Sarkozy sur un chantier
Sarkozy refuse "les combinaisons d'états-majors"
Tandis que sa rivale socialiste a franchi un nouveau pas mardi soir dans sa quête du soutien des centristes (lire notre article), Nicolas Sarkozy préfère parler aux élus UDF mais refuse toute alliance en bloc. Dans une interview au Monde (daté de jeudi), le candidat de l'UMP précise sa position.
"Je ne rentre pas dans la négociation partisane. Je dis simplement que tout élu de l'UDF qui soutiendra ma candidature avant le 6 mai sera dans la majorité présidentielle et recevra l'investiture de cette majorité (pour les législatives)", explique-t-il. Fidèle à son discours de campagne d'aller chercher les électeurs de quelque bord qu'ils soient, il ajoute : "je vais même plus loin : ceux qui viendront de la gauche, dans le cadre d'un contrat de gouvernement, y auront également leur place."
"S'il change c'est son droit mais qu'il le dise aux électeurs"
Se disant prêt à discuter d'un rééquilibrage de la place de l'UDF dans sa future majorité, s'il est élu, il ne veut toutefois de cette discussion qu'après le second tour. "Je n'ai jamais cru à un parti unique de la droite et du centre", mais "dans la majorité présidentielle, il y aura un pôle UMP et place pour un autre, issu du centre, qui pourra porter, avec l'identité qui est la sienne, les valeurs auxquelles il tient". Conclusion : "c'est à François Bayrou de choisir" s'il veut en être ou pas. Puis plus fermement, "il a toujours été dans la majorité de droite et du centre. S'il change c'est son droit mais qu'il le dise aux électeurs", estime-t-il.
Autre geste en direction de l'UDF, Nicolas Sarkozy prévoit la création d'un "statut de l'opposition" au niveau parlementaire et "je ne serai pas choqué que la présidence de la commission des Finances soit confiée à un élu de l'opposition", précise-t-il. Cette proposition est contenue dans le pacte présidentiel de Ségolène Royal. Il dénonce le "Tout sauf Sarkozy" qui selon lui, est "une construction médiatique parfaitement artificielle". "Agiter cet argument, c'est insulter les 11,5 millions de personnes qui ont voté pour moi. C'est les présenter soit comme des attardés, soit comme des fascistes", juge-t-il.
Ses réformes avant juillet
Dans cette même interview, Nicolas Sarkozy précise les réformes qu'il entend mettre rapidement sur pied. S'il est élu, dit-il, il proposera dès "juillet", "l'instauration de peines planchers sévères pour les multirécidivistes". Une mesure à laquelle l'ex-ministre de l'Intérieur avait du renoncer fin 2006, face à l'opposition de Clément et Villepin. En ce sens, "les mineurs multirécidivistes entre 16 et 18 ans seront punis comme les majeurs", "je proposerai l'interdiction de la sortie de prison à tout délinquant sexuel qui ne se soumettrait pas à un traitement médical et à un système de pointage tous les 15 jours" et "je souhaite la création d'un hôpital-prison dans chaque région : la prison n'est pas faite pour les gens atteints de maladies psychiatriques".
Il affirme par ailleurs que le service minimum dans les transports publics fera l'objet d'un "projet de loi dès l'été" sauf en cas d'accord entre le ministre des Transports et les syndicats d'ici là. Il répète aussi que la Constitution européenne, rejetée par les Français et les Néerlandais en 2005, est morte. Proposer un nouveau référendum aux Français serait une "folie" qui "tuerait" l'UE. "Je propose de la doter de quelques règles institutionnelles qui lui permettront de mieux fonctionner : un président, une règle de l'unanimité modifiée", ajoute-t-il.
Dernier point abordé par Nicolas Sarkozy dans cet entretien, le mode de scrutin. Il répète sa position : il est contre l'introduction d'une dose de scrutin proportionnel dans les élections législatives, comme le proposait François Bayrou.
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