Nicolas Sarkozy, au Grand Jury le 1er avril 2007 © Election présidentielle/TF1-LCI"Si je pensais moi-même que tout est réglé, pourquoi je serais encore là ?" C'est un Nicolas Sarkozy qui n'est plus ministre de l'Intérieur depuis quelques jours qui était interrogé dimanche soir dans le Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro sur ses "ex-dossiers" : incidents en gare du Nord, incidents entre parents et policiers à propos des sans-papiers, visite prochaine ou non en banlieue, politique d'immigration...
Le candidat de l'UMP s'est d'abord insurgé contre ceux qui sont "du côté des fraudeurs alors que tant de Français travaillent dur", d'autant que "la population ne se solidarise en rien avec les émeutiers". Une critique indirecte envers le PS qu'il accuse de laxisme envers les "voyous". "Vous croyez que ça leur fait plaisir (aux Français, ndlr) que certains tabassent des agents de l'ordre ? C'est un scandale. Si je suis candidat à la présidence de la République, c'est pour tourner la page de ce scandale", de la "République de la fraude", s'est-il exclamé martelant qu'il "ne sera pas le président qui tolérera les fraudeurs et les casseurs", car "la fraude, c'est un impôt payé par les pauvres".
Royal et Sarkozy se répondent
Alors que Ségolène Royal venait de s'en prendre de manière virulente à sa violence verbale dans laquelle elle voit une manière de camoufler son bilan au ministère de l'Intérieur (voir la vidéo), Nicolas Sarkozy a lui a répondu sur le plan de l'identité nationale : "J'ai parlé de faillite morale, et j'ai vu que cela n'avait pas plu à une candidate, et je persiste. L'hystérie qui a été développée quand j'ai osé parler d'identité nationale et d'immigration, c'est une hystérie qui marque une faillite morale" (voir la vidéo).
Avant d'ironiser : Ségolène Royal "a prononcé le mot ‘ignoble' quand j'ai proposé un ministère de l'immigration et de l'identité nationale... Remarque, j'ai été dépassé deux jours après : elle demandait un drapeau français chez chaque Français. Comme ça, ça fera deux drapeaux chez chaque Français !". Une demi-heure avant, la socialiste avait réitéré ses attaques contre son rival, l'accusant au Grand Rendez-vous de propos "méprisants, choquants, et humiliants". "Je refuse la pensée unique", répond Nicolas Sarkozy dénonçant le fait que "quand on parle d'identités régionales, chacun est légitime alors que quand on parle d'identité nationale, on parle de nationalisme". "Je revendique pour la France une identité nationale" car "on doit parler aux Français de la France" face à la "crise de valeurs".
A quand la visite en banlieue ?
Autre polémique du moment : les incidents qui ont eu lieu il y a deux semaines devant une école de l'est parisien entre parents et policiers quand un grand-père chinois avait été interpellé en venant chercher son petit-fils. Nicolas Sarkozy a refusé qu'on le prenne par les sentiments : "si on est grand-père et sympathique, on ne peut pas être expulsé ? Je ne pense pas que ce soit une question de sympathie" (voir la vidéo). Répétant qu'il ne "fera pas de régularisation globale", le candidat a estimé que la proposition de Ségolène Royal de régulariser "chaque parents et grands-parents" "créera une filière d'immigration clandestine". On ne peut pas, a-t-il dit "donner des papiers à tous les enfants, sous prétexte qu'ils sont scolarisés".
Il a en outre refusé de dire quand il se rendrait en banlieue, détournant la question ("la France ne se réduit pas aux gens qui vont brûler les voitures") et retournant les journalistes à leurs accusations : "pendant des mois j'ai été accusé par les mêmes journalistes d'instrumentaliser la banlieue, à chaque fois que je m'y rendais". Avant une pique : "François Bayrou y a été deux fois en tout et pour tout, je pourrai lui indiquer d'autres endroits".
Parité homme-femme s'il est élu
Dernier chapitre évoqué : les sujets économiques, parmi lesquels la BCE qui "confond l'indépendance et l'indifférence". "Je n'ai pas voté ‘oui' à l'euro pour avoir cet euro là. Nous sommes la seule région du monde qui refuse obstinément de mettre la monnaie au service de la croissance", s'est-il insurgé. S'il est élu, il donnera donc pour consigne à son ministre des Finances de provoquer une réunion de l'Eurogroupe sur la politique monétaire et de change et de moraliser le capitalisme financier. Nicolas Sarkozy a aussi déclaré qu'il "ne maintiendrait pas en l'état" le "décret Robien" allongeant le temps de travail de certains enseignants sans contrepartie financière.
En fin d'émission, Nicolas Sarkozy a promis la parité homme-femme dans son gouvernement, sil est élu, confirmant son intention de nommer un gouvernement de 15 ministres, sans "aucun" ministre délégué. Il a d'autre part rejeté l'idée de garder la présidence de l'UMP s'il est élu président de la République. "Ça n'a aucun sens (...) Le président de la République, c'est l'homme de la nation, ce n'est pas l'homme d'un clan."
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