Sarkozy: "tourner la page des fraudeurs et casseurs"

Par , le 01 avril 2007 à 19h40 , mis à jour le 02 avril 2007 à 10h25

Invité du Grand Jury dimanche, il a fustigé "l'hystérie" de ses rivaux "qui marque une faillite morale", notamment après les incidents en gare du Nord.

Election présidentielle/TF1-LCI : Nicolas Sarkozy, au Grand Jury le 1er avril 2007Nicolas Sarkozy, au Grand Jury le 1er avril 2007 © Election présidentielle/TF1-LCI

"Si je pensais moi-même que tout est réglé, pourquoi je serais encore là ?" C'est un Nicolas Sarkozy qui n'est plus ministre de l'Intérieur depuis quelques jours qui était interrogé dimanche soir dans le Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro sur ses "ex-dossiers" : incidents en gare du Nord, incidents entre parents et policiers à propos des sans-papiers, visite prochaine ou non en banlieue, politique d'immigration...

Le candidat de l'UMP s'est d'abord insurgé contre ceux qui sont "du côté des fraudeurs alors que tant de Français travaillent dur", d'autant que "la population ne se solidarise en rien avec les émeutiers". Une critique indirecte envers le PS qu'il accuse de laxisme envers les "voyous". "Vous croyez que ça leur fait plaisir (aux Français, ndlr) que certains tabassent des agents de l'ordre ? C'est un scandale. Si je suis candidat à la présidence de la République, c'est pour tourner la page de ce scandale", de la "République de la fraude", s'est-il exclamé martelant qu'il "ne sera pas le président qui tolérera les fraudeurs et les casseurs", car "la fraude, c'est un impôt payé par les pauvres".

Royal et Sarkozy se répondent

Alors que Ségolène Royal venait de s'en prendre de manière virulente à sa violence verbale dans laquelle elle voit une manière de camoufler son bilan au ministère de l'Intérieur (voir la vidéo), Nicolas Sarkozy a lui a répondu sur le plan de l'identité nationale : "J'ai parlé de faillite morale, et j'ai vu que cela n'avait pas plu à une candidate, et je persiste. L'hystérie qui a été développée quand j'ai osé parler d'identité nationale et d'immigration, c'est une hystérie qui marque une faillite morale" (voir la vidéo).

Avant d'ironiser : Ségolène Royal "a prononcé le mot ‘ignoble' quand j'ai proposé un ministère de l'immigration et de l'identité nationale... Remarque, j'ai été dépassé deux jours après : elle demandait un drapeau français chez chaque Français. Comme ça, ça fera deux drapeaux chez chaque Français !". Une demi-heure avant, la socialiste avait réitéré ses attaques contre son rival, l'accusant au Grand Rendez-vous de propos "méprisants, choquants, et humiliants". "Je refuse la pensée unique", répond Nicolas Sarkozy dénonçant le fait que "quand on parle d'identités régionales, chacun est légitime alors que quand on parle d'identité nationale, on parle de nationalisme". "Je revendique pour la France une identité nationale" car "on doit parler aux Français de la France" face à la "crise de valeurs".

A quand la visite en banlieue ?

Autre polémique du moment : les incidents qui ont eu lieu il y a deux semaines devant une école de l'est parisien entre parents et policiers quand un grand-père chinois avait été interpellé en venant chercher son petit-fils. Nicolas Sarkozy a refusé qu'on le prenne par les sentiments : "si on est grand-père et sympathique, on ne peut pas être expulsé ? Je ne pense pas que ce soit une question de sympathie" (voir la vidéo). Répétant qu'il ne "fera pas de régularisation globale", le candidat a estimé que la proposition de Ségolène Royal de régulariser "chaque parents et grands-parents" "créera une filière d'immigration clandestine". On ne peut pas, a-t-il dit "donner des papiers à tous les enfants, sous prétexte qu'ils sont scolarisés".

Il a en outre refusé de dire quand il se rendrait en banlieue, détournant la question ("la France ne se réduit pas aux gens qui vont brûler les voitures") et retournant les journalistes à leurs accusations : "pendant des mois j'ai été accusé par les mêmes journalistes d'instrumentaliser la banlieue, à chaque fois que je m'y rendais". Avant une pique : "François Bayrou y a été deux fois en tout et pour tout, je pourrai lui indiquer d'autres endroits".

Parité homme-femme s'il est élu

Dernier chapitre évoqué : les sujets économiques, parmi lesquels la BCE qui "confond l'indépendance et l'indifférence". "Je n'ai pas voté ‘oui' à l'euro pour avoir cet euro là. Nous sommes la seule région du monde qui refuse obstinément de mettre la monnaie au service de la croissance", s'est-il insurgé. S'il est élu, il donnera donc pour consigne à son ministre des Finances de provoquer une réunion de l'Eurogroupe sur la politique monétaire et de change et de moraliser le capitalisme financier. Nicolas Sarkozy a aussi déclaré qu'il "ne maintiendrait pas en l'état" le "décret Robien" allongeant le temps de travail de certains enseignants sans contrepartie financière.

