A 34 ans, dans les pas de Royal

Par Propos recueillis par Marianne COTIS, le 31 mai 2007 à 18h18 , mis à jour le 05 juin 2007 à 14h25

Deux-Sèvres, 2e circ. -. Delphine Batho, jeune pousse du PS, tente de surfer sur le bon score du parti à la présidentielle pour récupérer le siège qu'occupait Royal à l'Assemblée.

[Expiré] [Expiré] Delphine Batho en campagne dans les Deux-Sèvres © AFP/F. Perry

Lieu : 2e circonscription des Deux-Sèvres
Enjeu : Delphine Batho, la candidate du PS, succédera-t-elle à Ségolène Royal ?

Difficile de se faire une place dans l'après-Royal. L'ex-candidate socialiste à la présidentielle ayant décidé de ne pas se représenter aux législatives dans les Deux-Sèvres, Delphine Batho, secrétaire national du PS chargé des questions de sécurité depuis 2004, y a été parachutée pour prendre la relève.

Même si la circonscription a voté majoritairement pour Ségolène Royal le 6 mai dernier (58,02%), la partie est loin d'être gagnée pour Delphine Batho. Jean-Pierre Griffault, son rival de l'UMP, est très implanté dans le secteur. Elu du canton rural de la Mothe Saint-Héray, il a déjà battu Ségolène Royal lors des cantonales de 1998. Pour le MoDem, c'est également une élue locale, Simone Donnefort, qui est en charge de remporter la circonscription.

LCI.fr : Vous succédez à Ségolène Royal dans son fief. Un défi difficile à relever ?
Delphine Batho :
Cette circonscription est particulièrement symbolique du fait de ses liens avec Ségolène Royal. Cette élection est donc un challenge qui me pousse en avant et me force à être à la hauteur. Mais cela ne me fait pas peur, car je suis portée par des valeurs. Je crois que la circonscription a envie de se tourner vers l'avenir tout en restant fidèle aux idées de Ségolène Royal. Or je défends la fidélité au travail que la présidente de Poitou-Charentes a mené pendant ces 19 dernières années. Elle a été pendant des années aux côtés des élus locaux pour faire émerger des projets phares. En même temps, j'incarne la rénovation et le renouvellement des générations politiques.

LCI.fr : Quels sont vos liens personnels avec Ségolène Royal ?
D.B. : Ségolène Royal est la présidente de mon comité de soutien. C'est elle qui m'a personnellement demandé de m'implanter dans la circonscription. Je la connais bien : j'ai fait partie de son équipe de campagne. Même si je n'ai pas la présomption de dire qu'elle s'est reconnue en moi, je pense qu'elle a dû juger de mes compétences et de mes qualités au regard d'un secteur qu'elle connaît bien.

LCI.fr : Vous n'êtes pas de la région Poitou-Charentes. Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d'avoir été "parachutée" ?
D.B. : J'assume le fait d'être nouvelle. D'ailleurs, je le suis de moins en moins : cela fait désormais plus d'un an que j'ai été investie candidate. Je crois donc déjà bien connaître la circonscription. Et puis j'ai d'autres atouts. J'ai exercé des responsabilités à l'échelon national au PS. Si je suis élue, j'aurai de la visibilité à l'Assemblée nationale.

LCI.fr : Ségolène Royal a obtenu un très bon score à la présidentielle dans votre circonscription. Etes-vous confiante ?
D.B. : Je ne fais pas de pronostics car une élection n'est jamais jouée d'avance. De fait, je ne perds pas une minute pour convaincre. J'organise des réunions avec les électeurs. Beaucoup de questions me sont posées sur la santé, notamment sur la franchise médicale qui inquiète énormément. Je suis candidate dans une circonscription où habitent un grand nombre de personnes âgées, isolées, vivant avec 600 euros par mois. Mettre en place la franchise, c'est leur supprimer l'accès aux premiers soins.

LCI.fr : Pourtant vous avez, vous aussi, connu des dissensions internes. Eric Gautier, qui voulait être le candidat du PS et qui a finalement été désigné suppléant, vous a accusée de manquer de légitimité. Il a été remplacé très récemment par Jean-Luc Drapeau. Tous ces couacs de campagne peuvent-ils nuire à votre candidature ?
D.B. : Cette phase-là est derrière nous. Aujourd'hui nous sommes rassemblés. D'ailleurs nous avons tirés les leçons de la campagne présidentielle. Ici, beaucoup de personnes en ont marre des chausse-trappes qui sont venues de notre propre camp. Ils veulent l'unité.

