François Fillon, "l'hémisphère gauche" de Sarkozy

Par Emmanuel TIXIER, le 17 mai 2007 à 09h48 , mis à jour le 18 mai 2007 à 08h22

Ancien séguiniste et ministre à plusieurs reprises, le nouveau Premier ministre, 53 ans, devra incarner la "rupture tranquille" et trouver sa place au côté d'un président "présidentialiste".

TF1/LCI François Fillon est sur le plateau de TF1, quelques minutes après l'annonce de la victoire de Nicolas SarkozyFrançois Fillon est sur le plateau de TF1, quelques minutes après l'annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy © TF1/LCI

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Infographie : Qui est Fillon ?


Nicolas Sarkozy le conjugue au "plus que parfait". François Fillon a tout bon. La preuve : quand il se dit favorable à la réforme des régimes spéciaux de retraite, en septembre 2006, tous les proches de Nicolas Sarkozy craignent la fausse note. Pourtant, quelques heures plus tard, le ministre-candidat le couvre depuis New York, en prônant la liberté de débat au sein de l'UMP. De cet épisode, François Fillon ressort renforcé. Il fait désormais figure de candidat sérieux au poste de chef du gouvernement.

Ce diplômé de droit public et de sciences politiques, adepte de la course automobile et de la chemise à carreaux, est l'homme qu'il faut au nouveau président. Social et sérieux, c'est "la tranquillité" du slogan "la rupture tranquille", selon le député (UMP) Dominique Paillé. Autrement dit, c'est le complément parfait de Nicolas Sarkozy.

L'ancien "anti-Sarkozy"

Il n'a pourtant pas toujours été un allié du président de l'UMP. Le séguiniste François Fillon a longtemps été proche de Jacques Chirac. Dans le gouvernement d'Edouard Balladur en même temps que Nicolas Sarkozy, il soutient la candidature du Premier ministre à l'élection présidentielle de 1995, tout en ménageant la "fracture sociale" de Jacques Chirac. Il entre alors dans le gouvernement d'Alain Juppé, comme ministre des Technologies de l'information. Nicolas Sarkozy, le libéral, et François Fillon, le social, seront ensuite les deux poids lourds des gouvernements Raffarin entre 2002 et 2005. Ce sera le temps de la rivalité entre les deux hommes.

Ce n'est qu'en juin 2005 qu'il rompt avec Jacques Chirac, au lendemain de la formation du gouvernement Villepin, duquel il est absent. Il confie alors à la presse : "En me virant, ils ont fait de moi le futur directeur de campagne" de Nicolas Sarkozy, avec lequel il s'est rapproché. Il sera en fait conseiller politique du candidat. Avec un beau bureau vitré, au QG de la rue d'Enghien... Un privilège.

Des réformes inachevées

Sur le plan politique, François Fillon veut réformer, "sans oublier la fibre sociale". "La réforme est un état permanent de la République", expliquait l'élu de la Sarthe en 2003. En trois années de gouvernements Raffarin, François Fillon a voulu chambouler les choses. Le baccalauréat, les retraites... Pour l'ancien ministre des Affaires sociales, "les Français sont nombreux à manifester contre les retraites, mais ils sont encore plus nombreux à sanctionner les gouvernements qui n'ont pas le courage de faire les réformes". François Fillon en a fait l'amère expérience. En 2004, il perd la région des Pays-de-la-Loire qu'il gérait depuis 1998. Il parle alors d'un "21 avril à l'envers", imputable, selon lui, à des réformes trop peu audacieuses. Sur le dossier de l'école, il doit renoncer à réformer le baccalauréat. Lui qui rappelait à qui veut l'entendre qu' "il ne faut pas changer de politique devant le premier manifestant venu".

Après plusieurs jours de spéculation, il est nommé Premier ministre. La mission qu'il s'est d'ores et déjà fixée : réformer, tout en "musclant l'hémisphère gauche" de Nicolas Sarkozy. Reste à savoir s'il supportera le présidentialisme affiché de son supérieur hiérarchique. Et de voir sa fonction réduite au rôle de superdirecteur de cabinet.

