Deux heures d'accrochages à vif

le 02 mai 2007 à 23h10 , mis à jour le 03 mai 2007 à 02h57

Le débat de 2h39 entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy a été émaillé d'échanges durs, la candidate PS reprochant à son rival "un summum d'immoralité politique" sur la question des handicapés à l'école.

Election présidentielle/TF1-LCI : Le face à face Royal-Sarkozy, le 2 mai 2007Le face à face Royal-Sarkozy, le 2 mai 2007 © Election présidentielle/TF1-LCI

21h00 : Royal attaque d'emblée sur la délinquance 

Premier à s'exprimer, Nicolas Sarkozy affirme vouloir "tirer les conséquences des tsunamis politiques de ces dernières années : Le Pen au 2nd tour en 2002 et le non au référendum. Il faut donc des résultats. Je ne m'abriterai pas derrière des tabous. Je demanderai à être jugé par les Français ". Autre promesse, limiter le nombre de mandats présidentiels à deux.

A son tour, Ségolène Royal affirme qu'elle veut "un nouveau système politique avec des responsables politiques plus efficaces". Mais très vite, elle attaque son rival en pointant son bilan au ministère de l'Intérieur et dénonce "l'augmentation des violences".  Elle lance un pic : "le commissariat de Clichy que vous avez promis n'est toujours pas ouvert". Elle veut, si elle est élue dimanche, que les femmes fonctionnaires soient raccompagnées chez elles après leur service pour protéger leur sécurité,  Réponse de Nicolas Sarkozy : "Est-ce je suis responsable d'une partie du bilan du gouvernement ? Oui, Mme Royal (...). Sur les défaillances de la République, gauche et droite nous avons notre part", a-t-il estimé face à Ségolène Royal. En arrivant place Beauvau, "j'ai trouvé une situation qui était catastrophique et qui était pour beaucoup dans la défaite de vos amis" en 2002, a-t-il ajouté.

21h30 : "Les 35 heures, catastrophe généralisée", affirme Sarkozy 

Pour relancer la croissance, Ségolène Royal veut s'appuyer sur trois axes : "les aides aux PME", "le dialogue social" et la "mise en mouvement du levier écologique". Mais très vite, une polémique s'installe sur les 35 heures. Voulant "libérer et valoriser le travail", Nicolas Sarkozy affirme que "les 35 heures sont une catastrophe généralisée pour l'économie française". "Si vous pensez que les 35 heures ont fait tant de dégâts pourquoi vous ne les avez pas supprimées?", réplique-t-elle. "La réponse très précise pour les 35 heures, c'est qu'il y aura sur ce sujet (...) la négociation entre partenaires sociaux branche par branche. Soit ils se mettent d'accord et soit ils ne se mettent pas d'accord et il n'y aura pas de généralisation des 35 heures dans les entreprises concernées", explique Ségolène Royal.

21h50 :  "Laissez-moi la responsabilité de mes prises de parole" rétorque Royal

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont un échange vif quand le candidat UMP critique le manque de précision, à ses yeux, des déclarations de son adversaire.
- Sarkozy : "Mme Royal a évoqué tous les sujets en même temps, elle risque de les survoler et de ne pas être assez précise".
- Royal : "Laissez-moi la responsabilité de mes prises de parole, si vous le voulez bien".
- Sarkozy: "Je ne me permets pas de critiquer, mais je veux seulement vous faire remarquer..."
- Royal: "Non c'est très cohérent au contraire".
- Sarkozy : "Si vous parlez de tout en même temps on ne va pas pouvoir approfondir...
- Royal: "Mais tout se tient, tout se tient, la dette et la relance économique, ça se tient".

22h00 - Polémique sur les fonctionnaires 

Nicolas Sarkozy demande comment sa rivale compte payer les nouveaux emplois dans la fonction publique, et si elle va le faire avec une nouvelle CSG, comme l'a suggéré François Hollande. "Ne déformez pas mes propos. J'ai dit que je maintenais leur nombre mais que je redéployais le nombre de fonctionnaires en les retirant là où ils n'étaient plus nécessaires". "Au moment du départ à la retraite, au lieu de recruter des douaniers, je recrute des infirmières", donne-t-elle en exemple.

"Ce n'est pas possible", répond Nicolas Sarkozy, arguant que la "fonction publique hospitalière est payée par un autre budget que le budget de l'Etat". "Vous plaisantez. Tous les fonds publics, tout se tient", rétorque Ségolène Royal. "Si vous ne pouvez pas faire, pourquoi voulez-vous accéder aux responsabilités ? Eh bien, moi, je le pourrai", assure-t-elle.

