Royal : "mon camp ne m'a pas épargnée"

Par D.H. (avec agence), le 15 avril 2007 à 13h25 , mis à jour le 15 avril 2007 à 16h15

La socialiste octroie le manque de soutien dans son propre camp à "une certaine forme de liberté" de sa part qu'on lui "fait peut-être payer".

TF1-LCI : Ségolène RoyalSégolène Royal © TF1-LCI

Elle avait déjà rappelé les éléphants à l'ordre, cette fois elle se montre presque résignée : elle fera sans. A une semaine du premier tour, Ségolène Royal a dit, lors du Forum de radio J, "avouer qu'on ne lui aura pas épargné grand chose en effet dans mon camp". Selon elle, "un certain nombre de personnalités au sein du PS n'ont jamais accepté" sa désignation par les militants. "Cela ne m'aide pas. Mais je me dis de façon optimiste que c'est le prix de ma liberté et que finalement cela prouve que j'ai beaucoup de résistance, de constance", a-t-elle ajouté.

"Peut-être qu'on me fait payer une certaine forme de liberté", a-t-elle commenté, alors qu'on lui énumérait les derniers actes ‘dissidents : les initiatives des collectifs Gracques et Spartacus, le pamphlet d'Eric Besson et, ces derniers jours, l'appel de Michel Rocard relayé par Bernard Kouchner en faveur d'une "alliance" avec l'UDF (lire notre article). A propos de cette dernière 'incartade' dans son propre camp, elle a dit refuser tout "petits arrangements" avec le centriste dont elle a critiqué l'absence " de programme et d'équipe" (lire notre article). Avec plus d'humour, elle est revenue sur le sujet dimanche midi dans le Pas-de-Calais : se demandant pourquoi la droite ne connaissait pas "ce genre de fantaisies" à la Rocard et Kouchner, elle a regretté que cela prenne sur "son temps de parole" dans les médias. "Il y a toujours moins de discipline à gauche, c'est quand même un problème, il est temps de mettre de l'ordre juste."

Les "méthodes de brutalité" de Sarkozy

C'est ensuite sur Nicolas Sarkozy que la socialiste s'est concentrée lors du Forum Radio J. Selon elle, le fait que son rival ne puisse pas "se rendre sereinement sur la totalité du territoire de la République" constitue "un problème" pour un candidat à la présidentielle. Le déplacement, vendredi, de Nicolas Sarkozy à Meaux "dans une salle fermée" et avec "semble-t-il 325 policiers mobilisés (...) prouve que ce candidat ne peut pas se rendre sereinement sur la totalité du territoire de la République". "Il me semble que quelqu'un qui est candidat doit pouvoir prouver qu'il peut se rendre dans tous les espaces du territoire de la République", a-t-elle ajouté. La raison en tout cas de ce "problème" en est, à ses yeux, "à la fois la méthode, le langage, les perspectives" de Nicolas Sarkozy qui "sont des méthodes de brutalité".

Ségolène Royal a aussi affirmé que la proposition de l'UMP Brice Hortefeux d'instaurer une part de proportionnelle dans le scrutin législatif (lire notre article) était "un signe très clairement lancé" au Front national, "il n'est pas fait pour faire rentrer les Verts ou l'extrême gauche à l'Assemblée nationale" et elle a dénoncé une "posture opportuniste". Selon elle, "quand on entend tout d'un coup l'UMP changer d'avis sur le mode de scrutin pour proposer une part de proportionnelle, on sait que c'est parce qu'il y a des tractations, des contacts supposés avec le Front national. Sinon, comment expliquer un tel revirement de l'UMP, opposée jusque là à toute proportionnelle".

Par D.H. (avec agence) le 15 avril 2007 à 13:25
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