Comment les expatriés vivent la campagne (2/2)

Par Fabrice AUBERT et Marianne COTIS, le 02 avril 2007 à 11h18 , mis à jour le 06 avril 2007 à 16h11

Témoignages - Regard extérieur sur les programmes, comparaison entre la France et leur pays d'accueil : les Français de l'étranger témoignent sur LCI.fr.

TF1-LCI/DR : Le palais de l'ElyséeLe palais de l'Elysée © Service photographique de la présidence de la République/D.Noizet

Les lecteurs français de LCI.fr vivant à l'étranger ont été nombreux à répondre à notre appel à témoins lancé le 27 mars pour savoir comment les expatriés suivaient et vivaient la campagne de l'extérieur. Nous les en remercions. Voici la seconde sélection de leurs témoignages.

"Pénible de discuter avec les Anglais"

A. De Crevoisier, Royaume-Uni

Il m'est pénible de discuter avec des Anglais car tout ce qui ressort de l'actualité française n'est que conflits de bas étage entre candidats et dénigrements de la police lors des affrontements avec des voyous, comme ceux de la gare du Nord par exemple.

Concernant le monde du travail, il semble qu'aujourd'hui, on est coupable si on gagne sa vie, qu'on devrait accepter de gagner moins pour que ceux qui ne font rien (et je parle uniquement ici de ceux qui ne font rien par choix, et malheureusement il y en a) puissent avoir plus. Ce n'est pas l'idée que je me fais d'une démocratie. Si on travaille, on gagne de l'argent. Sinon on n'en gagne pas (la question des allocations chômage n'est pas en jeu sur ce point). Pour moi les choses sont claires : si après les élections, il n'y a pas une réelle réorganisation des allocations pour ceux qui en ont vraiment besoin, que ceux qui les exploitent soient punis et que ceux qui travaillent soient laissés en paix, alors je ne reviendrai pas en France, je travaillerai à l'étranger. Même si malgré tout, j'aime mon pays.


"Bayrou ? Inconnu en Allemagne"

Alexandra, Allemagne

Je trouve que les médias allemands relaient assez peu les élections françaises. Avec mes collègues allemands, on en parle peu. Ils ne connaissent que Ségolène et Sarkozy. Bayrou ? Ici, il est inconnu au bataillon.


"Le débat sur l'identité nationale ne serait pas compris"

Romain, Etats-Unis

Entre Français de New York, on parle beaucoup de cette élection. En revanche, avec mes collègues américains traders, qui sont quasiment tous républicains, il est très difficile d'aborder le sujet. A part Bush, rien ne les intéresse, et surtout pas la politique française. Globalement, les Américains savent simplement que la bataille concerne surtout Royal et Sarkozy et que pour la première fois, une femme est en mesure de gagner.

Ici, le débat sur l'identité nationale ne serait pas compris. Tout le monde trouve normal de mettre le drapeau aux fenêtres et de chanter l'hymne national. Sur le fond, j'avais trouvé hallucinante la proposition de Strauss-Kahn de taxer les Français de l'étranger. Heureusement, Royal ne l'a pas conservée. Quel que soit le vainqueur, je n'ai pas l'intention de rentrer en France.

"Personne pour nous inciter à rentrer"

Noémie, Canada

Lundi dernier, nous avons voté pour élire notre Premier ministre (au Québec, pas au Canada) et nous nous retrouvons avec un gouvernement qui ressemble à ce que pourrait faire Bayrou. Ça fait peur ! C'était un vote protestataire, partagé, et je pense que c'est ce qui va se passer en France. Où sont les Général de Gaulle, René Lévesque et autres meneurs ? Il n'y en a pas, ni ici, ni en France. Il n'y a personne parmi les candidats qui puisse nous inciter à rentrer en France. Alors, à quoi bon voter ?

"Des CV de jeunes écoeurés par la France"

Gilles, Singapour

Ici, les gens ne s'intéressent pas du tout à la campagne française qui est d'ailleurs très peu relayée par les médias locaux. Je trouve que les candidats n'abordent aucun des vrais sujets : la mondialisation, la fiscalité, le financement de l'université, toutes ces questions sont absentes du débat actuel. C'est bien dommage car la France a de formidables atouts. Je reçois tous les mois des CV de jeunes diplômés français, écœurés par la France.

"Ce n'est plus mon problème"

Philippe, Ile Maurice

Je suis expat à l'Ile Maurice et pour tout vous dire, je fais partie de ceux qui ont quitté la France parce qu'ils ne se reconnaissaient plus dans ce pays. C'est comme si j'avais tiré la porte derrière moi. Alors les élections en France, ce n'est plus mon problème.

"Sarkozy plus à gauche que Blair"

Fabrice, Royaume-Uni

Je roule pour Sarkozy, comme beaucoup ici. Ce candidat est, à mon sens, plus à gauche que Tony Blair lui-même. Un point important : je vote pour Sarkozy en France, mais à Londres, où j'ai le droit de vote aux municipales, je ne vote pas à droite, mais pour les travaillistes. A méditer !

