Un amphi de la fac de Tolbiac © TF1/LCIIls sont en colère depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Cette colère, ils l'expriment depuis dimanche soir dans la rue en manifestant contre le nouveau président. Cette colère, ils l'amènent maintenant sur les bancs de la fac. Depuis la victoire du candidat de l'UMP, des étudiants déçus organisent des assemblées générales dans les facs parisiennes. Mot d'ordre : protester contre les réformes universitaires annoncées par Nicolas Sarkozy avant l'élection. Mais aussi, selon la liste des revendications de la CNT (anarchiste) obtenue par LCI.fr : obtenir la régularisation des sans-papiers, lutter contre le fichage ADN, contre le projet de Contrat de Travail unique etc.
La mobilisation, lancée lundi lors de deux petites AG à la Sorbonne et Tolbiac, a été peaufinée mercredi quand 800 étudiants ont voté la grève et le blocage immédiat du site de Tolbiac, une tour dont les salles sont accessibles par des ascenseurs qu'il suffit de bloquer pour interdire tout accès. La suite des événements ? Jeudi, le président de l'université de Paris I-Panthéon Sorbonne a décidé de "fermer" le site, une centaine d'étudiants occupant toujours des amphis à l'intérieur. "Une telle situation portant un préjudice grave à nos étudiants et plus généralement à notre université, je prendrai toutes mes responsabilités pour qu'il y soit mis un terme dans les meilleurs délais", a précisé Pierre-Yves Henin. Les étudiants auraient toutefois voté lors d'une AG tenue peu après le déblocage du site. "Ils ont voulu tenir compte de la forte mobilisation des étudiants qui souhaitaient pouvoir reprendre les cours", a commenté un responsable de Sud Etudiant. Dans d'autres facs, telles Paris VIII-Saint-Denis, Lille 1, Nanterre et la Sorbonne, des AG devaient décider dans la journée d'éventuelles actions.
"On ne peut pas contester une réforme qui n'existe pas"
Interrogé par LCI.fr, Bruno Julliard, le président de l'Unef, principal syndicat étudiant, s'est dit mercredi "opposé" à cette contestation même s'il "comprend la tristesse de ces jeunes dont c'était la première élection pour beaucoup". "On pense qu'il faut respecter le résultat du suffrage. D'un point de vue démocratique, personne n'a la légitimité de contester ce vote, explique Bruno Julliard. Selon lui, ces actions sont "contre-productives". "On ne peut pas contester une réforme qui n'existe pas, constate-t-il. C'est le meilleur moyen de crédibiliser le futur travail des syndicats lors des négociations".
"C'est plus dur de faire retirer une loi"
"Priorité absolue", du nouveau président, l'Enseignement supérieur devrait faire l'objet d'une loi dès cet été. Au programme : "autonomie réelle" des universités, accueil de "tous les bacheliers" avec un nombre par filière qui devrait dépendre des "réalités du marché du travail"... C'est tout, Nicolas Sarkozy n'a pas commencé la mise en oeuvre de son programme.
"Pour le CPE, on nous a reproché de nous mobiliser trop tard, les réformes vont passer en juillet : pour moi, c'est une réaction de mise en garde, dans la période qui nous est impartie, on ne peut pas attendre le résultat en octobre, c'est plus dur de faire retirer une loi", a argumenté Sarah, une étudiante qui se trouvait à l'intérieur du site de Tolbiac interrogée par l'AFP.
Violences : Besancenot désapprouve |
L'ancien candidat LCR, Olivier Besancenot, a déclaré mercredi sur LCI qu'il désapprouvait les violences qui ont suivi l'élection de Nicolas Sarkozy, appelant plutôt à "une journée de vigilance unitaire", "fin mai ou début juin", pour contrer la politique de la droite. "Il y a des jeunes qui sont révoltés, énervés, mais qui canalisent leur colère dans quelque chose qui n'est pas efficace. Les actions minoritaires ultraviolentes et désespérées, ça n'a jamais été notre truc", a-t-il dit. |
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