Bernard Kouchner, candidat au poste de directeur général de l'OMS, en novembre 2006. © Fabrice Coffrini/AFPAprès le pavé dans la mare lancé par Michel Rocard, c'est au tour de Bernard Kouchner d'appeler à une alliance entre l'UDF et le PS pour l'élection présidentielle. "Pour la première fois depuis trente ans, le parti de François Bayrou ne récuse pas la gauche réformatrice. Saisissons cette chance", déclare l'ancien ministre de la Santé de Lionel Jospin dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche sous le titre : "Assez de l'esprit sectaire!"
"A l'instar de nos voisins européens, capables de réussir là où nous avons échoué, cette gauche-là ne doit pas refuser l'alliance avec un centre rénové", souligne Bernard Kouchner, qui a rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal en février. "Je ne suis pas dans une manoeuvre politicienne, je ne l'ai jamais été. Et je n'imagine pas que Michel Rocard y soit, lui qui a plus apporté à la France et aux idées que tous ses détracteurs réunis", explique-t-il.
"J'ai suffisamment soutenu Ségolène Royal et travaillé avec elle pour savoir qu'elle peut orchestrer calmement cette indispensable mutation", poursuit-il. "Je sais que les alliances ne se noueront qu'après le premier tour. Ce n'est pas ajouter à la confusion que de revenir dès aujourd'hui à l'essentiel, et de préférer aux calculs politiciens des convictions que tant d'entre nous partagent", insiste Bernard Kouchner. "Les électeurs de dimanche prochain ne sont pas prisonniers des frontières du sectarisme. La France vaut mieux que nos certitudes vieillies et nos crampes partisanes", conclut-il.
"Dépassement des frontières"
Dans un entretien au JDD, Ségolène Royal, interrogée sur la démarche de Michel Rocard, semble cependant opposer par avance une fin de non-recevoir à ce nouvel appel. "L'élection présidentielle n'est pas une combinaison d'alliances entre des candidats ou des formations politiques", estime-t-elle, jugeant qu'"au soir du premier tour, nul ne sera propriétaire des ses électeurs et ne pourra en disposer à sa guise".
En déplacement à Limoges, avant que ne soit connue la tribune de Bernard Kouchner, François Bayrou s'est une nouvelle fois félicité de l'appel de l'ex-Premier ministre PS, qui conforte selon lui sa démarche de dépassement des "frontières". "Si je suis en situation" en accédant au second tour, "très nombreux seront ceux qui suivront la thèse de Michel Rocard", a-t-il assuré. L'entourage proche de Nicolas Sarkozy n'a pas tardé non plus à réagir. "Désormais les choses sont claires : François Bayrou se situe bien à gauche", ont réagi, samedi soir, Rachida Dati et Xavier Bertrand, porte-parole du candidat UMP.
D'après agence
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