Machine à voter en service à Issy-les_Moulineaux (22 avril 2007) © TF1/LCI
Retards et agacement dans les files d'attente, pour voter
Les machines à voter électroniques ont connu ce dimanche leur baptême du feu pour un scrutin présidentiel : 1,5 million d'électeurs, sur 44,5 millions d'inscrits, ont pu ainsi exprimer leur voix dans 82 communes de plus de 3500 habitants - toutes volontaires - qui ont été autorisées à utiliser des machines à voter. Une première qui suscite des grincements de dents...
Nombre d'électeurs ont ainsi pesté dimanche contre les machines installées à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine, où des files d'attente jusqu'à une heure et demie étaient signalées dans plusieurs bureaux de vote. "Beaucoup de personnes âgées ne comprennent pas comment ça marche. C'est pas compliqué, mais ça déroute. Alors on annule, on recommence, les autres attendent", expliquait un électeur au bureau numéro 8 du Collège Henri Matisse.
"Ils ont renoncé"
"Il n'y a qu'une seule machine et ça va beaucoup moins vite qu'avec les quatre ou cinq isoloirs qu'on avait avant". Une seule machine électronique aussi, et une file d'attente d'environ une heure également, au bureau 9 attenant. Même scénario au bureau 14 près du stade Alain Mimoun, expliquait un autre électeur : "Il y a au moins 40 minutes d'attente, et des gens repartent sans avoir voté".
Même souci à Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne, ce qui a suscité l'ire de Daniel Guérin, conseiller régional MRC d'Ile-de-France : il a annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel sur des "dysfonctionnements" du scrutin présidentiel "liés à l'implantation de machines à voter" dans cette ville dont il est l'ancien maire adjoint. Selon Daniel Guérin, en milieu de matinée, il fallait y attendre "de 45 minutes à plus d'une heure et demie" pour pouvoir voter et "de nombreux électeurs ont fait demi tour et renoncé à voter".
"Machine à tricher"
Autre élu très remonté contre cette nouvelle méthode, le candidat MPF à la présidentielle Philippe de Villiers, en votant dimanche matin avec une machine, a qualifié le dispositif de "machine de hasard" et de "machine à tricher". "La machine à voter, c'est beaucoup plus compliqué et on peut trafiquer la matrice", a-t-il affirmé. A Reims, quelques soucis également : le scrutin de l'élection présidentielle a commencé avec un retard de quelques minutes dans plusieurs bureaux de vote... en raison d'un problème de branchement de plusieurs machines à voter.
Même au sein du monde scientifique, la méthode a ses opposants. A Metz, des essais effectués sur deux des trois types de machines agréées par le ministère de l'Intérieur dans un laboratoire de l'université Paul Verlaine ont montré que quatre personnes de plus 65 ans sur sept ne sont pas arrivées pas à voter. En outre, des quatre déficients visuels placés dans des conditions idéales, un seul a réussi son vote, selon le Laboratoire de psychologie de Lorraine, qui a réalisé ces tests.
Peu avant 20 heures, on apprenait que le Conseil constitutionnel autorisait une ouverture prolongée des bureaux de vote (notre article). Mais le débat ne fait que commencer.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