22h30 - Royal reproche à Sarkozy "une série d'erreurs" sur le nucléaire

Les deux candidats s'attaquent sur le nucléaire. Ségolène Royal affirme que ses propositions ont reçu la note de 16/20 par des associations indépendantes, contre "8/20"pour Nicolas Sarkozy. "Le nucléaire c'est une énergie propre", affirme Nicolas Sarkozy, estimant que la moitié de notre électricité est d'origine nucléaire. "Non, c'est 17 % !", lui rétorque Ségolène Royal. Autre élément de polémique, l'EPR : "L'EPR n'est pas une centrale, vous mélangez tout", reprend Ségolène Royal, dénonçant une série d'"erreurs" de sa part : "il ne s'agit en effet pas de la quatrième mais de la troisième génération de réacteur pour l'EPR, et la Finlande a déjà un prototype". "Je ne connais peut-être pas le dossier, mais je suis assez cohérent", conclut le candidat de l'UMP.

22h45 -  " Je ne vous parle pas des TOS, je vous parle de l'éducation". 

Les deux candidats s'affrontent sur l'éducation. Nicolas Sarkozy évoque la "transmission", une évaluation des performances des établissements et des études surveillées après les cours. Ségolène Royal rappelle qu'elle fait de l'éducation "une priorité" et met en cause les "100.00 emplois supprimés en cinq ans". "Faux", répond Nicolas Sarkozy, "les TOS ils n'ont pas été supprimés", mais "transférés de l'Etat aux régions". "Je vous parle pas des TOS, je vous parle de l'éducation", réplique sa rivale.

22h55 - Un "summum d'immoralité politique" accuse Royal

Alors que Nicolas Sarkozy fait des propositions pour l'insertion des enfants handicapés à l'école, Ségolène Royal hausse le ton. "Je suis scandalisée par ce que je viens d'entendre". "Non M. Sarkozy tout n'est pas possible dans la vie politique. Cet écart entre le discours et les actes n'est pas acceptable surtout quand il s'agit des enfants handicapés. Ce n'est pas acceptable et je suis très en colère". "On atteint le summum de l'immoralité politique", accuse-t-elle.
"Calmez-vous, ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé", intime son adversaire. "Je ne m'énerve pas, je me révolte", réplique Ségolène Royal. "Pour être président de la République, il faut être calme", estime Nicolas Sarkozy. "Non ! Pas quand il y a des injustices, il y a des colères qui sont parfaitement saines parce qu'elles correspondent à la souffrance des gens. Il y a des colères que j'aurai même quand je serai présidente de la République", poursuit la candidate du PS.

23h15 -  "Pourquoi n'avez-vous pas boycotté votre visite en Chine ?" demande Sarkozy 

Ségolène Royal envisager le boycott des JO de Pékin. "Si vous êtes favorable au boycott pour les sportifs, pourquoi vous-même n'avez-vous pas boycotté votre visite ?", réplique-t-il à la candidate. "C'est quand même curieux", a-t-il ajouté, "de dire aux autres: +N'allez pas en Chine+ et vous-même d'y être allée".

23h30 - Conclusions : "l'action" pour Sarkozy, "l'audace" pour Royal

"Ca fait trop longtemps que la politique est impuissante. Moi je souhaite que la politique soit de retour, la vraie politique", explique le candidat UMP. Regardant les journalistes, il lance: "la France m'a tout donné, il est venu le temps pour moi, à 52 ans, de tout lui rendre".   De son côté, Ségolène Royal s'adresse directement à la caméra et déclare vouloir "une France créative, imaginative". En direction des électeurs indécis, elle lance: "je veux m'adresser aussi à ceux qui hésitent encore, je veux leur dire de faire le choix de l'audace, de l'avenir". 

23h38 - Fin du débat, chacun dit ce qu'il a pensé de l'autre

Sarkozy : "Je respecte son talent, sa compétence."
Royal : "Je m'abstiendrai de jugement personnalisé."

le 02 mai 2007 à 23:10
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106 Commentaires

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  • Michele, le 03/05/2007 à 10h24

    J'ai trouvé Sarkozy peu crédible. Tout d'abord, il ne regardait jamais son adversaire en face. Quand elle a parlait, il était arquebouté sur son bureau, le nez dans ses dossiers. Quand il parlait, il s'adressait aux journalistes, il a même interpellé une fois PPDA qui ne savait pas quelle contenance avoir. Ségolène Royal connaissait mieux ses dossiers que Sarkozy. Tout ce qu'il trouvait à dire pour la contrer est "c'est faux" ou "vous avez raison" mais rien de concret. Il voualit souvent la forcer à répondre par oui ou non, blanc ou noir mais elle n'a jamais cédé et est restée sur ses arguments. Sarkozy essayait de la déstabiliser en lui disant qu'on en comprenait rien à ce qu'elle disait. S'il ne comprenait rien, c'est bien triste pour lui. Sarkozy a voulu à tout prix rester calme et courtois en apparence pour casser l'image qu'on a de lui mais je pense que les gens ne s'y tromperont pas.