"Pas le sujet de préoccupation majeur"

Renaud, Népal

La petite communauté française de Katmandou -environ 200 personnes- aborde bien sûr le sujet. Mais ce n'est pas son principal sujet de préoccupation. Il s'agit surtout de gérer le quotidien avec les coupures d'eau, d'électricité et les problèmes politiques. Comme la presse française est péniblement distribuée, j'essaye de suivre la campagne via Internet, en surfant sur les sites d'infos et ceux des candidats. Pour l'instant, je suis assez déçu : après les attaques personnelles du début de campagne -j'étais alors en France-, je trouve les programmes assez creux, aucun des candidats ne s'engageant vraiment sur les problèmes actuels.


Par Fabrice AUBERT et Marianne COTIS le 02 avril 2007 à 11:18
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13 Commentaires

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  • Thierry, le 03/04/2007 à 16h47

    A l'internaute de Marseille : ce n'est pas parce que vous avez une famille que le départ est proscrit. Il y a encore des entreprises qui envoient leurs cadres en famille à l'étranger. Il est vrai toutefois que ça se fait rare. Un VIE coûte beaucoup moins cher qu'une famille d'expat.

  • Jerome mauris, le 03/04/2007 à 16h36

    Je trouve que c'est tres bien ce genre d'article. Vivant aux Etats Unis, je ne suis pas tres d'accord avec le francais vivant a NYC. Ici a Boston, les infos sont relayees dans les media (Boston globe, NY Time et washington post) bien sure tout les petits details ne sont pas discutes. Meme au labo ou je travail, (ou la majorite des gens sont Democrates) ils me posent des questions, la derniere etant sur les emeutes de gares du Nord et la recuperation dans la campagne. Sur ce qui est de la taxations des expats...pourquoi pas si quelqu un nous represente a l assamble nationale (et aussi avec d autres avantages dont jouissent les metropolitains). Maintenant revenor en France... meme pour une bonne raclette, la reponse est non. J'ai trop ete degoute quand j'ai cherche un travail apres etre sortie de l'ecole d'ingenieur!

  • Olivier, le 03/04/2007 à 16h31

    Bonjour Je suis bien d'accord avec ces témoignagnes. Expatrié depuis 1997 au Québec, ici nous avons des ouvertures pour créer actuellement j'ai une entreprise et je suis fonctionnaire au gouvernement fédéral, rien ne m'interdit de gagner ma vie avec plusieurs travails. J'ai aussi quitté mon pays à cause de l'insécurité. Ici on ne parle pas beaucoup de la campagne présidentielle dans les médias, certains de mes collégues de travail me posent des questions car ils regardent la télé française.

  • Olivier, le 03/04/2007 à 16h31

    Bonjour Je suis bien d'accord avec ces témoignagnes. Expatrié depuis 1997 au Québec, ici nous avons des ouvertures pour créer actuellement j'ai une entreprise et je suis fonctionnaire au gouvernement fédéral, rien ne m'interdit de gagner ma vie avec plusieurs travails. J'ai aussi quitté mon pays à cause de l'insécurité. Ici on ne parle pas beaucoup de la campagne présidentielle dans les médias, certains de mes collégues de travail me posent des questions car ils regardent la télé française.

  • Philippe, le 03/04/2007 à 15h12

    Je vis depuis 6 ans aux Etats-Unis ou je suis prof de langues etrangeres. Comme la vie de prof offre un salaire modere mais en contre partie pas mal de temps libre, j'ai cree une petite societe immobiliaire qui marche pas mal. Resultat: Je depasse largement les 35 heures par semaine et je suis parfois fatigue mais j'en suis tres heureux. Un jour je pense tout arreter et rentrer en France mais j'aurais aime pouvoir realiser tout cela en France. Il est triste de penser que c'est grace aux lois des autres pays que j'ai pu m'en sortir...en France on m'aurait interdit le cumul des emplois, interdit de faire plus de 35 heures (encore moins 50!)payer des charges sociales pour la societe immobiliaire, payer l'ISF...C'est tres decourageant....

  • Gregoire, le 03/04/2007 à 14h34

    Etant Français d'adoption et après avoir vécu en France pendant les derniers 23 ans j'envisage de la quitter pour... le bien de mes enfants. Le pays où en 2007 et en Europe, pratiquement la moitié des candidats "présidentiels" a des idées communistes-trotskistes et les propage à 50% de temps "d'antenne" me choque profondément. Je vois très sombre l'avenir de la France car elle n'a plus de vraies valeurs communes ni de projets.

  • Michel, le 03/04/2007 à 14h34

    Si c'est la gauche, je vends ma nationalité.

  • Yoann, le 03/04/2007 à 14h18

    Ici, la campagne n'interresse absolument pas les locaux. Les seules nouvelles de la campagne sont par internet principalement. On peut voir la france de temps a autre a la television lorsqu'il s'agit de montrer des emeutes (longuement couvertes pendant 2005, et encore recement avec la gare du nord). Ca ne donne d'ailleur pas une bonne publicite a la france qui est montree sous cet aspect plutot que le pays des vins, du romantisme et de la tour eiffel.

  • Oscar, le 03/04/2007 à 13h50

    En gros, à l'étranger tout le monde s'en fout de la campagne présidentielle Française ? Et oui, fallait pas voter non à l'Europe. Nous n'avons plus aucune crédibilité.

  • Jean Pierre, le 03/04/2007 à 13h49

    La France, vue d´ici, ressemble à un pays óu une minorité á la mentalité archaïque bloque tout un pays. Mes enfants sont bi-nationaux et franchement je ne les pousse pas á retourner au pays. Le seul qui semblerait vouloir changer profondément cela serait Nicholas Sarkozy.

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