Jean-Marie Le Pen, le 14 mars 2007 © Elections Présidentelle/TF1-LCILa phrase a fait immédiatement mouche auprès des journalistes qui l'interviewaient. Jean-Marie Le Pen s'en est pris dimanche, lors du Grand Rendez-vous d'Europe 1/TV5 Monde/Le Parisien-Aujourd'hui en France, aux racines de son rival de l'UMP.
Affirmant utiliser l'argument "parce que M. Sarkozy lui-même s'en sert comme un argument qu'il estime favorable", Jean-Marie Le Pen a affirmé : Nicolas Sarkozy "est un candidat qui vient de l'immigration, moi je suis un candidat du terroir. C'est vrai qu'il y a une différence, un choix qui peut être considéré comme fondamental par un certain nombre de Français". Jean-Marie Le Pen a encore expliqué que, si l'on appliquait sa politique d'immigration zéro, "la France se serait passée de Nicolas Sarkozy qui aurait peut-être fait une très belle carrière en Hongrie".
Le PS indigné, Schivardi se "sent visé"
Dès dimanche soir, le PS a réagi, dénonçant des propos "inacceptables et (qui) relèvent de la xénophobie exprimée régulièrement par cet homme d'extrême droite". Mais, ajoute le PS, "il faut remarquer que Nicolas Sarkozy, dont la qualité de Français est mise en cause, est pris au piège de sa surenchère identitaire malsaine avec Jean-Marie Le Pen".
Et lundi, Gérard Schivardi, candidat d'extrême-gauche soutenu par le Parti des travailleurs, a déclaré sur Europe 1 s'être "senti visé" par les propos de Jean-Marie Le Pen. "Je suis petit-fils d'immigré italien, ça fait mal quelque part." A son tour, Yves Jégo, secrétaire national de l'UMP, a jugé lundi "inadmissibles et insupportables" les propos de Le Pen qui révèlent "une fois encore la face hideuse de son extrémisme". "En cherchant à faire une nouvelle provocation en affirmant qu'il serait plus français que Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté, "le dirigeant du FN confirme sa haine de l'étranger et son refus de voir que 3 Français sur 4 ont un de leurs ancêtres issus de l'immigration !"
Score "au-dessus de 20%"
Jean-Marie Le Pen a aussi dimanche soir ironisé sur des "déclarations absurdes" de son adversaire UMP "sur les gènes" et l'accueil des femmes battues, dues, selon lui, à l'avance de Nicolas Sarkozy dans les sondages. Ce dernier "a repris les vieilles thèses du XIXe siècle sur le criminel-né", a commenté le leader frontiste à propos de la polémique provoquée par les propos de Nicolas Sarkozy sur le possible caractère inné de la pédophilie (lire notre article : Sarkozy refuse la polémique). Et "donner à toutes les femmes battues la nationalité française" (ce qu'a proposé vendredi le candidat de l'UMP, lire notre article), relève selon lui du "domaine ubuesque".
Jean-Marie Le Pen a en outre répété qu'il était persuadé d'être présent au second tour, comme en 2002, mettant même la candidate socialiste en garde. Selon lui, "comme Lionel Jospin, Ségolène Royal risque d'être crucifiée par" les candidats de l'extrême gauche, qui feront à eux tous entre 15% et 17%, a-t-il prédit. Le leader du FN actuellement crédité de 13% dans les sondages se voit "raisonnablement" faire un score "au-dessus de 20%".
Jean-Marie est encore revenu sur son rival dans Ouest France lundi : le FN estime que l'UMP est un homme "assez opportuniste, réaliste, très ambitieux (...) avec qui on peut parler" contrairement à Jacques Chirac qui avait une "aversion viscérale" à son égard.
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