Nicolas Sarkozy, sur France 2, le 26 avril 2007 © France 2Après Ségolène Royal mercredi soir, Nicolas Sarkozy était à son tour l'invité de "A vous de juger" sur France 2 jeudi. Pendant une heure et demie, il s'est expliqué sur la campagne et sur son projet. Voici ses principales déclarations :
Pas de débat, mais le dialogue avec Bayrou
"Pour la clarté du choix des Français, le débat doit avoir lieu entre ceux pour qui on peut voter, pas pour ceux qui n'ont pas été qualifiés. Le débat contradictoire doit avoir lieu entre Mme Royal et moi, parce que le dimanche 6 mai (...) il n'y aura pas de bulletin Bayrou ni Le Pen. C'est un peu comme la finale de coupe du monde: elle se joue entre le premier et le second. On n'a jamais vu le troisième dire excusez moi la finale doit avoir lieu avec moi", a lancé Nicolas Sarkozy.
Il a en revanche réitéré son offre de dialogue politique avec François Bayrou et réaffirmé qu'il pourrait prendre des personnalités centristes au gouvernement s'il était élu.
Les attaques de Bayrou ? "Amertume et déception personnelle"
"François Bayrou et moi, nous nous connaissons très bien, nous sommes amis depuis bien longtemps et j'ai observé avec une certaine tristesse des déclarations qui ne lui ressemblent pas. Elles ne sont pas au niveau de la dignité que je souhaite pour le débat présidentiel. Ce n'est pas grave. Je réagis avec beaucoup de calme, car je sais faire la part de l'amertume et de la déception personnelle".
Apaisement ou affrontement ?
Interrogé sur ses méthodes jugées "brutales" par ses détracteurs pour réformer le pays, Nicolas Sarkozy a dénoncé un "procès d'intention". "C'est extraordinaire. Parce que je ne suis pas de gauche, je deviendrais illégitime, je provoquerais des mouvements sociaux. On me dit : 'on ne peut pas vous reprocher vos idées. Mais attention, avec vous, il y aura des grèves'. Est-ce que vous posez cette question à Mme Royal ? Au nom de quoi il y aurait une candidate de l'apaisement et un candidat de l'affrontement. C'est extraordinaire qu'on me demande de m'expliquer sur les manifestations futures si j'étais élu".
Quel Premier ministre ?
Nicolas Sarkozy a de nouveau refusé de dire qui il nommerait à Matignon s'il était élu. Interrogé sur le sondage Sofres dans lequel Jean-Louis Borloo serait le postulant préféré des Français, il a répondu : "Au moins, je repartirai de cette émission avec une idée".
Liberté de ton
"Je ne suis pas candidat pour plaire à un petit milieu parisien", a estimé Nicolas Sarkozy, affirmant qu'il "était peut-être pour quelque chose" dans la très forte participation au premier tour. "Je paye quoi ? Le fait que la vie politique française suscitait un ennui profond. Les débats que vous les journalistes vous n'aimez pas, peut être que les Français les apprécient, je veux dire les débats francs".
Abandon des mandats
"Si je suis élu président de la République, j'abandonnerai immédiatement toute fonction élective et partisane", a déclaré Nicolas Sarkozy, actuellement président de l'UMP et du Conseil général des Hauts-de-Seine, ainsi qu'adjoint au maire de Neuilly-sur-Seine.
Pas de référendum
"Si je suis élu (...) est-ce que vous croyez que je pourrai dire au pays (...) , 'j'ai encore besoin d'avoir votre opinion' ? Après les législatives, il sera largement temps qu'on se mette au travail". Nicolas Sarkozy estime également que "le référendum voulu par le général de Gaulle n'est pas le référendum cantonal suisse", et qu'un président qui lance un référendum doit "engager son destin politique" sur l'issue du scrutin, comme l'avait fait le premier président de la Vème république. Il reconnaît que depuis, il y a eu "d'autres pratiques, d'autres exemples".
Dépendance
Nicolas Sarkozy a proposé de créer un "congé rémunéré" pour une personne qui s'occuperait d'une personne âgée dépendante ou en fin de vie. Il a rappelé qu'il souhaitait la création d'un "cinquième risque de la Sécurité sociale, le risque dépendance, qui serait géré par la Sécurité sociale et les départements" et qu'il entendait créer "des maisons pour personnes âgées dépendantes" et "permettre de faciliter l'emploi de personnes à domicile pour qu'elles puissent rester chez elles".
Capitalisme familial
Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il est "capital de renouer avec le capitalisme familial", afin d'éviter les effets pervers de la propriété des entreprises par des fonds de pension établis à l'étranger.
Abordant le cas d'Arena, qui vient de délocaliser en Chine son entreprise de Libourne , il a précisé que l'entreprise "appartient à un fonds de pension italien localisé en Suisse". "Quand on a des investisseurs français que l'on connaît et qui sont attachés à leur entreprise, ils ne délocalisent pas du jour au lendemain comme le font les fonds d'investissement et les fonds de pension, avec des dirigeants qui changent tout le temps et qui se moquent du tiers comme du quart de l'avenir des salariés. Si c'est une entreprise familiale, où on a l'entreprise dans la famille depuis des années, où on met son propre argent, où le chef d'entreprise habite sur le lieu et connaît les salariés, l'attitude n'est pas la même, il faut favoriser le capitalisme familial".
"Laisser mourir"
Nicolas Sarkozy s'est prononcé pour le "laisser mourir", citant le cas du président défunt François Mitterrand, et non pour le "faire mourir", se déclarant "opposé à toute forme d'euthanasie". "Le laisser mourir, c'est-à-dire l'interruption volontaire d'un traitement comme l'a fait le président Mitterrand sur son lit de mort, en tout cas d'après ce que j'en ai lu, cela je suis pour", a-t-il déclaré. "Il y a une différence dans mon esprit entre injecter le liquide mortel, ce que j'appelle faire mourir et interrompre un traitement dont on sait qu'il accélèrera la mort, ce que j'appelle le laisser mourir".
Afghanistan
"Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme, mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive", a déclaré Nicolas Sarkozy.
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