Les candidats font leur profession de foi

le 04 avril 2007 à 12h38 , mis à jour le 04 avril 2007 à 13h18

Interrogés par le magazine "La Vie", les candidats à la présidentielle se sont exprimés sur leur rapport à Dieu et le rôle de la religion dans la société. LCI.fr a sélectionné pour vous quelques passages de leurs "confessions".

Les candidats font leur "profession de foi" dans "La Vie" du 5 avril.Les candidats font leur "profession de foi" dans "La Vie" du 5 avril. © La Vie

A quelques jours de Pâques, Dieu entre en campagne. Interrogés par le magazine "La Vie" à partir des douze mêmes questions, les candidats s'expriment sur leur rapport à Dieu et à la religion. Seule Arlette Laguiller a refusé de se prêter au jeu. Si tous affirment être attachés au principe de laïcité, certains n'hésitent cependant pas à affirmer clairement leurs convictions religieuses.

Bayrou : "Je n'obéis pas à l'Eglise lorsque je vote une loi"
"Tout le monde sait que je suis chrétien et pratiquant. En même temps, je n'obéis pas à l'Église lorsque je vote une loi. J'obéis à ma conscience de citoyen. Je ne confonds pas la foi et la loi. Cela s'appelle la laïcité".

Besancenot : "Je suis plus près d'un croyant engagé dans le soutien aux sans-papiers que d'un athée adorateur du Dieu profit"
"Je me sens plus près d'un croyant engagé dans le soutien aux sans-papiers que d'un athée... adorateur du Dieu profit. Sur la laïcité "à la française", mon jugement est nuancé. Je la juge positive dans la mesure où elle permet aux religions de s'exercer librement, sans influencer la sphère publique. Mais elle demeure ambiguë lorsqu'elle prétend que l'État est neutre, alors qu'il est toujours dominé par l'idéologie dominante".

Bové : "Ma référence est le Mahatma Gandhi"
"J'ai été baptisé et je suis allé au catéchisme. Au lycée, j'ai remis en cause le discours religieux qui me semblait insister moins sur le message évangélique que sur le maintien d'un ordre social. (...) Mon sage de référence demeure l'apôtre indien de la non-violence, le Mahatma Gandhi. En partant de sa propre culture et de la religion hindoue, il a réussi à intégrer ce qui permet à l'humanité d'avancer dans les autres traditions. Cette démarche m'inspire encore aujourd'hui".

Buffet : "Croire n'est pas tabou"
"J'ai été élevée dans un milieu catholique, mais je me sens proche de tous ceux et de toutes celles qui ont la dignité de chaque homme et de chaque femme au cœur, sans distinction de religion. Et je suis sans complaisance à l'égard des intégrismes. (...) Je ne crois pas que l'on puisse séparer sphère privée et sphère publique. La laïcité ne doit pas consister en une séparation factice, voire schizophrène, entre l'espace public et l'espace privé, cantonnant l'espace de la liberté d'opinion là où elle n'est pas visible. Croire n'est pas tabou".

Le Pen : "Liberté, égalité, fraternité sont des principes d'inspiration chrétienne"
"Comme la majorité des Français, je suis catholique mais, bien que croyant, je ne vais pas à la messe tous les dimanches. (...) En France, les valeurs morales fondant notre civilisation prennent leur source dans le christianisme. La liberté, l'égalité, la fraternité qui constituent la devise de la République française sont des principes d'inspiration chrétienne. (...) Les principes guidant mon action politique (...) prennent leur source dans les Évangiles puisqu'ils visent à donner une place à tous les membres de la société, notamment les plus vulnérables".

Nihous : "J'ai lu la Bible de A à Z"
"
Je suis athée et très attaché à la loi de 1905 et à tout ce qui permet de séparer l'État des religions. Je suis ainsi opposé aux récentes déclarations de Benoît XVI s'immisçant dans la vie publique italienne au sujet du mariage homosexuel. (...) À l'adolescence, j'ai lu des livres sur le bouddhisme, le Coran et la Bible de A à Z. J'estimais que cela faisait partie de la culture générale".

Royal : "La religion est une affaire privée"
"Il ne peut pas y avoir d'interférence entre les convictions religieuses et les affaires publiques. L'État doit garantir la liberté de culte, lorsqu'elle est pratiquée dans le respect des lois de la République, mais il ne doit favoriser aucune religion et ne doit pas être influencé par elles. (...) J'ai eu une éducation catholique. Certaines des valeurs que je porte en moi, je les dois, bien sûr, à mon éducation.".

Sarkozy : "Je prie quand je souffre"
"Je suis catholique. (...) Je prie quand je souffre, lors de la mort d'un ami, d'une souffrance familiale... J'ai prié devant la souffrance de certaines familles ou de certaines victimes que j'ai été amené à rencontrer dans mes fonctions de ministre de l'Intérieur. Il y a des souffrances qui sont tellement lourdes que vous êtes obligé de les décharger dans la prière. J'ai prié lors de la prise d'otages de l'école maternelle de Neuilly".

Schivardi : "Que Dieu ne se mêle pas des affaires des hommes"
"Je suis laïc, je n'ai donc aucune religion en particulier. (...) Si Dieu existe, j'aimerais lui dire "qu'il ne se mêle pas des affaires des hommes et qu'il demande à ses ouailles de respecter la liberté de conscience de chacun. Mais, comme il n'existe pas, cela restera un vœu pieux".

