Royal face à Bayrou, à retrouver sur LCI.fr

Par D.H. (avec agence), le 28 avril 2007 à 07h26 , mis à jour le 28 avril 2007 à 11h18

Le débat entre la candidate PS et le centriste aux 18,57% a lieu en ce moment dans un hôtel parisien. A retrouver sur LCI.fr vers 13h.

BFM TV : Ségolène Royal et François Bayrou, juste avant de débattre, le 28 avril 2007 dans un hôtel parisienSégolène Royal et François Bayrou, juste avant de débattre, le 28 avril 2007 dans un hôtel parisien © BFM TV

Après une semaine de propositions, négociations, affirmations et démentis, et à une semaine du second tour de la présidentielle, le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a bien lieu dans un hôtel parisien ce samedi, depuis 11h15 : à retrouver en intégralité sur LCI.fr dès 13h. Un débat de 80 minutes organisé finalement par BFM TV et RMC (lire les détails de ce débat). C'est la première fois dans la Ve République que le second et le troisième débattent entre les deux tours.

Tout en se disant ouvert au dialogue avec le centriste, Nicolas Sarkozy a toujours refusé de débattre avec lui. Il a cependant démenti vendredi encore toute forme de pression sur les médias, dénonçant les "procès staliniens" de ses adversaires (voir la vidéo). François Bayrou avait affirmé vendredi matin "ne pas avoir la preuve mais la certitude" que Canal+ avait reculé à la demande du candidat de l'UMP tandis que Ségolène Royal mettait vendredi soir en cause "le système médiatico-financier auquel est lié Nicolas Sarkozy" (lire notre article).

La presse déchaînée

En attendant, le débat Royal-Bayrou divise les éditorialistes ce samedi. Dans Le Figaro, Alexis Brézet ne mâche pas ses mots : "le desperado du Béarn canarde à tout va". Il ironise sur les pressions supposées de Nicolas Sarkozy sur la presse "Donc, Nicolas Sarkozy est un apprenti dictateur. Le fils caché de Poutine et de Berlusconi. (...) le candidat UMP a tissé sa toile sur tous les medias. La presse régionale est aux ordres. Canal+ à la botte. TF1, Europe 1 et Le Figaro, cela va de soi", s'agace l'éditorialiste. Ouest-France sous la plume de François-Régis Hutin est également irrité : "cette assertion, brandie sans preuve, est insultante pour les journalistes que nous sommes et qui n'acceptent ni de se laisser imposer leurs interlocuteurs ni de se faire dicter leur calendrier".

Leur analyse n'est pas partagée par Renaud Dély qui dans Libération souligne que Nicolas Sarkozy "a aussi la chance de collectionner les amis puissants", en estimant qu'avec un "tempérament interventionniste et carnet d'adresses fourni, le cocktail devient explosif." Certains comme Gérard Carreyrou dans France Soir estiment que le seul débat qui vaille et celui qui opposera les deux finalistes. Il affirme que Bayrou éliminé du second tour, il est éliminé "des grands moments de la campagne du second tour." Le Monde, entre autres, juge que "l'empêchement de facto d'un débat préalable entre la candidate socialiste et le candidat de l'UDF est anormale et regrettable". Dans La Provence, Gilles Dauxerre résume la pensée des "pour ce débat inédit": "Une démocratie solide ne doit pas en avoir peur." Quant à la légitimité de ce débat, Les Dernières Nouvelles d'Alsace donne l'avis tranché d'Olivier Picard : "Si la Constitution de la Ve République révisée en 1962 réserve l'accès au second tour de scrutin aux deux candidats arrivés en tête au premier tour, elle ne leur garantit pas l'exclusivité de la scène."

Enfin plusieurs éditorialistes plaignent Nicolas Sarkozy. Tel Dominique Vales qui écrit dans La Montagne que la polémique autour du débat bis "a monopolisé l'intérêt, avec pour conséquence d'attribuer à Nicolas Sarkozy le mauvais rôle de celui qui empêche la démocratie de tourner en rond". Il va jusqu'à supposer que "Nicolas Sarkozy doit avoir vraiment hâte que passe vite ce week-end du 1er mai pour se retrouver, enfin, mercredi prochain face à sa rivale pour l'Elysée, et à elle seule, dans le duel final". Un avis que partage Philippe Waucampt qui dans Le Républicain Lorrain estime que Nicolas Sarkozy "est en train de voir pourrir sa campagne". "La première semaine de l'entre-deux tours lui aura été gâchée" par le "débat sur le débat" qui, "l'a surtout placé sur la défensive en le présentant comme un politique brutal manipulant de ses doigts crochus les médias", explique-t-il.

Par D.H. (avec agence) le 28 avril 2007 à 07:26
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