Nicolas Sarkozy présente son ouvrage intitulé "Ensemble", à la presse. © TF1/LCIDimanche, Ségolène Royal avait appelé Nicolas Sarkozy à "tenir ses nerfs" après qu'il a accusé la gauche de "faillite morale" et de prendre la défense de "voyous", suite aux incidents de la gare du Nord. Comme on lui demandait de réagir aux propos de sa rivale, le candidat UMP a déclaré lundi matin : "c'est une opinion, c'est la sienne. Elle doit simplement comprendre qu'une campagne électorale, c'est un échange d'arguments". "Il ne faut pas s'agacer dans une campagne électorale qu'il y ait des arguments qui s'échangent tranquillement", a-t-il poursuivi. "Je pense respecter mes contradicteurs".
Nicolas Sarkozy a ajouté : "Je n'ai pas eu le sentiment d'être très sévère avec Mme Royal. J'ai simplement dit que c'était une faillite morale. Je le pense. Il y a une crise morale, et la gauche porte une responsabilité dans cette crise morale". "Que devrais-je dire quand elle a dit +ignoble+ quand j'ai prononcé le mot +identité nationale+ ?. Ce n'était pas une perte de nerfs ? J'ai même dit que c'était une forme d'hystérie", a-t-il ajouté.
"C'est un livre qui m'engage"
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a présenté à la presse son ouvrage, à vingt jours du 1er tour. Dans "Ensemble", le candidat UMP veut "exprimer le fond de (son) coeur et de (ses) convictions". "C'est une lettre aux Français. C'est un livre qui m'engage", et qui est "le fruit d'une réflexion qui s'est précisée au fur et à mesure de la campagne", a déclaré Nicolas Sarkozy à la presse, en présentant l'ouvrage à la couverture tricolore.
Dans son propos liminaire, Nicolas Sarkozy s'est livré à un diagnostic de ce qu'il estime être les problèmes français. "La France traverse une triple crise : une crise politique, celle de l'impuissance publique, une crise économique et sociale, celle du travail ; une crise d'identité, celle de ses valeurs", a-t-il analysé. "Un projet présidentiel, cela ne peut pas et cela ne doit pas être un catalogue de mesures", a-t-il déclaré. Avant d'ajouter : "ce qui constitue l'essence d'un projet présidentiel (...), ce sont les valeurs qui le fondent et qui orienteront l'action présidentielle pour les 5 ans à venir".
"Ramener le taux de chômage à 5%"
Sur la question de la politique monétaire, Nicolas Sarkozy s'est dit prêt lundi à agir au sein de l'Eurogroupe pour sortir du "flou juridique sur la politique de change de l'euro". "J'agirai au sein de l'Eurogroupe pour nous doter d'un gouvernement économique et éviter d'avoir des chocs asymétriques de conjoncture, de sortir du flou juridique s'agissant de la politique de change, organiser une vraie concertation entre l'Eurogroupe et la BCE" a indiqué le candidat UMP. S'il a estimé qu'une modification du traité de Maastricht "serait sans doute très difficile", il n'a pas exclu qu'un "accord" soit "envisageable".
Autre sujet abordé : la lutte contre le chômage. Le candidat UMP a réaffirmé qu'il s'engageait à ramener en France le taux de chômage à 5% de la population active en cinq ans - selon les derniers chiffres du ministère de l'Emploi, le taux de chômage est retombé en France à 8,4% en février, un chiffre contesté, notamment par l'organisme européen Eurostat, qui l'évalue à 8,8%. Une contestation que récuse Nicolas Sarkozy. "Si les chiffres du chômage augmentaient, personne ne contesterait la réalité des statistiques", s'est-il défendu. "Il se trouve que ça baisse et à ce moment-là, comme toujours en France, on veut casser le thermomètre (...) Je ne vois pas que la candidate socialiste, si les chiffres montaient, viendrait à la télévision pour dire, 'le chômage augmente, c'est faux, les statistiques sont fausses'", a-t-il poursuivi.
Avec agence
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