  • Pierre, le 06/04/2007 à 14h24

    Petit rappel historique à Mr Sarkozy: la persécution systématique de personnes au sein d'une société sous des prétextes fragiles, faux ou exagérés : exemple, la chasse aux sorcières (sympathisants communistes) pendant le Maccarthisme aux États-Unis).Wikipédia

  • Roucoucou, le 06/04/2007 à 10h55

    C est bien beau de vouloir mettre la femmes au foyer mais combien de femmes sont battues violées humiliées par leurs conjoints ou maris du fait qu'elle n'ont pas de travail et dependent de ces hommes là,une honte..mais nous somme la moitié du pays à voter ne l'oubliez pas et mettre la faute aux femmes est d'une lacheté...je ne suis pas feministe du tout,mais je parle de réalité que je vois dans la vie de tous les jours...on assiste à un racisme contre les femmes,je pense pas que mon message va passer

  • Paul, le 06/04/2007 à 10h09

    La future élite ? Faut quand même pas exagérer...

  • Pierre, le 06/04/2007 à 09h48

    Je ne suis pas pro le pen loin de là mais lui au moins a eu le courage d'affronter une foule hostile pas comme mr sarkosy qui a pretexter un retard d'avion imaginaire pour ne pas affronter la foule qui lui etait hostile a lyon...

  • Jacqueline, le 06/04/2007 à 08h39

    Forcément quand on entend le mot "Sciences Po", "élite", "femmes", on se prend à espérer que ce type de réunion se distingue des autres... Eh non, toujours les mêmes slogans, les mêmes questions, les mêmes hypocrisies et le même moralisme à deux cents d'euro...

  • Philippe, le 06/04/2007 à 01h58

    Cette soit disant grande école n'est plus que l'ombre d'elle même. Elle ne sert qu'à former une clique de profiteurs qui vivent sur le dos de la bête qu'est devenue la France. Il n'est donc pas surprenant que ces futurs cadres de l'UMPS s'en soient pris au seul candidat qui risque de leur enlever leur part du gateau. Quant aux slogans traitant M. Le Pen de "raciste", quel infantilisme inquiétant pour des individus censés représenter "l'élite" de la nation.

  • Richard, le 05/04/2007 à 23h45

    Les étudiants de sciences po nous ont donné un bel exemple de démocratie avec l'accueuil de Le Pen qui faut il le rappeler est candidat officiel. pauvre France!

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