Villiers : "J'essaie d'aller à la messe tous les dimanches mais c'est difficile"
"Je suis citoyen français, élevé dans la religion catholique. Je reste aujourd'hui attaché au patrimoine de l'Église catholique, fondée il y a 2000 ans. J'essaye d'aller à la messe tous les dimanches, même si cela m'est parfois difficile, pour des raisons d'emploi du temps. (...) J'ai longtemps médité le mot fondateur de notre civilisation, présent dans l'Évangile : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui appartient". Cet aphorisme, qui établit le principe de laïcité, nourrit ainsi ma réflexion sur les dangers du communautarisme islamique en France. Car dans l'Islam, la phrase est plutôt : Rendez à Allah ce qui est à César et à Allah ce qui est à Allah".

Voynet : "Si Dieu existe, j'aimerais lui dire : qu'est-ce que tu fous ?"
"Je suis athée et je ne me sens proche d'aucune religion. Mais je crois utile de connaître l'histoire et les mythes des principales religions, pour comprendre le monde dans lequel nous vivons (...). Si Dieu existe, j'aimerais lui dire : qu'est-ce que tu fous ?".

Sarkozy fait marche arrière sur la loi de 1905

Le candidat UMP renonce à modifier la loi de 1905 sur la séparation des cultes et de l'Etat, indique-t-il dans une interview au quotidien La Croix de mercredi. "Je poursuivrai la discussion avec l'ensemble des religions. C'est un sujet sur lequel on ne peut avancer sans consensus". A propos des suites qu'il compte donner au rapport Machelon sur les modifications à apporter à la loi de 1905, il répond qu'il "n'avancera pas sur ce sujet tant qu'il n'y aura pas de consensus en la matière". Dans sa lettre de mission à Jean-Pierre Machelon, remise il y a près d'un an, Nicolas Sarkozy se déclarait pourtant "convaincu de la nécessité d'apporter aujourd'hui un certain nombre d'amendements au corpus des textes" régissant la laïcité française, pour répondre en particulier au manque de lieux de culte pour l'islam, deuxième religion de France.
                                                                                                                                          Avec agence

le 04 avril 2007 à 12:38
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

22 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bosiv, le 05/04/2007 à 13h49

    Croyons mes frères et nous serons crus. Croyons en nos candidats ou faisont semblant de croire afin qu'ils croient qu'on croit. A chacun son chemin de croix.

  • Pti louis, le 05/04/2007 à 13h46

    Dans cette histoire je n'aurais confiance que dans les athés. Je suis consterné de voir que des hommes ou femmes qui se destinent à la plus haute magistrature de l'état puisse encore croire à ces fadaises et autres bondieuseries, dieu c'est un peu le père noël des adultes. Quand on le prie c'est un peu la liste de jouets qu'on espérait avoir quand on était enfant...curieux cette crédulité !

  • Georges, le 05/04/2007 à 11h43

    Il faudrait que mr sarkozy arrete de nous jouer le role de mr compation.Il suffit de comparer son intervention aux autres pour voir son hypocrisie.Attention il va nous faire le coup de "pleurez dans les chaumiers".

  • Jeanpierre, le 05/04/2007 à 09h50

    Certains candidats confondent athéisme etlaïcité, qu'ils révisent leur vocabulaire(Scivardi, Voynet..). La france est chrétienne.le renier par démagogie est une lâcheté.Est-ce que les pays islamiques intransigeants vis-à-vis de leur religion???

  • Laura, le 05/04/2007 à 08h54

    Les politiciens me font beaucoup rire.. ils parlent de sphère publique et sphère privé et puis ils s'étonnent de voir des gens qui s'enferment en communauté (...)

  • Rachid, le 04/04/2007 à 22h29

    C'est quoi le probleme de villiers? Pourquoi a-t'il tant de haine envers l'islam? Il est gonflant.

  • Dellia, le 04/04/2007 à 21h00

    Nihous de A à Z? Quelle prétention !Voynet ? Quelle vulgarité !Si la "religion est une affaire privée" elle n'en a pas moins pour autant une influence croissante dans "les affaires publiques".André Malraux,qui était visionnaire a écrit " Le XI siècle sera spirituel ou ne sera pas" Difficile dès lors de faire l'impasse sur les religions.

  • Christel, le 04/04/2007 à 20h29

    Interroger des candidats à l'election presisdentielle sur leur croyance ou non croyance quel intérêt? Nous ne sommes pas aux Etats-Unis où leur président mélange religion et politique! Dans quel monde vit-on?

  • Roucoucou, le 04/04/2007 à 20h07

    Je crois qu'on oublie en france les gens qui ne sont pas du tout dans la religion et nous sommes nombreux..que vient faire la religion dans la politique à part vouloir le pouvoir..je ne voterai pas pour un candidat parcequ'il est chretien musulman exct je voterai pour ce qu'il apportera dans notre pays

  • Laurent, le 04/04/2007 à 19h04

    De toute façon la religion n'a RIEN à faire dans la politique d'un pays civilisé moderne... et quand le pape vient à appeler les hommes politiques à voter contre des lois en faveur de l'avortement, de l'euthanasie ou des homos, il y a un mot pour ça : ingérence!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience