Ségolène Royal, sur France 2 le 25 avril 2007 © DRRoyal contre la politique "de bloc contre bloc"
La candidate PS a expliqué dans "A vous de juger" sur France 2 le sens de son ouverture vers le centre. "Je prends acte de la volonté des électeurs de sortir du bloc contre bloc (...). Je veux rassembler tous les républicains de progrès qui pensent que toute décision politique doit être motivée par les valeurs humaines et pas par les valeurs financières ou boursières". Malgré cette "audace", elle assure qu'elle ne bouleversera pas son pacte présidentiel. Interrogée sur François Bayrou, Ségolène Royal a affirmé : "Il a bougé. Il a au cours de cette campagne compris un certain nombre de choses et de valeurs comprises dans mon pacte présidentiel".
Débat télé avec Bayrou : "contre la politique-spectacle"
Ségolène Royal a maintenu son offre de débattre vendredi devant les journalistes de la presse quotidienne régionale avec François Bayrou, suggérant que la rencontre soit filmée par des caméras du service public. "Je suis une femme qui s'adapte aux circonstances", a déclaré la candidate. "Il faut faire attention à la politique-spectacle", a expliqué Ségolène Royal à l'évocation d'un face-à-face avec le candidat centriste sur la chaîne du service public.
Duel télévisé contre Sarkozy : "une épreuve"
Ségolène Royal a estimé mercredi que le débat qui doit l'opposer la semaine prochaine à Nicolas Sarkozy était un "moment démocratique très important" pour la France et, sur le plan personnel, "une épreuve" à laquelle elle se prépare "au mieux".
Chômeurs : "Sarkozy est dans le mépris des gens"
La candidate PS a accusé Nicolas Sarkozy de s'en prendre aux chômeurs de façon "malsaine". "Je ne suis pas pour dire qu'il y a des gens qui veulent se lever tôt et d'autres qui aiment se coucher tard, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres", a-t-elle dit. Ségolène Royal a demandé à son rival de "ne pas draguer je ne sais quelles voix populistes" sur le compte des chômeurs. Le candidat UMP, dit-elle, est dans "le mépris des gens, les suspicions sur la fraude".
Multirécidivistes : "privilégier la prévention"
Ségolène Royal a estimé mercredi que pour lutter contre la délinquance, il fallait désormais "s'occuper des petits", scolarisés en primaire et au collège. "Aujourd'hui, il faut s'occuper des petits, ceux qui ne sont pas encore délinquants, ceux qui sont à l'école primaire et au collège, en repérant ceux qui ont des difficultés pour bien les recadrer", a-t-elle déclaré. La candidate propose "une anticipation par rapport à la prévention, sur le soutien aux familles, le travail à l'école, le soutien scolaire". Elle suggère également "des internats scolaires de proximité, pour que les enfants soient à l'abri des influences du quartier".
Régularisations : "au cas par cas"
Interrogée sur la régularisation des sans papiers, Ségolène Royal a répété qu'elle le ferait "au cas par cas". Mais elle a assuré comprendre les difficultés de certaines familles. "Si j'étais dans un pays où il n'y a rien, je prendrais mes enfants sous le bras et je les emmènerais dans un pays où ils pourraient manger et aller à l'école", a-t-elle affirmé.
Europe : "une même vision avec Prodi"
La candidate PS oppose le soutien apporté par Silvio Berlusconi à Nicolas Sarkozy à son alliance d'idées avec Romano Prodi, président du conseil italien : "nous partageons une même vision de l'Europe et de la manière dont elle doit se relever". Elle affirme que "l'Europe n'a pas intérêt à s'aligner sur les Etats-Unis".
Justice : un budget doublé
Ségolène Royal souhaite doubler le budget du ministère de la Justice. " Il faut davantage de moyens matériels, renforcer le caractère collégial des décisions. Nous devons sortir la justice de la situation de misère dans laquelle elle se trouve pour que des erreurs comme Outreau ne se reproduisent plus ", assure-t-elle.
Darfour : un boycott des JO de Pékin en 2008 ?
Ségolène Royal a souligné le rôle de la Chine en Afrique et n'a pas exclu un boycottage des JO de Pékin en 2008. "On sait que la Chine est un acteur important dans cette partie du monde", a observé la candidate socialiste à l'Elysée. "Il faut des menaces de sanctions très fermes, ouvrir des couloirs humanitaires. Ce n'est pas parce qu'il y a du pétrole dans le sous-sol qu'il faut laisser faire ce génocide abominable", a-t-elle dit à propos de cette province du Soudan.
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