François Hollande © TF1-LCI- François Hollande, Premier secrétaire du PS, a annoncé que Bernard Kouchner n'était "plus membre du parti socialiste", après sa nomination comme ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon. Il a également fait valoir que "la pseudo ouverture" du gouvernement de François Fillon "se résumait à une aventure individuelle, celle de Bernard Kouchner qui devient un ministre de plus dans un gouvernement de droite". François Hollande a expliqué que la procédure d'exclusion du nouveau ministre des Affaires étrangères serait enclenchée rapidement. S'agissant d'Eric Besson, nommé secrétaire d'Etat à la prospective et à l'évaluation des politiques publiques,le Premier secrétaire a souligné qu'il avait démissionné du parti, en février dernier. Quant à Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux affaires européenne, il n'était pas membre du PS.
- Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste : "nous sommes face à une hyper présidence". "On a le sentiment quand on regarde l'organisation pas seulement du gouvernement, mais aussi de l'Elysée, qu'il y a une concentration du pouvoir dans les mêmes mains". "Alors on voit bien où est le pouvoir, on ne voit pas encore de contre-pouvoir. C'est toute la question qui va être posée par les élections législatives".
- Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale : le gouvernement de François Fillon "s'inscrit dans la continuité des années Chirac" et n'est qu'"une simple rotation". "C'est un gouvernement de campagne électorale qui vise à obtenir les pleins pouvoirs pour mettre en oeuvre la politique de continuité en pire, annoncée par Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté.
- Claude Bartolone, député PS, sur LCI : "On continue dans l'Etat spectacle. C'est un parallèle que l'on peut établir avec le festival de Cannes. Depuis 48 heures on a eu la bande annonce du film de Sarkozy : la jeunesse, l'amour, l'émotion. Aujourd'hui, les acteurs, quelques nouveaux pour masquer le retour de l'Etat RPR, les traîtres qui sont toujours nécessaires dans un film à suspense. Mais les Français ne se laisseront pas avoir, ils savent très bien qu'après la bande annonce, il y a la réalité".
- Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris : "Le gouvernement Fillon c'est deux doigts de modernité dans cinq volumes de continuité. La modernité c'est Rachida Dati, une femme issue de l'immigration, sa nomination, ainsi que la parité, est un bon signe pour la France. La continuité ce sont les ministres des différents gouvernements de Jacques Chirac qui retrouvent leur poste et feront la même politique. Au-delà de l'annonce, Nicolas Sarkozy s'est donné les moyens d'un pouvoir personnel qu'il veut voir confirmé dans les législatives".
- Najat Belkacem, ancienne porte-parole de Ségolène Royal, sur LCI : "Le gouvernement qu'on dit d'ouverture, c'est une vaste blague".
Benoît Hamon, député européen PS : "la gauche ne figure pas et n'est pas représentée" dans le gouvernement de François Fillon, accusant Nicolas Sarkozy d'avoir procédé a une "manoeuvre" pour "affaiblir le PS avant les législatives".
Hubert Védrine : en tant qu'"homme de gauche, je n'étais demandeur de rien", entrer dans un gouvernement de droite lui "aurait posé un sérieux problème politique de principe".
"Le président de la République n'appartient pas à ma famille politique mais j'estime depuis longtemps que les questions de politique étrangère doivent être abordées de façon non partisane, chaque fois que cela est possible", explique Hubert Védrine.
A droite :
- Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée nationale : "Salue la nomination d'un gouvernement d'action, d'ouverture et de réforme autour de François Fillon. Composé de ministres d'expérience et de nouveaux talents, ce gouvernement a tous les atouts pour répondre aux attentes des Français".
- Gilles Carrez (UMP), rapporteur général du Budget à l'Assemblée Nationale, souligne "la pertinence" du redécoupage des ministères économiques et y voit un gage d'amélioration des comptes publics et de lutte plus efficace contre le chômage.
- Jean-Claude Gaudin, président par interim de l'UMP estime que le gouvernement est constitué d'hommes et de femmes "symbolisant la compétence et l'ouverture afin de réussir le renouveau dont le pays a besoin". Ce gouvernement "tient compte du vote exprimé par les Français, tant au 1er qu'au 2nd tour de l'élection présidentielle". "Que des hommes et des femmes issus de milieux politiques différents soient en charge des affaires de l'Etat était une préoccupation des Françaises et des Français, c'est fait".
Luc Chatel, porte-parole de l'UMP, a salué vendredi la composition du gouvernement de François Fillon, qui est selon lui "à l'image des réformes qui vont être engagées". "Resserré", "jeune, respectant la parité", le gouvernement "exprime toute la volonté du président de la République d'engager les réformes promises", estime-t-il.
A l'extrême-droite :
Jean-Marie Le Pen, a affirmé vendredi que le gouvernement Fillon était "bien le gouvernement Sarkozy", composé des "adjoints de campagne" du nouveau président dont "ils seront non des ministres, mais des exécutants". "Les Français qui ont cru aux accents patriotiques de Nicolas Sarkozy vont commencer à déchanter", a-t-il ajouté, regrettant que les postes de ministres des Affaires étrangères et de la Défense soient confiés à des "européistes". "Le clou du spectacle est Bernard Kouchner", a-t-il estimé. "Soixante-huitard emblématique, icône de la pensée unique, il symbolise à lui seul ce que fustigeait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne".
Au parti communiste (PCF):
- "L'ouverture annoncée avec fracas par Nicolas Sarkozy, et tambourinée depuis plusieurs jours dans la presse, apparaît pour ce qu'elle est : un simple rideau de fumée destiné à faire oublier l'essentiel, une équipe gouvernementale à l'image de la droite dure et décomplexée incarnée par le nouveau président de la République. Derrière un marketing habile, se dessine une équipe resserrée et déterminée à appliquer coûte que coûte une politique extrêmement régressive, avec comme feuille de route le programme ultra-libéral du candidat de l'UMP".
Du côté des syndicats :
- Confédération française des travailleurs chrétiens : "Sur le découpage des ministères, la CFTC constate que Jean-Louis Boorlo récupère avec l'industrie et les PME, les manettes de l'emploi, mais elle s'étonne que le dossier de l'emploi apparaisse surtout 'économique' et déconnecté de celui des relations sociales". La CFTC s'est cependant félicitée que Jean-Louis Borloo et Xavier Bertrand, aient "une bonne connaissance des dossiers et de la pratique des relations sociales". Le syndicat escompte "un dialogue social maximum".
La CGT a "beaucoup d'interrogations sur la logique qui préside à cette organisation du travail gouvernemental", a déclaré un de ses secrétaires confédéraux, Jean-Christophe Le Duigou. "Tout cela est présenté comme nouveau mais une majorité des ministres ont déjà occupé des fonctions ministérielles et notamment dans les deux derniers gouvernements", a-t-il indiqué.
L'Union professionnelle artisanale : "L'UPA salue le choix qui a été fait de rationaliser l'organisation gouvernementale. La réduction du nombre de ministères traduit une volonté d'efficacité et répond à la nécessité de faire des économies budgétaires".
La FNSEA, le principal syndicat agricole, a salué vendredi la nomination de Christine Lagarde au ministère de l'Agriculture et de la Pêche, une "compétence reconnue et respectée dans la négociation européenne et internationale".
La CFE-CGC s'étonne de "l'oubli de l'industrie" dans "l'énoncé des départements ministériels" et souhaite que les personnels de la fonction publique ne soient pas gérés d'une manière seulement "comptable".
(D'après agence)
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