François Bayrou, lors du congrès national de l'UDF © TF1/LCILe 21 mars, alors en plein envol dans les sondages pour le premier tour, François Bayrou avait tenu au Zénith de Paris le premier grand meeting parisien de sa campagne présidentielle. A l'époque, la salle était remplie à ras bords de militants. Surtout, les premiers rangs étaient occupés par de nombreux élus de l'UDF, dont la plupart des 28 autres députés que comptait le parti.
Deux mois plus tard, François Bayrou retrouve ce soir la salle de la Porte de Pantin -en direct sur LCI.fr à partir de 19h. Mais dans une situation bien différente. Fort de ses 18,57% des voix au premier tour, il a depuis transformé l'UDF en Mouvement démocrate, ou MoDem pour faire plus court. Mais a surtout été "lâché" par 22 de ses parlementaires, qui ont préféré rejoindre le camp de la "majorité présidentielle" et s'allier à l'UMP pour les législatives.
Record de candidats
Résultat : outre François Bayrou lui-même, seuls quatre députés UDF sortants ont été investis de l'étiquette MoDem -Jean Lassalle, Anne-Marie Comparini, Gilles Artigues et Jean-Christophe Lagarde. Mais ce dernier, reçu mardi à Matignon avec les autres candidats de la majorité présidentielle, se présente également à ses électeurs sous l'étiquette "Bobigny-Drancy". Deux autres députés sortants -Philippe Folliot et Rodolphe Thomas- sont enfin "soutenus" par le MoDem, mais le premier affirme qu'il se situe aussi dans "majorité présidentielle".
François Bayrou, qui clame haut et fort qu'il continuera coûte que coûte malgré les défections, présentera au total 535 candidats le 10 juin pour le premier tour, soit un record pour l'UDF depuis sa création en 1978 -à titre de comparaison, elle n'avait que 217 représentants en 2002. Pour amener notoriété et expérience, six députés européens UDF (sur 11) se présentent, dont Marielle de Sarnez et Jean-Marie Cavada. Parmi les candidats figurent aussi des Verts et des membres de Cap 21, le parti écologiste de Corinne Lepage, ainsi que l'ancien ministre Azouz Begag et l'ex-judoka champion olympique Djamel Bouras.
Pas de groupe parlementaire ?
Ce soir, ce sont les nouveaux candidats et les nouveaux adhérents -François Bayrou en revendique déjà 70 000- qui animeront la première partie du meeting du Zénith, une salle pouvant accueillir jusqu'à 6 400 personnes. François Bayrou prononcera ensuite son discours lors de la deuxième partie. Il devrait notamment tirer à boulets rouges sur ceux qu'il surnomme les "22 salopards" et dont le nouveau parti, baptisé provisoirement Parti social libéral européen (PSLE), est surnommé "satellite de l'UMP" et "armée de figurants" voulant "profiter du financement public" par ses troupes.
Ces deux partis du centre vont donc se disputer l'électorat et surtout l'héritage parlementaire de l'UDF. Fort de son accord avec l'UMP, le PSLE présentera environ 80 candidats et affirme qu'"une trentaine" d'entre eux sont éligibles. De son côté, selon les différents sondages, le MoDem obtiendrait autour de 10 % au premier tour des législatives. Mais, en l'absence d'alliance avec le PS, les projections en sièges ne lui donnent au mieux que dix députés. Loin des vingt nécessaires pour constituer un groupe parlementaire à l'Assemblée. Siégeant en non-inscrit, François Bayrou risquerait ainsi d'entamer une traversée du désert.
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