Nicolas Sarkozy © TF1-LCI"Qui peut me dire que c'est normal d'avoir envie de violer un petit enfant de trois ans? (...) A partir de ce moment là, quelle est la part de l'inné et la part de l'acquis ?" s'est demandé mardi matin le candidat UMP."Je me garderai bien de trancher", a-t-il encore nuancé dans l'après-midi, modérant cette fois considérablement les propos qu'il avait tenus dans un entretien avec le philosophe Michel Onfray et qui ont déclenché un tollé dans l'ensemble de la classe politique. Dans l'entretien publié par "Philosophie Magazine", Nicolas Sarkozy s'était dit "incliné (...) à penser qu'on naît pédophile". Il avait en outre estimé, à propos des jeunes qui se suicident, que "génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable".
Le candidat UDF François Bayrou avait ouvert le feu ce week-end qualifiant ces propos de "terriblement inquiétants" et "glaçants". Des scientifiques avaient également émis des mises en garde. L'ensemble de la classe politique leur a emboîté le pas en condamnant la théorie du candidat UMP. Certains y ont vu la preuve d'une conception inquiétante de la vie et de la société de la part de M. Sarkozy. La candidate PS Ségolène Royal est restée prudente dans un premier temps, "laissant les scientifiques répondre", avant que sa porte-parole Najat Belkacem n'y perçoive "le signe d'un programme profondément réactionnaire"."C'est inacceptable, profondément choquant et profondément inquiétant quant à la conception de la société" de M. Sarkozy, a renchéri mardi, le chef de file des députés PS Jean-Marc Ayrault.
"Propos d'un autre âge"
"Quelle monstruosité!", s'est indignée la candidate PCF Marie-George Buffet. Pour les Verts, les propos du candidat UMP renvoient "à un monde de castes et de sous-hommes, bien loin de nos démocraties". José Bové a dénoncé de son côté un "eugénisme" qui expliquerait chez M. Sarkozy "l'absence de politique de prévention" et "la mise au rancart des travailleurs sociaux". Après Jean-Marie Le Pen qui a ironisé sur des "déclarations absurdes", Philippe de Villiers a lui aussi pris le contre-pied de propos "d'un autre âge" et exclu tout "prédéterminisme". Le candidat CPNT Frédéric Nihous, qui s'écarte rarement du thème de la ruralité, a rejoint mardi soir le tollé. "Je trouve ça pitoyable comme raisonnement", a-t-il dit. "D'abord laissons faire les spécialistes, qui ne sont pas tous d'accord entre eux".
Mais s'il admet dorénavant ne plus vouloir "trancher" entre l'inné et l'acquis, Nicolas Sarkozy revendique toujours le droit de "débattre" durant la campagne électorale, de toutes les questions de société. "J'ai avancé ces idées pour en débattre", a-t-il plaidé mardi. "On ne parle pas de l'immigration, de délinquants sexuels, des fraudeurs, de l'identité nationale, on ne parle de rien... Mais ce n'est pas ça, une campagne électorale", a-t-il lancé.
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