Par Emmanuel TIXIER le 17 mai 2007 à 09:48
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22 Commentaires

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  • Breizie, le 21/05/2007 à 02h03

    Connaissant les idées du Président Sarkozy qui voit la fonction présidentielle comme celle exercée aux Etats-Unis, il y a de fortes chances pour que le vrai chef de gouvernement soit le Chef de l'Etat et non le Premier Ministre ! François Fillon risque d'être un super secrétaire général de l'Elysée sans plus. Un autre Président avait agi de la sorte et deux ans plus tard, son premier Ministre démissionna sans crier gare en annonçant aux Français :"Je déimissionne du poste de premier ministre car on ne me donne pas les moyens de mettre en oeuvre la politique du gouvernement". C'était le 3 août 1976 et ce jour là Jacques Chirac donnait sa démission à Valéry Giscard d'Estaing ! Cette humiliation fit que Giscard devint pour lui un adversaire politique et non plus un allié . On sait ce qu'il en advint...

  • QuiGonJin, le 18/05/2007 à 15h51

    François FILLON est autant à gauche que moi d'extrême droite. Ses réformes consistent à détruire ce qu'il dit vouloir sauver. Normal qu'il ait de mauvais rapports avec les syndicats !

  • Vernet, le 18/05/2007 à 15h05

    Je suis un peu perplexe par la nomination de madame BACHELOT à la jeunesse et des sports j'aurais préfére un sportif ou quelqu'un de plus representatif de la jeunesse actuelle

  • Elvis W, le 18/05/2007 à 12h45

    Par ce gouvernement de large ouverture et de véritable parité, je pense que je suis entrain de changer d'avis sur Nicolas Sarkozy, attendons l'action à présent pour prouver non une continuité mais un vrai changement. La nomination de Rachida Dati prouve à suffisance que cet homme lie l'égalité, l'ouverture et l'éfficacité. La présence de Bernard Kouchner est un signe de sagèsse inouïe, sans trahir ses idéaux, il servira la nation. Méa culpa sur tout le mal que j'ai dit de Nicolas Sarkozy, ne pas changer d'avis aurait été d'une notoire imbicilité.

  • Martin, le 17/05/2007 à 19h37

    Mr Fillon n'a pas l'envergure pour être 1er ministre.Trop de flops sont à son actif et ses relations avec les syndicats sont trop éloignées de la réalité des enjeux du monde des salariés.C'est un baratineur....!

  • Perrier, le 17/05/2007 à 19h02

    Tout le monde crit avant de voir, ça c'est bien les francais jamais content et trops gueulards et toujours la critique facile .

  • Dominique, le 17/05/2007 à 18h57

    La nouvelle me fait dire tout simplement: "Fillon nous à Fillon !"

  • Monfilou, le 17/05/2007 à 18h52

    Je souhaite pleine réussite pour l'ensemble du peuple français je veux parler de ceux qui souffre de la mal vie, de la pauvreté, des petits boulots,etc.... Réhabilhiter la mémoire de Guy MOCQUET est une très bonne chose, effectivement cela ne mérite aucun sectarisme, ni propriété de coeur.Cependant ce qui comptera se sera l'action, l'engagement de la parole donnée. Enfin nous verrons toutes et tous ensemble: les, le résultat de la POLITIQUE.

  • Claude, le 17/05/2007 à 18h38

    Beaucoup attendent la modification des régimes spéciaux , qu'est ce que celà va pouvoir apporter à notre pays ??? Une égalité ! il n'y a pas d'égalité de réussite dans aucun domaine , il y a des possibilités de réussite sauf que l'ètre humain nait différent avec des capacités différentes et celà personne n'y peut rien . Si il s'agit de tout aligner , il ne faut pas s'en tenir qu'aux avantages des régimes spéciaux , toute la vie est faite d'inégalités qu'ils faudraient tirer vers le haut et pas comme certains le préconisent en s'alignant vers la bas . On modifiera les régimes spéciaux pour gagner quoi , le plaisir de certains jaloux qui n'ont pas choisi la bonne voie , mais toute la vie tient un jour à un choix , bon ou mauvais , ce n'est pas une raison pour "dénigrer" l'autre lorsque l'on a fait le mauvais . On pourrait tous aussi réclamer un(e )joli(e) homme ou femme , et tout à l'avenant par souci d'égalité !

  • évlan, le 17/05/2007 à 17h04

    Histoire de faire comprendre aux deux millions et demie de personnes qui ont manifesté contre la réforme des retraites de ce ministre que ce n'est plus la peine de descendre dans la rue ni de contester la politique à venir...

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