TF1-LCI - Michel Rocard invité par François Bayrou à la Grande-Motte le 1er septembre 2006 © TF1-LCIUn mauvais service rendu à Royal ? Peu importe, Michel Rocard veut faire bouger les lignes à sa façon mais les appareils "verrouillent", comme dirait François Bayrou. "Dans quelques jours, les Français décideront qui, de François Bayrou ou de Ségolène Royal, sera le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy. Et ils le feront d'autant mieux qu'ils sauront que, dans tous les cas, une alliance sincère et constructive défendra au second tour puis aux législatives un projet commun d'espoir pour la France", écrit Michel Rocard dans une tribune publiée dans Le Monde daté de samedi. "J'appelle donc François Bayrou et Ségolène Royal, avant le premier tour, à s'exprimer devant les Français pour s'engager dans la voie de cette alliance", poursuit l'ancien Premier ministre de François Mitterrand.
Il n'aura pas fallu attendre plus de 30 minutes pour que tombe la réponse, non pas de la candidate, mais de... François Hollande. Dans une déclaration à l'AFP, le patron du PS a déclaré qu'il n'y avait "pas d'alliance concevable entre la gauche et une partie de la droite". "Le rassemblement de la gauche doit se faire au premier tour. Il faut voter Ségolène Royal au premier tour. Au second tour, il faudra aussi voter Ségolène Royal", a déclaré François Hollande. Un peu plus tard, Ségolène Royal a éludé les questions relatives à l'appel de Michel Rocard, la candidate socialiste disant préférer s'occuper des "vrais problèmes des Français".
De son côté, François Bayrou s'est réjoui de cette initiative : " Ca bouge !" a-t-il déclaré sur France Inter. Un peu plus tard, en déplacement en Haute-Saône, il a estimé que c'était "un signe très positif" pour lui "parce que cela veut dire que ce changement de paysage politique" qu'il appelle de ses "voeux est possible". "Naturellement l'appareil du Parti socialiste et François Hollande verrouillent", mais "les électeurs s'en fichent", a-t-il ajouté.
"Nous n'aurons aucune excuse..."
Rocard est la première personnalité du PS a appeler ainsi ouvertement à une alliance entre la candidate socialiste et le candidat de l'UDF. Deux collectifs ayant pour pseudonymes "Spartacus" et "Les Gracques" - dont certains membres connus sont d'anciens proches de Michel Rocard - ont déjà appelé à un tel rapprochement. Vendredi, ils se déclarent "emplis d'aise" par l'appel rocardien.
"Si Nicolas Sarkozy est élu dans quelques semaines, nous n'aurons aucune excuse. L'UMP gagnera les élections législatives qui suivront, et pendant cinq ans, la France va souffrir", écrit le député européen dans Le Monde. Selon lui, "nous pouvons éviter ce gâchis social dont la majorité des Français ne veut pas". "Comment ? Simplement, en unissant nos forces avec ceux qui sont les plus proches de nous. Ceux qui pensent comme nous que le marché doit être régulé, que l'Etat doit défendre la solidarité, que l'égalité des chances doit être assurée pour tous et entre toutes les générations", fait-il valoir. "Socialiste et européen depuis toujours, j'affirme que sur les urgences d'aujourd'hui rien d'essentiel ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux, c'est-à-dire les socialistes et les centristes", estime-t-il.
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