Détail de l'archipel de Wallis et Futuna. © NASALe roi de Wallis, Tomasi Kulimoetoke, est décédé lundi en début d'après-midi (heure locale), à l'âge de 88 ans, a indiqué l'Administration supérieure à Wallis et Futuna, petit archipel français du Pacifique sud. Le "Lavelua" de Wallis, dont l'état de santé était précaire depuis plusieurs années, est mort à son domicile. Les causes exactes de son décès n'ont pas été précisées.
Des dizaines de personnes ont commencé à se rassembler devant le palais royal de Mata'Utu, chef lieu de Wallis, dans cet archipel aux traditions polynésiennes préservées. Les obsèques devraient avoir lieu mardi ou mercredi.
En poste depuis 1959, Tomasi Kulimoetoke avait pris une part essentielle dans l'accession des îles Wallis et Futuna au statut de territoire français en 1961. Personnalité respectée, sa longévité sur le trône de Wallis était exceptionnelle, au sein de cette organisation monarchique, non héréditaire, instaurée au XIXe siècle par les missionnaires maristes. Né le 26 juillet 1918, Tomasi Kulimoetoke était agriculteur et père de six enfants. En 1967, il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur, puis en 1998, commandeur de l'ordre national du Mérite.
Tensions royales
Affaibli par l'âge et la maladie, le roi de Wallis ne sortait quasiment plus de son palais et avait délégué l'essentiel de ses compétences à sa famille et notamment sa fille, la princesse Etua. Mais la fin de son règne a été émaillée de tensions. En septembre 2005, des partisans du roi, armés, avaient organisé un blocus de Wallis, pour empêcher l'intronisation d'un autre roi par des "nobles" du nord de l'île, se présentant comme des rénovateurs.
Ces derniers s'opposaient à l'influence de la princesse Etua, qui avait notamment engagé un bras de fer avec l'Etat dans l'optique de faire prévaloir le droit coutumier sur le droit pénal français, après la condamnation de son fils pour homicide involontaire, lors d'un accident de la route. La succession du roi pourrait cependant raviver les rivalités.
Territoire le plus éloigné de la métropole, Wallis et Futuna compte 15.000 habitants. La France administre l'archipel en concertation avec les rois (un à Wallis et deux à Futuna), qui siègent de droit au Conseil territorial, présidé par l'Administrateur supérieur, représentant de l'Etat.
Un président prince et chanoine |
Si la République française admet des rois en son sein, elle reconnaît également à son président le titre de coprince d'Andorre, l'autre coprince étant l'évêque d'Urgel, en Espagne. Une charge qui échoit au chef de l'Etat français depuis Henri IV, au même titre que celle de chanoine honoraire de la Basilique-cathédrale Saint-Jean de Latran, à Rome. Ce qui donne au président le droit d'entrer dans l'édifice... à cheval. Enfin, depuis François Ier, le chef de l'Etat peut siéger en tant que chanoine dans la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie. Un honneur décliné par Charles de Gaulle, François Mitterrand et Jacques Chirac. (M.D.)
D'après agence
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