Le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le 2 mai 2007, dans un studio à Boulogne © Election présidentielle/TF1-LCILa prestation des deux candidats fait l'unanimité chez eux : quand le PS salue une Ségolène Royal ayant dominé le débat, l'UMP se félicite que son candidat ait pris l'avantage.
Réactions à gauche
- François Hollande, Premier secrétaire du PS : elle a "conduit et dominé" le débat, faisant la démonstration de la "crédibilité" et de sa "capacité à exercer les fonctions" de chef d'Etat. "Le débat a été fructueux. Ségolène a conduit et même dominé l'échange (...). Elle a montré (...) de la crédibilité. Elle a montré aussi de la cohérence, de la capacité à exercer les fonctions", a déclaré le numéro un socialiste. Selon lui, la candidate du PS "a bien fait apparaître que Nicolas Sarkozy était le candidat sortant, y compris sur la sécurité".
- Vincent Peillon, porte-parole de campagne de Royal : elle "a fait la différence" face à Sarkozy "en permanence sur la défensive", "imprécis" voire "indécent" dans certains dossiers. "Ce soir, le masque est tombé", estime-t-il. "Sorti de la fuite devant ses responsabilités et de son bilan, il n'a rien à proposer, si ce n'est des discours lénifiants et des droits opposables", a-t-il poursuivi. Alors que "Ségolène Royal a fait preuve ce soir d'autorité et de compétence, de cohérence et de courage. Ce débat, tant attendu, aura été utile".
- Arnaud Montebourg, porte-parole de Royal : elle "a dominé le débat de A à Z. Il n'y a pas eu de moment où Nicolas Sarkozy a réussi à imposer un tant soit peu ses idées. Elle a gagné ce débat". "Il y avait ce mélange extraordinaire dans une femme exceptionnelle".
- Julien Dray, porte-parole de Royal: "ceux qui ne connaissaient pas Ségolène Royal ont découvert une présidente, une femme d'autorité, de convictions. A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy a été sur la défensive. Peut-être qu'il ne s'attendait pas à une telle confrontation et à une telle intensité. Ceux qui ont voté pour elle au premier tour, comme tous ceux qui doutent, se disent: ‘c'est une sacrée bonne femme'."
- Jack Lang, conseiller spécial de Royal: "Ségolène Royal a été époustouflante de bout en bout. Avec une pêche d'enfer elle a donné le la en permanence. Elle est apparue avec évidence comme la présidente de la France. Sa stature, son autorité, sa compétence se sont imposées avec éclat."
- Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale : elle "a impressionné, beaucoup ne la connaissaient pas à ce niveau de capacité, de détermination et d'autorité". "Je pense que ça pèsera et que ça fera réfléchir ceux qui, de bonne foi, hésitent et notamment pensent peut-être qu'une femme, la France n'est pas encore prête à la mettre présidente de la République". "Je pense que ce soir, il y aura une partie des Françaises et des Français qui auront basculé dans le choix du vrai changement." Tandis que "le candidat de l'UMP s'est enferré dans la continuité d'un système à bout de souffle où promesses clientélistes, mesures non financées, autoritarisme et à peu près s'enchevêtrent. M. Sarkozy est apparu mal à l'aise, emprunté, maîtrisant mal ses dossiers. Il incarnait la politique d'hier".
- Yann Wehrling, porte-parole des Verts : "Nicolas Sarkozy fait preuve d'une totale incompétence sur les questions de l'écologie. Il se contente de micro-mesures, comme les agrocarburants, totalement à côté des enjeux. Ségolène Royal fait vraiment la différence par exemple en développant les capacités de création d'emplois en matière d'écologie et la politique fiscale écologique".
- Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche : "Confiante, compétente, sereine, Ségolène Royal a dominé un Nicolas Sarkozy constamment sur la défensive et approximatif". "Elle a remporté ce soir une victoire déterminante qui doit lui permettre d'être élue dimanche présidente de la République".
- Alain Krivine, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire : "Je crois que les propos de Sarkozy, ce soir, ça ne peut qu'inciter les hésitants à voter dimanche prochain contre Sarkozy. Il est apparu pour ce qu'il est, c'est-à-dire véritablement un adversaire aujourd'hui du monde du travail et de la jeunesse". "Je ne pense absolument pas que Ségolène Royal a pu séduire l'électorat de la Ligue mais je crois que Sarkozy, par contre, a certainement convaincu beaucoup d'hésitants qu'il fallait vraiment voter contre lui dimanche".
Réactions à droite
- Xavier Bertrand, porte-parole de campagne de Sarkozy : "ce soir c'est Nicolas Sarkozy qui inspirait confiance et le débat va renforcer la dynamique autour de lui". Il "a été davantage concret" alors que "les Français attendaient beaucoup de précisions". "Il n'y a pas photo, Nicolas Sarkozy est précis et concret". Quant à la forme du débat, "il y a eu davantage de respect de la part de Nicolas Sarkozy".
- Rachida Dati, l'autre porte-parole de Sarkozy : le débat a été "très digne de la part de Nicolas Sarkozy". "Il a eu beaucoup de respect pour Ségolène Royal malgré l'énervement et l'emportement" de la candidate PS. "Le débat a mis en évidence les incohérence et le flou du programme de Ségolène Royal". "Elle s'est contredite parfois par rapport à toute cette campagne". Le candidat UMP "en revanche, a été honnête avec les Français".
- Gilles de Robien, ministre UDF de l'Education nationale rallié à Sarkozy, dénonce "les affirmations" de Royal sur la scolarisation des enfants handicapés qui "sont totalement dénuées de fondement". "Le nombre d'élèves handicapés accueillis dans le système éducatif a pratiquement doublé entre la rentrée 2002 et la rentrée 2006". "Aujourd'hui, 20.000 élèves handicapés bénéficient d'un accompagnement individualisé. Ils étaient 4.000 en 2003".
- Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense : il "a montré sa grande supériorité" alors que Ségolène Royal "a un peu perdu la maîtrise de son ton et de ses propos". "Elle a vraiment lâché ses nerfs et ensuite elle a essayé de rattraper un peu. C'est sans doute un problème de capacité de faire face à des moments de grande tension".
- Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP : "Ce débat, c'est Nicolas Sarkozy qui l'a gagné. Parce que tout le monde pensait qu'il allait s'énerver. Parce que toute la campagne du PS a été fondée uniquement sur son caractère, et sur le fait qu'il devait faire peur".
- Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy: "on a eu un débat entre candidats à la présidence de la République (...) Le débat a montré que Nicolas Sarkozy était préparé à l'exercice du pouvoir, qu'il a une parfaite maîtrise de lui, qu'il connait parfaitement ses dossiers".
- Patrick Ollier (UMP), président de l'Assemblée nationale: "Nicolas Sarkozy fait preuve d'une fantastique connaissance des dossiers". Il "a ainsi démontré sa capacité à diriger la France face à une candidate socialiste affichant des bonnes intentions sans être capable d'apporter les clarifications nécessaires à la compréhension de son projet".
- Jean-Christophe Lagarde, député UDF : "Un débat pénible. Je déplore le manque de crédibilité de Mme Royal pour occuper la fonction présidentielle. Son projet économique semble généreux, il n'est que flou et dangereux. J'ai compris pourquoi les soutiens de la candidate socialiste s'acharnaient à fasciser de façon irresponsable M. Sarkozy, au risque de faire naître des incidents graves au soir du deuxième tour de l'élection".
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