
LCI.fr : Comment expliquer le tassement de l'extrême-gauche ?
Fiammetta Venner : Le vote utile et le souvenir du 21 avril 2002 ont amené certains électeurs d'extrême-gauche à voter pour Ségolène Royal dès le premier tour, dans une sorte de référendum contre Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, le débat sur la laïcité et la manière dont il a été esquivé par certains partis d'extrême-gauche a laissé des traces dans cet électorat, souvent très attaché à cette valeur.
D'autres électeurs ont choisi de rester à l'extrême-gauche, par attachement aux idées de la gauche de la gauche, par refus du programme de la candidate socialiste, ou encore en souvenir du référendum sur la Constitution européenne. D'ailleurs selon les intentions de vote (22 avril, CSA), 37% des électeurs de Besancenot déclarent vouloir s'abstenir au second tour.
LCI.fr : Olivier Besancenot est-il le dernier relais de la gauche de la gauche ?
F.V. : Il semblerait en effet qu'il ait réussi à porter une parole convaincante.
LCI.fr : Quelles sont les raisons des très mauvais scores du PC et des Verts ?
F.V. : Le Parti communiste a accumulé ces dernières années toutes les bourdes possibles pour arriver à ce score, y compris dans les discussions sur la candidature unique. Il s'agit là d'une erreur stratégique.
Le score des Verts est lui aussi très faible. D'abord parce qu'il a été, en grande partie, grignoté par José Bové. Un certain nombre des membres de la campagne de l'altermondialiste viennent d'ailleurs des Verts. Et puis je pense que Dominique Voynet a payé cher son soutien à la Constitution européenne.
LCI.fr : Comment expliquer la chute de Jean-Marie Le Pen ?
F.V. : Le tassement de l'extrême-droite est relatif. Certes, Jean-Marie Le Pen a perdu un million de voix entre 2002 et 2007. Mais ses idées, elles, se sont diffusées. Il y a, du point de vue du discours, des thèmes qui étaient habituellement ceux de l'extrême droite et qui sont désormais ceux de Nicolas Sarkozy. 29% des personnes qui ont voté pour Jean-Marie Le Pen en 2002 ont voté cette année pour le candidat UMP. Cet abandon de la droite républicaine par Nicolas Sarkozy a d'ailleurs des conséquences dans les urnes : 12% des électeurs de François Bayrou viennent de l'UMP.
LCI.fr : Philippe de Villiers a-t-il fait un bon score ?
F.V. : Non. Car même si certaines des voix de Jean-Marie Le Pen se sont portées sur lui, il aurait pu beaucoup mieux faire.
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