Le forum "Elle", "ce que veulent les femmes", à Sciences-Po Paris, le 5 avril 2007 © TF1/LCIPour huit des candidats à la présidentielle, le forum "Ce que veulent les femmes" était l'occasion de faire coup double. Organisé par le magazine Elle sur la base d'un questionnaire auquel ont répondu plus de 200 000 femmes, ils leur permettaient tout d'abord de s'adresser à l'électorat féminin. La conférence se déroulant dans le grand amphithéâtre de Sciences-Po, c'était aussi l'occasion de tester leur popularité auprès des étudiants de l'une des écoles les plus réputées de la République.
Quelques minutes avant 9h, la salle principale est déjà pleine, les retardataires doivent se replier sur le balcon ou sur l'écran géant installé dans le hall. Nicolas Sarkozy, le premier à passer ce "grand oral", arrive dans un calme relatif. Sur fond d'applaudissements nourris ou polis, les "Sarko président ! " dominent les quelques sifflets. Echangeant des blagues avec la présentatrice du forum et la rédactrice en chef du mensuel, Nicolas Sarkozy commence par expliquer ses trois propositions principales pour les femmes : la mise en place des études dirigées pour les enfants après 16h30, le droit opposable à la garde d'enfants et un droit à la formation continue.
Royal superstar
Pendant environ une heure, le candidat UMP est sous le feu des questions : celles des internautes d'Elle, celles de la société civile et finalement des étudiantes de Sciences-Po. A plusieurs reprises -sur l'immigration, sur son duel verbal à distance avec Royal-, il recueillera à la fois des applaudissements et de faibles huées. A sa sortie, sa dizaine de partisans relancent les "Sarko président !".
Suit alors sa rivale socialiste. Et c'est peu dire que son entrée dans la "péniche", à l'heure de pointe -il est alors environ 10h15-, est très attendue. Les hommes de la sécurité et les hôtesses doivent former une chaîne de protection pour lui permettre d'avancer alors que nombre de ses militants, certains habillés d'un t-shirt ne dissimulant rien de leurs opinions, scandent "Ségolène présidente !". La cohue est telle que la candidate PS est dissimulée derrière une haie de caméras et de gardes du corps. "Elle est où ? On ne la voit même pas", lancent, dépités, étudiants et personnels de l'établissement, entassés dans les escaliers. Après une prestation où, comme son prédécesseur elle essuiera applaudissements et sifflets, sa sortie sera une nouvelle fois digne du festival de Cannes. "Je trouve néanmoins qu'elle a manqué de courage en esquivant par exemple une question sur les 35 heures pour les profs", souligne Benjamin, en 1ère année.
Manif anti-Le Pen
Dernier candidat de la matinée : François Bayrou. Son arrivée est également très guettée. Mais les "Bayrou président !" de ses sympathisants au t-shirt orange sont étouffés par les "Ségolène présidente" des troupes socialistes. Comme ses devanciers, le candidat UDF, qui recueillera des applaudissements plus limités mais qui évitera les sifflets, décline ensuite ses idées devant une salle bondée mais en partie pressée d'aller déjeuner. "J'avais peur que le forum soit trop centré sur les femmes et les féminismes. Mais les questions ont finalement été assez larges. Et je suis très satisfait de ce que j'ai entendu de Bayrou. Cela ne fait que conforter mon choix", affirme Nicolas, en 2e année.
Après une courte pause, suivront Olivier Besancenot, José Bové, Dominique Voynet, Marie-George Buffet et surtout Jean-Marie Le Pen en fin de colloque. Le leader du Front national n'est pas le bienvenu. Il est accueilli par une manifestation et il découvre une banderole "F comme fascisme , N comme nazi, non au Front national" dans l'amphithéâtre -rien de bien surprenant diront les anciens de l'école de la rue St-Guillaume. Mais, habitué de ces réceptions houleuses, le chef du FN sera en fait galvanisé par cette adversité.
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