Royal en meeting à Bordeaux © LCIDevant quelque 4.500 personnes réunies mercredi soir à Metz, la candidate socialiste a cherché à reprendre la conduite de la campagne, alors qu'une série de sondages la donne en baisse. Dans une salle qui, pour une fois, n'était pas comble, elle s'est attachée à situer le combat présidentiel comme une confrontation "projet contre projet", soulignant à l'envi tout ce qui l'oppose au "candidat de l'UMP", symbole selon elle de "l'injustice" et de "la précarité". Ségolène Royal a rappelé qu'elle parlait "sur une terre où la souffrance a frappé des générations d'ouvriers" avec des suppressions d'emploi massives et "des conditions de travail très dures". En fond de scène, "la France juste et forte" avait remplacé son slogan "La France présidente", qui surmontait néanmoins le pupitre. Son discours, qui devait au départ être consacré essentiellement à la politique étrangère et européenne, a correspondu aux insistances désormais exprimées haut et fort dans le PS pour mettre les questions économiques et sociales au premier plan de la campagne.
Sans jamais nommer, Nicolas Sarkozy, défini simplement comme "le candidat de l'UMP", Ségolène Royal l'a accusé de "semer la peur et la méfiance, antichambre de la haine". "Moi, je veux une France de la paix civile", a-t-elle déclaré, provoquant des huées dans le public qu'elle n'a pas cherché cette fois à réprimer au nom du "respect" de ses adversaires. Nicolas Sarkozy, a affirmé Mme Royal, c'est "la brutalité inefficace, fauteuse de désordre et d'insécurités sociale et publique; je vous propose d'être la force sereine et déterminée qui remettra la France sur le chemin de la réussite. Pour cela je suis prête, solide, décidée à agir vite".
"La France des clans"
Selon la candidate socialiste, "les Français ont peur d'un avenir où tout devient possible, même le pire". Mme Royal a prétendu représenter "une France réconciliée, apaisée, en marche, forte parce que juste, une énergie sereine". Ségolène Royal a brocardé "la France des clans, des puissances d'argent, du CAC 40 et du Medef, la France d'un Etat confisqué par un seul parti, l'UMP". "Je vous propose de réformer la France sans brutalité, je vous propose le changement efficace face a la brutalité agitée du passage en force", a-t-elle résumé.
Elle a reproché à Nicolas Sarkozy de vouloir "diviser les Français et les dresser les uns contre les autres". "Ces oppositions-là, c'est une France qui ne marche pas et qui, tôt ou tard, explosera", a-t-elle prédit. Lui et ses amis "ne reculent devant rien pour se droitiser", s'est indignée la socialiste. "Avec eux tout est possible même le pire, voilà qu'ils promettent de traquer les gènes de la délinquance chez les enfants de moins de trois ans et imputent à la fatalité biologique le suicide de jeunes". Même la politique étrangère n'a pas échappé au tir groupé de Mme Royal. "Je n'irai pas serrer la main de George Bush, comme si de rien n'était", a-t-elle lancé.
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