Nicolas Sarkozy et des organisations de défense de l'environnement à l'Elysée (21 mai 2007) © TF1/LCIIl s'y est engagé lundi devant les associations écologistes réunies à l'Elysée autour d'Alain Juppé, le tout nouveau ministre de l'Ecologie : Nicolas Sarkozy ne veut pas d'un "Grenelle de l'environnement" qui serait un "énième colloque pour constater l'urgence écologique et conclure qu'il faut agir". Pour le chef de l'Etat, "l'époque des colloques est derrière nous. Le temps est à l'action".
Aussi, pour Nicolas Sarkozy, "le Grenelle de l'environnement" promis pour la rentrée devra être "un contrat entre l'Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations". Il a souhaité que des économistes, scicentifiques et philosophes apportent leurs contributions à cette conférence. Qui dit contrat dit contraintes : "Je veux que ce contrat engage les responsables", a-t-il souligné. "Notre contrat devra porter, dans un premier temps, sur cinq ans", a ajouté Nicolas Sarkozy en souhaitant que "les échéances soient rapprochées afin que chacun soit comptable de son action. Et nous nous accorderons sur une évaluation annuelle des engagements". Il a proposé que les citoyens soient consultés également par le biais de "réunions interrégionales ou de sondages".
"Nous ne serons pas d'accord sur tous les sujets"
"Nous ne serons pas d'accord sur tous les sujets. Il y aura des points de divergence", a-t-il reconnu devant les associations écologistes. Mais il a affirmé ne pas avoir "de sujets tabous". Surtout, il "souhaite que la discussion soit franche et aboutisse à des décisions ambitieuses qui ne se résument pas au plus petit dénominateur commun". Et selon lui, "l'enjeu environnemental ne doit pas être une menace mais au contraire une formidable opportunité pour la France" qui doit être "le moteur international de l'enjeu environnemental".
Un discours qui semble avoir trouvé écho auprès de Nicolas Hulot, qui a eu pratiquement les mêmes mots pour commenter cette première réunion de préparation de la conférence prévue à la rentrée : "L'heure n'est plus au constat, l'heure est à l'action". Le promoteur du Pacte écologique s'est félicité du rapport établi avec le nouveau chef de l'Etat : "Il y a eu une grande écoute réciproque, pas de sujet tabou, pas d'interlocuteurs tabous", a-t-il dit, après cette réunion d'une heure trois-quarts. "A ce stade, je considère que c'est un moment clé", a-t-il ajouté. "Enfin, on met de côté nos petits préjugés. On n'a plus l'éternité devant nous. On est passé de la passion à la raison". Les participants "ont ouvert un certain nombre de chantiers notamment dans le domaine de la biodiversité, de l'économie, de la fiscalité", a-t-il ensuite précisé.
Les experts saluent l'écoute de Sarkozy et Juppé
Comme lui, les représentants des neuf ONG de défense de l'environnement reçus lundi matin à l'Elysée se sont dits "rassurés" sur la poursuite des discussions dans la perspective du Grenelle de l'environnement. Yvon Le Maho (CNRS), président du Comité scientifique du Patrimoine naturel et spécialiste de la biodiversité, s'est notamment réjoui de cette "discussion très libre sur tous ces problèmes". Et dans leur ensemble, les experts de la biodiversité et des changements climatiques n'ont pas manqué de saluer l'écoute du président et du ministre d'Etat chargé de l'Ecologie.
Beaucoup plus critique en revanche, le Réseau "Sortir du nucléaire", affirmant avoir été "exclu" de la réunion, a affirmé lundi après-midi dans un communiqué que le gouvernement "veut empêcher le débat sur le nucléaire".
D'après agence
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