François Bayrou a fait un relativement bon score dans votre circonscription à la présidentielle (16,18%). En cas de triangulaire, une alliance avec le MoDem est-elle possible ?
D.B. : Je n'en sais rien. Le 1er tour n'est pas passé, les gens n'ont pas voté. Moi je ne fais pas de politique avec des "si". Surtout que, pour l'instant, on ne sait pas très bien dans quelle logique se situe François Bayrou.


Jean-Pierre Griffault : "L'aura de Royal" a joué le 6 mai dernier

LCI.fr : Etes-vous confiant, en dépit du bon score de Ségolène Royal à la présidentielle ?
Jean-Pierre Griffault :
Bien sûr que je suis confiant. Le 6 mai dernier, Mme royal était encore députée des Deux-Sèvres et présidente de région. Je pense que son aura a incité de nombreuses personnes à glisser un bulletin de vote à son nom. Mais une élection législative est particulière.

LCI.fr : Quels sont vos atouts face à Delphine Batho ?
J-P. G. :
L'analyse de mes concurrents, je n'en fais pas ma priorité. Je suis candidat avec des objectifs, un programme. Depuis un an, je travaille sur les valeurs que je veux mettre en avant et sur les dossiers locaux : le développement du territoire, le marais poitevin, les questions médico-sociales, les partenariats entre les hôpitaux locaux. etc. Par ailleurs, j'ai eu des responsabilités au niveau national. J'ai notamment travaillé sur la protection de l'enfance avec Mme Valéry Giscard d'Estaing.

LCI.fr : Les luttes de pouvoir qui ont eu lieu entre Delphine Batho et Eric Gautier servent-elles votre candidature ?
J-P. G. :
Je pense que nos concitoyens sont très observateurs et j'ai tout-à-fait confiance dans l'analyse qu'ils font de mes concurrents. Je pense que l'unité et le rassemblement sont des facteurs de succès dans toute action politique. De notre côté, nous sommes clairement dans cette logique là.

LCI.fr : Vous êtes membre du Parti radical valoisien présidé par Jean-Louis Borloo. En cas de triangulaire avec le MoDem et le PS, envisagez-vous une alliance avec le parti de François Bayrou ?
J-P. G. : 
Nous verrons à l'issue du 1er tour. Pour le moment, je ne suis pas du tout dans cette logique. Je connais bien la candidate du MoDem. Nous avons travaillé ensemble et sommes, nous deux, des gens du territoire, qui avons combattu l'hégémonie politique de Mme Royal. Mes deux succès majeurs en politique - ma victoire aux cantonales contre Ségolène Royal en 1998 et ma réélection en 2002 -, je les ai d'ailleurs remportés sous l'étiquette UDF. Mais depuis l'année dernière, j'ai vu apparaitre la nouvelle orientation de François Bayrou et j'ai préféré m'investir dans un parti indépendant associé à l'UMP.


Les autres candidats

Nicole Poupinot (LO)
Gisèle Sicot (ALT)
Geneviève Paillaud (Verts)
Gilles Athanassoff (DIV)
Anne-Marie Vicquelin (DIV)
Simone Gendreau-Donnefort (MoDem)
Iris Tisserand (MPF)
Jean-Romée Charbonneau (FN)

Par Propos recueillis par Marianne COTIS le 31 mai 2007 à 18:18
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3 Commentaires

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  • Odile, le 01/06/2007 à 14h40

    @ Anita : on parlera de Ségolène Royal quand on le voudra : n'oubliez pas que vous dénigrez 17 millions de Français qui ont voté pour elle !! Il est vrai que c'est bien plus agréable de parler de Nicolas Sarkozy !

  • Anita, le 01/06/2007 à 13h30

    Quand est-ce que on va enfin arreter de nous parler sans arret de Segolene Royal et de sa suite??priere de me publier!!

  • Jean-pierre, le 01/06/2007 à 11h15

    Est-ce que le "look" ROYAL suffira à convaincre les électeurs ? pas sur ...

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