François Fillon est sur le plateau de TF1, quelques minutes après l'annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy © TF1/LCI
Infographie : Qui est Fillon ?
Nicolas Sarkozy le conjugue au "plus que parfait". François Fillon a tout bon. La preuve : quand il se dit favorable à la réforme des régimes spéciaux de retraite, en septembre 2006, tous les proches de Nicolas Sarkozy craignent la fausse note. Pourtant, quelques heures plus tard, le ministre-candidat le couvre depuis New York, en prônant la liberté de débat au sein de l'UMP. De cet épisode, François Fillon ressort renforcé. Il fait désormais figure de candidat sérieux au poste de chef du gouvernement.
Ce diplômé de droit public et de sciences politiques, adepte de la course automobile et de la chemise à carreaux, est l'homme qu'il faut au nouveau président. Social et sérieux, c'est "la tranquillité" du slogan "la rupture tranquille", selon le député (UMP) Dominique Paillé. Autrement dit, c'est le complément parfait de Nicolas Sarkozy.
L'ancien "anti-Sarkozy"
Il n'a pourtant pas toujours été un allié du président de l'UMP. Le séguiniste François Fillon a longtemps été proche de Jacques Chirac. Dans le gouvernement d'Edouard Balladur en même temps que Nicolas Sarkozy, il soutient la candidature du Premier ministre à l'élection présidentielle de 1995, tout en ménageant la "fracture sociale" de Jacques Chirac. Il entre alors dans le gouvernement d'Alain Juppé, comme ministre des Technologies de l'information. Nicolas Sarkozy, le libéral, et François Fillon, le social, seront ensuite les deux poids lourds des gouvernements Raffarin entre 2002 et 2005. Ce sera le temps de la rivalité entre les deux hommes.
Ce n'est qu'en juin 2005 qu'il rompt avec Jacques Chirac, au lendemain de la formation du gouvernement Villepin, duquel il est absent. Il confie alors à la presse : "En me virant, ils ont fait de moi le futur directeur de campagne" de Nicolas Sarkozy, avec lequel il s'est rapproché. Il sera en fait conseiller politique du candidat. Avec un beau bureau vitré, au QG de la rue d'Enghien... Un privilège.
Des réformes inachevées
Sur le plan politique, François Fillon veut réformer, "sans oublier la fibre sociale". "La réforme est un état permanent de la République", expliquait l'élu de la Sarthe en 2003. En trois années de gouvernements Raffarin, François Fillon a voulu chambouler les choses. Le baccalauréat, les retraites... Pour l'ancien ministre des Affaires sociales, "les Français sont nombreux à manifester contre les retraites, mais ils sont encore plus nombreux à sanctionner les gouvernements qui n'ont pas le courage de faire les réformes". François Fillon en a fait l'amère expérience. En 2004, il perd la région des Pays-de-la-Loire qu'il gérait depuis 1998. Il parle alors d'un "21 avril à l'envers", imputable, selon lui, à des réformes trop peu audacieuses. Sur le dossier de l'école, il doit renoncer à réformer le baccalauréat. Lui qui rappelait à qui veut l'entendre qu' "il ne faut pas changer de politique devant le premier manifestant venu".
Après plusieurs jours de spéculation, il est nommé Premier ministre. La mission qu'il s'est d'ores et déjà fixée : réformer, tout en "musclant l'hémisphère gauche" de Nicolas Sarkozy. Reste à savoir s'il supportera le présidentialisme affiché de son supérieur hiérarchique. Et de voir sa fonction réduite au rôle de superdirecteur de cabinet.
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