  • Noémie, le 03/05/2007 à 10h20

    La vacuité des propos de mme Royal est une marque de fabrique... elle brasse du vent à qui mieux mieux... épargnez nous cela

  • Lucie, le 03/05/2007 à 10h19

    Keskil vont avoir comme boulot les partenaires sociaux !!!!!! Il faudrait peut-être que Mme Royal se mette elle aussi au boulot parce vu son programme elle ne va pas faire grand chose !!! Elle est peut-être une femme libre comme elle le dit à tue-tête mais pas libre de ne rien faire lorsque l'on se presente à ce poste !

  • Claude, le 03/05/2007 à 10h17

    La madone porte bien son prénom sEGO l HAINE ;comment peut on donner uen carte blanche àune personne aussi arrogante,agressive,incorrecte,caractérielle......

  • Notarianni, le 03/05/2007 à 10h16

    Je suis atterré par le niveau du débat politique de la part de Ségolène Royal. Hormis les éternelles idées néo ? marxistes gauchistes, je ne pense pas que Mme Royal puisse assumer les responsabilités d?un chef d?état. Si j?ai bien compris ses propos, je ne m?étonnerai pas de voir Mr Bernard Thibault comme Premier Ministre pour faciliter les « dialogues » (s?il y en a déjà eu avec les syndicats français) avec les « partenaires sociaux ».

  • Rodrigue Fouda, le 03/05/2007 à 10h15

    Bonjour, Je pense qu'il est impossible de donner un avantage quelconque a Mr. Sarkozy après le débat d'hier, car Mme. Royal a montre les qualités d'un vrai leader et elle a clairement apparu plus sensible aux difficultés actuelles que vivent les français. Je n'ai aucun doute qu'après cette magnifique prestation d'hier, les français lui feront confiance dimanche prochain... Désole Mr. Pierre Luc Seguillon, Il est claire que vous étes un électeur Sarko, car vos commentaires ne suggèrent guerre le contraire

  • Christine, le 03/05/2007 à 10h11

    Dommage que personne ne souleve la passivité des journalistes. J'ai trouvé les protagonistes conformes à mon attente, Sarko calme et Ségolène à l'attaque mais PPD et AC n'ont pas su recadrer les questions et les débordements de temps de parole de Ségolène....passionnant néanmoins sur le caractère des candidats.

  • Carine, le 03/05/2007 à 10h11

    J'étais très indécise avant ce débat car chez les 2 candidats des propositions me plaisaient mais pas dans les mêmes domaines. Mais là, mon choix est fait depuis hier ! Je pense que Mme Royal est victime de son interprétation. Au lieu de paraitre forte et capable de porter sur ses épaule un pays comme la France, elle s'est littéralement ridiculisée par son agressivité, ses répétitions et son manque de connaissances sur certains dossiers... Ce sont les faibles qui aboient ! A vouloir trop en faire, elle a fait briller Mr Sarkozy qui, bien que beau parleur et tout autant manipulateur, a garder son calme, à marquer plus de points et à été plus convaincant ... Ceci n'est que mon avis ! J'ai envie de voir à la tête de la France, une personne capable de garder son calme, qui n'est pas morte de trouille à l'idée d'affronter des obstacles et qui a des propositions réalisables et non complétement utopistes !!!

  • Rodrigue, le 03/05/2007 à 10h02

    Bonjour, Je pense qu'il est impossible de donner un avantage quelconque a Mr. Sarkozy après le débat d'hier, car Mme. Royal a montre les qualités d'un vrai leader et elle a clairement apparu plus sensible aux difficultés actuelles que vivent les français. Je n'ai aucun doute qu'après cette magnifique prestation d'hier, les français lui feront confiance dimanche prochain... Désole Mr. Pierre Luc Seguillon, Il est claire que vous étes un électeur Sarko, car vos commentaires ne suggèrent guerre le contraire

  • Francis, le 03/05/2007 à 10h02

    Quelle agressivité, mme ROYAL. Je m'attendais à mieux. Cela promet, si elle devient présidente, elle se prend pour qui ? Elle a toujours raison, les autres ont tort, quelle tolérance !!!

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