© AFPLa chasse aux voix des électeurs de François Bayrou (18,57% des voix) est bel et bien lancée. Et les tactiques de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy divergent. Tandis que la première a choisi la voie du dialogue et de la main tendue au président de l'UDF, le second refuse pour l'instant ce qu'il qualifie de "marchandage".
Juste avant son premier meeting d'entre-deux tours à Valence, Ségolène Royal a en effet proposé lundi soir au "3e homme" du dimanche 22 avril un "débat ouvert et public, en toute transparence" sur la base de son pacte présidentiel. Elle propose d'aborder "la rénovation de la République, l'Etat impartial, le refus des tensions, l'appel au peuple français pour la relance de l'Europe, les priorités éducative et écologique". Objectif : "parler de l'avenir de la France avec ceux qui pendant toute cette campagne ont souhaité le changement et la rénovation politique. Je souhaite un débat ouvert sur les idées pour construire des convergences autour d'une volonté de rénovation sans arrière-pensée et sans a priori", a-t-elle ajouté.
Ségolène Royal, qui a souligné avoir téléphoné à François Bayrou pour le prévenir de son initiative, attend désormais une "réponse". " A M. Bayrou de dire s'il souhaite ce débat (...) Il est de ma responsabilité de femme de gauche de donner un signe à tous les électeurs qui ont voulu ce changement", a expliqué la candidate socialiste. "Pour l'instant, ce n'est pas une alliance", a-t-elle tenu à préciser.
"L'ouverture, c'est l'ouverture d'esprit"
De son côté, Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait lors de son meeting à Dijon, a affirmé qu'il ne scellerait pas d'alliance "au détriment" de ses convictions. "Durant cette campagne pour le second tour, je ne me livrerai à aucune ouverture politicienne qui chercherait à rassembler à travers les débauchages et les marchandages. Que l'on ne compte pas sur moi pour faire quelque concession que ce soit au régime des partis. Que l'on ne compte pas sur moi pour renier mon projet dans le but d'obtenir un consensus entre les partis. Je ne construirai pas une union des partis sur le sacrifice de ma sincérité", a prévenu le candidat UMP.
En revanche, à l'adresse directe des électeurs centristes, Nicolas Sarkozy affirme qu'il veut "être le candidat de l'ouverture parce que je veux être le Président de l'ouverture, mais d'une ouverture qui n'a rien à voir avec la politique politicienne, d'une ouverture qui n'est pas l'ouverture vers les appareils". Selon lui, l'ouverture, "c'est l'ouverture d'esprit et l'esprit de tolérance, "c'est l'ouverture vers les autres, vers ceux qui ne pensent pas la même chose que" lui.
Un credo confirmé par les proches du candidat. "Entre les deux tours, se constitue une majorité présidentielle nouvelle, propre à Nicolas Sarkozy", a notamment dévoilé Patrick Devedjian, son conseiller. Cette majorité a "vocation à rassembler le plus largement possible". "D'autres sensibilités peuvent faire partie de ce rassemblement. On n'est pas obligé d'adhérer à l'UMP. Le rassemblement, ce n'est pas l'uniformité. Il y aura un pôle majoritaire" (l'UMP), un pôle centriste, un pôle de gauche", a-t-il noté. Le pôle centriste serait animé par des ministres Jean-Louis Borloo, Gilles de Robien et Philippe Douste-Blazy. Quant au pôle de gauche, en font partie, Eric Besson, l'ancien "M.Economie" du PS, les intellectuels Max Gallo et Georges-Marc Benhamou ou encore le chanteur Enrico Macias.
Mercredi, Bayrou parle
Quoi qu'il en soit, la décision de François Bayrou, qui s'active à créer un nouveau parti qui prendra le relais de l'UDF, s'annonce comme l'événement de la campagne du second tour. Il devrait faire connaître sa position mercredi lors d'une conférence de presse.
Suivez en direct sur LCI.fr le meeting de Nicolas Sarkozy à 18 heures 30 à Rouen et le meeting de Ségolène Royal à 19 heures à Montpellier.
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