En fin d'émission, Nicolas Sarkozy a promis la parité homme-femme dans son gouvernement, sil est élu, confirmant son intention de nommer un gouvernement de 15 ministres, sans "aucun" ministre délégué. Il a d'autre part rejeté l'idée de garder la présidence de l'UMP s'il est élu président de la République. "Ça n'a aucun sens (...) Le président de la République, c'est l'homme de la nation, ce n'est pas l'homme d'un clan."

Par Diane Heurtaut le 01 avril 2007 à 19:40
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15 Commentaires

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  • Valente, le 02/04/2007 à 16h43

    Je suis à fond pour Mr Sarkozy : un pays sans règles ni lois est voué à sa perte. Pourquoi ne pas dire le dévouement des policiers ? Le wweek-end dernier, ma nièce a eu un grave accident et ma soeur m'a dit être émue de l'humanité et la gentillesse des policiers ainsi que des pompiers...Ils font un travail remarquable qui mérite d'être respecté au plus au niveau. Mr Sarkozy parle avec vérité et aime la France. Ses détracteurs, par leurs propos cinglants démontrent qu'ils n'ont rien à faire de ce pays : ce qui compte c'est accéder au pouvoir. Arrêtons la démagogie !

  • Thierry, le 02/04/2007 à 15h52

    Bonjour , contrairement à un avis qu eje viens de lire ,, Giscard a fait un des meilleurs septenat qui est connu de tous,,, il est vrai que c'était il y a 30 ans , nous sommes dans un autre contexte. Amitiés

  • Mimi, le 02/04/2007 à 15h14

    Au sujet de la réaction sur les parents de monsieur sarkozy je réponds : que,les parents de monsieur sarkozy n'étaient certainement pas : ni des fraudeurs ni des voyous, ni des "sangsues" de l'étât mais des gens honnêtes qui ont respecté leur pays d'accueil pour devenir de BONS FRANCAIS !

  • Robert, le 02/04/2007 à 15h02

    A ceux qui disent qu'a fait M. Sarkosy pendant 5 ans ? Je réponds: il arretait les délinquant avec les moyens dont il disposait en tant que Ministre, pendant que les juges relachaient ces meme délinquants. Alors évidemment le bilan ne peut pas être à la hauteur des espérences! Mais ce n'est pas lui le responsable, en aucun cas!

  • Tryphon, le 02/04/2007 à 14h20

    Hystériques les autres ? c'est l'hôpital qui se moque de l'infirmerie !

  • Yves, le 02/04/2007 à 14h14

    On peut être ferme sans être sans cesse intrangiseant. Mr Sarkozy est très intransigeant, signe d'un manque de clairvoyance parfois. Je crois que certains de ses électeurs n'ont pas complètement évalué cette donnée, qui pourrait beaucoup nuire à la paix sociale et à la paix tout court pour notre Pays. Merci de me diffuser cette fois.

  • Aurelie, le 02/04/2007 à 14h02

    Pendant 4ans il n'a pas pu mener à bien sa politique étant donné qu'il avait la gauche, Chirac, De Villepin contre lui et qui faisaient tout pour essayer de le faire echouer,donc les petits voyoux se sentant défendu par une parti des politiques en profite.Vivement qu'il est le pouvoir réel d'agir

  • Raynalin, le 02/04/2007 à 13h59

    Si l on avait fait subir aux parents de sarko ce qu il veut faire subir aux etrangers il ne serait pas en train de se presnter a la presidence de la republique;en plus beaucoup de gens qui l entoure sont dans son cas; alors non merci pour le programme

  • Michel, le 02/04/2007 à 13h52

    Bravo Monsieur SARKOZY, Je voterai SARKOZY car il va de l'avant. Quant à BAYROU, il dit que l'on n'a pas essayé le Centre, moi je dis que oui, Qu'était Monsieur Giscard D'Estaing ?, un Centriste !!! et ou cela nous à conduit, à l'élection de Mitterand !!! que les plus anciens se souviennent MERCI DE ME PUBLIER !!!!

  • LE BODO, le 02/04/2007 à 13h48

    En suivant l'émission sur LCI j'ai eu l'impression que M.SARKOSY était jugé devant un tribunal dont le président était M. APHATI. Un journaliste qui exerce correctement son métier ne doit faire transpirer ses idées politiques, même si dans cet hypocrite microcosme parisien être de gauche c'est bien même si on pense le contraire. En tous cas si SARKOZY n'a pas le suffrage des gens de la ville, il aura celui des campagnes!!!Ras le bol d'entendre parler que des banlieues. Il y a des francais qui souffrent dans les campagnes qui ne se plaigent pas et dont personne ne s'occupe.

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