Ségolène Royal, après un meeting à Montpellier, le 24 avril 2007 © Election présidentielle/TF1-LCIQue va faire François Bayrou ? La question est sur toutes les lèvres. En attendant la conférence de presse de François Bayrou, mercredi à 15h30 -en direct sur LCI.fr-, Maurice Leroy, député UDF présent lors de la réunion mardi pour discuter de la marche à suivre, a affirmé mardi soir que le candidat aux 18,57% ne devrait pas donner de consigne de vote, laissant la liberté de vote à son électorat et à ses élus pour le second tour.
En attendant, Ségolène Royal va plus loin dans son appel du pied des centristes. Elle a déclaré mardi soir, à l'issue de son meeting de Montpellier (lire notre article), que si François Bayrou rejoignait son pacte présidentiel, "bien sûr" qu'il y aura des ministres UDF au gouvernement. Elle lui propose même "une séance de travail", en tête-à-tête ou entre ceux qui la soutiennent et des représentants UDF, "avec quatre ou cinq personnes de chaque côté", dont peut-être Jacques Delors qu'elle a rencontré mardi matin, pour voir si "des convergences d'idées sont possibles".
Elle estime même concevable, dans le cadre de discussions avec François Bayrou, "d'ajouter des choses" à son pacte présidentiel, assurant que l'ouverture proposée n'est "pas du tout ou rien". Disant avoir proposé 5 idées nouvelles convergentes, elle se dite ouverte à d'autres propositions. Il "reste possible" de trouver un accord sur le pacte présidentiel avec François Bayrou, "c'est mon intuition politique. Si j'étais à sa place, je le ferais", affirme-t-elle, estimant qu'existent "des compatibilités d'idées" et que François Bayrou a "refusé le projet de l'UMP".
Sarkozy contre les "alliances", appelle les UDF à le rejoindre "librement"
Ce qui n'est pas du goût du sénateur PS Jean-Luc Mélenchon. Selon lui, "pour la gauche, il n'y a pas de majorité présidentielle possible avec Bayrou". Dans une interview au Figaro (de mercredi) accordée avant la phrase de Royal, il réfute toute "alliance" entre le PS et l'UDF qui serait "contre-performante".
De son côté, Nicolas Sarkozy, qui donnait meeting à Rouen, préfère la politique de la main tendue : il a affirmé que ses "amis de l'UDF sont les bienvenus" pour lui apporter leur soutien au second tour. "Chacun de ceux qui nous rejoignent le fait librement", a-t-il expliqué par opposition à la gauche, qui, selon lui, "négocie des alliances, des ralliements". "Elle négocie avec l'extrême-gauche, avec les trotskistes, elle négocie avec les communistes, elle négocie avec les Verts. Elle rêve de négocier avec le centre. Elle rêve de l'époque des combinaisons partisanes, de l'époque de la Troisième Force, de la IVe République où les partis s'arrangeaient entre eux sans les électeurs, où les partis faisaient leur petite cuisine entre eux", a-t-il affirmé.
"Le Parti socialiste rêve d'un front qui serait constitué non contre mes idées, mes convictions (...) mon projet, mais contre ma personne", a-t-il conclu. Ségolène Royal se défendait au même moment à Montpellier de tout "calcul arithmétique pour gagner les élections". "Ce n'est pas une initiative tactique."
Sarkozy envisagerait la création d'"un nouveau parti centriste" |
Selon certains élus notamment ex-UDF intégrés à son équipe de campagne, Nicolas Sarkozy voudrait favoriser la création "d'un nouveau parti centriste" formé à côté de l'UMP, à partir des UDF ayant rejoint l'UMP. Selon un des élus sarkozystes, deux stratégies sont possibles : "soit on a suffisamment d'UDF qui nous rejoignent à l'UMP et on reprend l'UDF de l'intérieur". Dans le cas contraire, "on additionne les UDF qui viennent de nous rejoindre avec ceux qui nous ont rejoints depuis 2002 et avec eux, on forme un nouveau parti". Selon cet élu, la première stratégie paraît difficile parce que les statuts de l'UDF sont "ultra-verrouillés". |
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