Le palais de l'Elysée © Service photographique de la présidence de la République/D.NoizetLes lecteurs français de LCI.fr vivant à l'étranger ont été nombreux à répondre à notre appel à témoins lancé le 27 mars pour savoir comment les expatriés suivaient et vivaient la campagne de l'extérieur. Nous les en remercions. Voici la seconde sélection de leurs témoignages.
"Pénible de discuter avec les Anglais" A. De Crevoisier, Royaume-Uni |
Il m'est pénible de discuter avec des Anglais car tout ce qui ressort de l'actualité française n'est que conflits de bas étage entre candidats et dénigrements de la police lors des affrontements avec des voyous, comme ceux de la gare du Nord par exemple. Concernant le monde du travail, il semble qu'aujourd'hui, on est coupable si on gagne sa vie, qu'on devrait accepter de gagner moins pour que ceux qui ne font rien (et je parle uniquement ici de ceux qui ne font rien par choix, et malheureusement il y en a) puissent avoir plus. Ce n'est pas l'idée que je me fais d'une démocratie. Si on travaille, on gagne de l'argent. Sinon on n'en gagne pas (la question des allocations chômage n'est pas en jeu sur ce point). Pour moi les choses sont claires : si après les élections, il n'y a pas une réelle réorganisation des allocations pour ceux qui en ont vraiment besoin, que ceux qui les exploitent soient punis et que ceux qui travaillent soient laissés en paix, alors je ne reviendrai pas en France, je travaillerai à l'étranger. Même si malgré tout, j'aime mon pays. |
"Bayrou ? Inconnu en Allemagne" Alexandra, Allemagne |
Je trouve que les médias allemands relaient assez peu les élections françaises. Avec mes collègues allemands, on en parle peu. Ils ne connaissent que Ségolène et Sarkozy. Bayrou ? Ici, il est inconnu au bataillon. |
"Le débat sur l'identité nationale ne serait pas compris" Romain, Etats-Unis |
Entre Français de New York, on parle beaucoup de cette élection. En revanche, avec mes collègues américains traders, qui sont quasiment tous républicains, il est très difficile d'aborder le sujet. A part Bush, rien ne les intéresse, et surtout pas la politique française. Globalement, les Américains savent simplement que la bataille concerne surtout Royal et Sarkozy et que pour la première fois, une femme est en mesure de gagner. |
"Personne pour nous inciter à rentrer" Noémie, Canada |
Lundi dernier, nous avons voté pour élire notre Premier ministre (au Québec, pas au Canada) et nous nous retrouvons avec un gouvernement qui ressemble à ce que pourrait faire Bayrou. Ça fait peur ! C'était un vote protestataire, partagé, et je pense que c'est ce qui va se passer en France. Où sont les Général de Gaulle, René Lévesque et autres meneurs ? Il n'y en a pas, ni ici, ni en France. Il n'y a personne parmi les candidats qui puisse nous inciter à rentrer en France. Alors, à quoi bon voter ? |
"Des CV de jeunes écoeurés par la France" Gilles, Singapour |
Ici, les gens ne s'intéressent pas du tout à la campagne française qui est d'ailleurs très peu relayée par les médias locaux. Je trouve que les candidats n'abordent aucun des vrais sujets : la mondialisation, la fiscalité, le financement de l'université, toutes ces questions sont absentes du débat actuel. C'est bien dommage car la France a de formidables atouts. Je reçois tous les mois des CV de jeunes diplômés français, écœurés par la France. |
"Ce n'est plus mon problème" Philippe, Ile Maurice |
Je suis expat à l'Ile Maurice et pour tout vous dire, je fais partie de ceux qui ont quitté la France parce qu'ils ne se reconnaissaient plus dans ce pays. C'est comme si j'avais tiré la porte derrière moi. Alors les élections en France, ce n'est plus mon problème. |
"Sarkozy plus à gauche que Blair" Fabrice, Royaume-Uni |
Je roule pour Sarkozy, comme beaucoup ici. Ce candidat est, à mon sens, plus à gauche que Tony Blair lui-même. Un point important : je vote pour Sarkozy en France, mais à Londres, où j'ai le droit de vote aux municipales, je ne vote pas à droite, mais pour les travaillistes. A méditer ! |
"Pas le sujet de préoccupation majeur" Renaud, Népal |
La petite communauté française de Katmandou -environ 200 personnes- aborde bien sûr le sujet. Mais ce n'est pas son principal sujet de préoccupation. Il s'agit surtout de gérer le quotidien avec les coupures d'eau, d'électricité et les problèmes politiques. Comme la presse française est péniblement distribuée, j'essaye de suivre la campagne via Internet, en surfant sur les sites d'infos et ceux des candidats. Pour l'instant, je suis assez déçu : après les attaques personnelles du début de campagne -j'étais alors en France-, je trouve les programmes assez creux, aucun des candidats ne s'engageant vraiment sur les problèmes actuels. |
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