Des machines à voter montrées du doigt

le 22 avril 2007 à 13h31 , mis à jour le 24 avril 2008 à 11h20

Files interminables, problèmes techniques, et un recours devant le Conseil constitutionnel : dur baptême du feu pour les machines à voter.

TF1/LCI : Machine à voter en service à Issy-les_Moulineaux (22 avril 2007)Machine à voter en service à Issy-les_Moulineaux (22 avril 2007) © TF1/LCI

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Retards et agacement dans les files d'attente, pour voter

Les machines à voter électroniques ont connu ce dimanche leur baptême du feu pour un scrutin présidentiel : 1,5 million d'électeurs, sur 44,5 millions d'inscrits, ont pu ainsi exprimer leur voix dans 82 communes de plus de 3500 habitants - toutes volontaires - qui ont été autorisées à utiliser des machines à voter. Une première qui suscite des grincements de dents...

Nombre d'électeurs ont ainsi pesté dimanche contre les machines installées à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine, où des files d'attente jusqu'à une heure et demie étaient signalées dans plusieurs bureaux de vote. "Beaucoup de personnes âgées ne comprennent pas comment ça marche. C'est pas compliqué, mais ça déroute. Alors on annule, on recommence, les autres attendent", expliquait un électeur au bureau numéro 8 du Collège Henri Matisse.

"Ils ont renoncé"

"Il n'y a qu'une seule machine et ça va beaucoup moins vite qu'avec les quatre ou cinq isoloirs qu'on avait avant". Une seule machine électronique aussi, et une file d'attente d'environ une heure également, au bureau 9 attenant. Même scénario au bureau 14 près du stade Alain Mimoun, expliquait un autre électeur : "Il y a au moins 40 minutes d'attente, et des gens repartent sans avoir voté".

Même souci à Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne, ce qui a suscité l'ire de Daniel Guérin, conseiller régional MRC d'Ile-de-France : il a annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel sur des "dysfonctionnements" du scrutin présidentiel "liés à l'implantation de machines à voter" dans cette ville dont il est l'ancien maire adjoint. Selon Daniel Guérin, en milieu de matinée, il fallait y attendre "de 45 minutes à plus d'une heure et demie" pour pouvoir voter et "de nombreux électeurs ont fait demi tour et renoncé à voter".

"Machine à tricher"

Autre élu très remonté contre cette nouvelle méthode, le candidat MPF à la présidentielle Philippe de Villiers, en votant dimanche matin avec une machine, a qualifié le dispositif de "machine de hasard" et de "machine à tricher". "La machine à voter, c'est beaucoup plus compliqué et on peut trafiquer la matrice", a-t-il affirmé.  A Reims, quelques soucis également : le scrutin de l'élection présidentielle a commencé avec un retard de quelques minutes dans plusieurs bureaux de vote... en raison d'un problème de branchement de plusieurs machines à voter.

Même au sein du monde scientifique, la méthode a ses opposants. A Metz, des essais effectués sur deux des trois types de machines agréées par le ministère de l'Intérieur dans un laboratoire de l'université Paul Verlaine ont montré que quatre personnes de plus 65 ans sur sept ne sont pas arrivées pas à voter. En outre, des quatre déficients visuels placés dans des conditions idéales, un seul a réussi son vote, selon le Laboratoire de psychologie de Lorraine, qui a réalisé ces tests.

Peu avant 20 heures, on apprenait que le Conseil constitutionnel autorisait une ouverture prolongée des bureaux de vote (notre article). Mais le débat ne fait que commencer.

D'après agence

le 22 avril 2007 à 13:31
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6 Commentaires

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  • Ruiz, le 23/04/2007 à 09h51

    LE CHOIX Je ne comprend pas comment, on n' ai pas prévu de donner le choix aux electeurs. Soit je prends la machine, soit je met mon papier dans l'urne. Lamentable !!!

  • Jarillon, le 23/04/2007 à 02h51

    Je suis docteur en physique, électronicien et informaticien, ce qui me donne une bonne compréhension dedepuis la charge de l'électron à l'interface homme-machine eu passant par toutes les techniques. Aussi j'affirme que les machines à voter sont potentiellement des machines à tricher. Il est en effet impossible de vérifier le scrutin si l'on admet qu'il est secret. L'électeur ne pourra jamais savoir comment son vote aura été comptabilisé. Les méthodes de tricherie sont très nombreuses et pratiquement impossibles à détecter. Il suffit par exemple de programmer la machine de façon à ce qu'elle fonctionne autrement dans un période de temps donnée. Par ailleurs, les machines ont été autorisées par le ministre sans qu'aucun de ses informaticien n'ait pu donner son avis : le code interne de la machine était couvert par le secret de fabrication : donc invérifiable et même si on avait pu le vérifier, rien n'aurait garanti que ce soit ce code qui soit exécuté. Bien que toujours à la pointe du progrès, je ne peux accorder le moindre crédit ces machines à voter

  • Courtois, le 22/04/2007 à 18h14

    Lamentable j ai mis 1 heure pour voter et de plus aucune possibilité de vérifier mon vote bel exemple de démocratie on aurait du avoir le choix de mode de vote.....

  • Itilil, le 22/04/2007 à 17h59

    La porte grande ouverte aux trafics electoraux : une machine opaque, dans laquelle personne ne sait ce qui se passe... est ce la fin de la democratie...??????

  • Lopez, le 22/04/2007 à 17h55

    J habite à savigny le temple il m a fallut 2h30 pour voter il n y avais que à peut prés 60 personne qui voté par heure sur 1244 inscrit faites le calcul le vote electronic doit étre revu et qu elle idée de tester ses machines pendant des éléctions si importantes

  • Nossim, le 22/04/2007 à 16h25

    Les machines a voter sont un bel exemple de ce qui ne faut pas faire avec les technologies. 1) Elles ne répondent pas a un besoin des utilisateurs finaux. 2) Elles coutent cher pour un gain de temps pour le dépouillage faible.

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