Le Pen : "aucun accord" avec Sarkozy

le 15 avril 2007 à 07h44 , mis à jour le 15 avril 2007 à 19h06

Jean-Marie Le Pen nie tout "dialogue discret" entre le FN et l'UMP dans un entretien publié dimanche dans le Parisien.

TF1/LCI Jean-Marie Le Pen, en déplacement à ArgenteuilJean-Marie Le Pen, en déplacement à Argenteuil © TF1/LCI

Pour couper court aux soupçons d'un rapprochement entre le FN et l'UMP qui ont alimenté la campagne ces derniers jours, Jean-Marie Le Pen affirme qu'"il n'y a aucun accord, pas de conversation" avec Nicolas Sarkozy, dans un entretien publié dans le Parisien/Aujourd'hui en France, dimanche. "J'ai simplement dit qu'il n'y avait pas à mon avis chez Sarkozy l'aversion viscérale qu'éprouve Chirac à mon égard. (...) A partir de là, on a commencé à broder. Il n'y a aucun accord, pas de conversation", déclare-t-il. Comme on lui demande s'"il n'y aura aucun accord", il répond: "je n'en sais rien. Je ne m'engage pas pour l'avenir".

Le président du Front national réaffirme qu'à ses yeux Nicolas Sarkozy est moins apte que lui, en raison de ses origines hongroises, à être chef de l'Etat. "Je dis à Nicolas Sarkozy qu'il n'a pas ce passé qui constitue la structure de la nation", lance-t-il, estimant que le président "est en charge d'une incarnation du peuple et de la nation, et le fait d'avoir trois grands-parents étrangers n'est pas ce qui vous qualifie le plus pour cette fonction exceptionnelle".

Selon lui, "le président de la République, en dehors d'un programme que tout le monde oubliera le lendemain de son élection, c'est une personnalité qui va devoir présenter un certain nombre de garanties du côté de son attachement à la patrie qu'il doit représenter". "Sarkozy a fait récemment référence, en parlant de la pédophilie, à des caractères génétiques. Il y a peut-être une prédisposition à la présidence de la République !", avance Jean-Marie Le Pen. Interrogé sur les origines néerlandaises de son épouse Jany, il souligne qu'"elle est de mère française" et que "de toute façon il ne s'agit pas pour elle de remplir le rôle de président de la République". "Elle n'a aucune fonction autre que décorative", juge-t-il.

"Droitisation de la politique française"

A propos de Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen ne croit pas que la socialiste sera au deuxième tour en raison de la "droitisation" de la politique en France. "L'idée qu'elle puisse être élue est une éventualité peu crédible. Je ne crois pas que Mme Royal sera présidente de la République ni même qu'elle sera au deuxième tour", déclare-t-il. "Il y a une droitisation de la politique française, et le rapport de force ne laisse plus à la gauche qu'une place modeste", explique le président du FN.

"En plus, les six candidats d'extrême gauche sont en train de faire une remontée spectaculaire. Il risque donc d'arriver à Mme Royal ce qui est arrivé à M. Jospin en 2002", lorsque le candidat PS n'avait pas accédé au second tour, qui avait vu s'affronter Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. "Peut-être serai-je un jour au pouvoir, je n'en sais rien", ajoute le candidat FN.

Quelque 600 personnes, selon la police, ont manifesté dimanche sans incident à Paris contre la tenue du meeting de Jean-Marie Le Pen au Palais des Sports, lors duquel il a traité Nicolas Sarkozy de "chef" de la "racaille politicienne" (voir la vidéo).

Le Pen "regrette" l'initiative de Chirac sur déportation des juifs

Dans la même interview, Jean-Marie Le Pen dit "regretter" que Jacques Chirac ait reconnu la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs (en 1995). "Il a été le seul président à le faire. Même François Mitterrand ne l'avait pas fait", déclare-t-il en réponse à un lecteur sur le "rôle du président dans la façon dont on présente la mémoire nationale". Au même lecteur qui lui demande s'il regrette la façon dont la Shoah est enseignée, le leader du FN répond : "C'est un sujet que je n'aborderai pas. Quand je me suis exprimé dans des termes pourtant modérés, ça m'a coûté 150 millions d'anciens francs. Ces débats ne sont pas dans le domaine de la liberté d'expression. Je me garde bien d'y toucher. On ne peut pas exprimer une autre opinion que celle dictée par la pensée unique". Jean-Marie Le Pen revient aussi sur le mot "détail" qui lui a valu condamnation : "Oh ! Je n'ai pas peur d'employer ce mot qui signifie ‘partie du tout'. Et j'assume toutes mes responsabilités", dit-il.

(D'après agence)

le 15 avril 2007 à 07:44
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Pedro, le 15/04/2007 à 09h52

    La droitisation de la France n'est qu'une sorte d'illusion médiatique. Fondamentalement, la France n'est ni ultra libérale, ni fasciste. Heureusement d'ailleurs. La gauche française, le système social français, l'esprit de partage continuerons à prédominer. Le Pen ne peu pas être élu, se serait la fin des valeurs républicaines de notre pays.

  • Jhon, le 15/04/2007 à 09h41

    Nous avons l'impression de lire la presse people en suivant cette campagne. Untel a dit celà de l'autre, et vice versa. Et la France et les français, leur avenir leurs préoccupations quotidiennes, leur pouvoir d'achat, leurs impôts à régler dans les délais, on attend peut être le résultat de l'élection, mais ce sera trop tard, on sera dans la "merde" et ces Mrs Dames auront paradé sillonant la France aux frais du contribuable.

  • Tintin, le 15/04/2007 à 09h37

    Tout sauf royal,

  • Jean-pierre, le 15/04/2007 à 09h00

    A l'inverse de la gauche et de l'UDF gauchiste la droite ne se deculotte pas... les français apprécieront....

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience